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La garde-robe capsule ou comment consommer moins mais mieux

Faire mieux avec moins, c’est le mot d’ordre de la garde-robe capsule, une nouvelle façon d’optimiser son dressing  en se débarrassant du superflu sans pour autant perdre en cool. 
Instagram/laraemarston
Instagram/laraemarston

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Moins mais mieux. Ces trois mots résument bien l’idée d’une garde-robe capsule. Une quoi? Une garde-robe capsule ou “capsule wardrobe” en anglais. Comme souvent, le phénomène vient des pays anglo-saxons et du Net. 
Le principe est simple: épurer son dressing, se débarrasser du superflu et ne garder que des pièces phares qui, c’est mieux, doivent se marier les unes avec les autres. Une optimisation de ses placards, en quelque sorte. 

Dans la lignée de ces Japonaises qui nous ont appris à trier et à ranger, l’idée de la garde-robe capsule est aussi de se simplifier la vie et de bannir cette sensation qu’on a rien à se mettre alors que notre armoire déborde. C’est exactement ce qui a poussé la blogueuse américaine Francine Jay, alias @miss.minimalist sur Instagram, et auteure d’un guide intitulé The Joy of Less, A Minimalist Living Guide: How to Declutter, Organize, and Simplify Your Life, à se lancer dans l’aventure. “J’avais énormément de vêtements que je ne portais presque jamais. Chaque matin, face à mon dressing, je devais ranger et trier toutes ces pièces pour pouvoir trouver quelque chose de sympa à me mettre.” 

 

La garde-robe capsule, une solution à l’infinité du choix

De nombreuses expériences foisonnent sur la toile où des blogueuses se lancent dans une quête éperdue de la parfaite garde-robe capsule. Le hashtag #capsulewardrobe regroupe sur Instagram et Pinterest des photos de portants où dix vêtements pendouillent, souvent dans une gamme de coloris très neutres. Cette thématique apparaît déjà dans le moteur de recherches Google en 2004 mais elle reste, à l’époque, relativement confidentielle. Le concept semble connaître un léger sursaut en 2009. Mais l’engouement est récent: cette occurence connaît un pic en avril 2015.  Il concerne surtout les pays anglo-saxons, Royaume-Uni, Australie et Canada en tête. La blogueuse mode française Balibulle voit tourner cette idée de “capsule wardrobe” sur les blogs anglophones “depuis six ou sept ans”. 

 

 

Be more with less 💕 #CapsuleWardrobe

Une photo publiée par Andra Alodita (@alodita) le

 

Pour le sociologue de la mode Frédéric Godart, ce mouvement rappelle celui du “decluterring” apparu en 2005: “Il s’agit de se débarrasser dans son quotidien de tout ce qui est superflu”, explique-t-il.  Les blogueuses seraient-elles donc devenues des décroissantes du vêtement? Même si la garde-robe capsule se doit d’être efficace, Balibulle refuse d’en faire une démarche austère. “On passe simplement du plaisir de la variété à celui de trouver le bon vêtement, précise-t-elle. Mais ce n’est pas une posture morale.” Cette idée de faire moins avec mieux séduit des profils très différents: acheteuse compulsive repentie, allergique aux fringues, amoureuses de la mode qui ont abandonné les tendances sans sacrifier le goût des belles pièces, femmes pressées qui n’ont pas le temps d’en dépenser à choisir des tenues… “Dans un monde de plus en plus complexe avec une industrie de la mode qui propose de plus en plus de choix et qui va de plus en plus vite, les consommateurs perdent totalement leur repères, remarque le sociologue Frédéric Godart. Les gens qui se lancent dans ce genre d’initiatives sont en fait des défricheurs qui cherchent des solutions à cette complexité.” 

 

Une organisation quasi-militaire

Sur certains blogs, on trouve des tutoriels très précis, quasi militaires, qui expliquent comment bâtir sa garde-robe capsule: “Triez vos vêtements: jetez-en certains, vendez les belles pièces, donnez les autres. Gardez uniquement ceux dans lesquels vous vous sentez le mieux.” Les injonctions vont même jusqu’à recommander de déterminer un nombre précis par type de fringue, par exemple ne posséder que 5 jupes, 5 manteaux, 5 pantalons etc… Certains conseils restent avant tout du bon sens, comme l’idée de préférer des “versatile pieces”, soit des pièces multi-fonctions que l’on peut porter dans différentes circonstances et qui vont s’adapter aux caprices de la météo. Certaines périodes de la vie se prêtent d’ailleurs très bien à l’exercice: lorsqu’on prépare sa valise pour un voyage ou qu’on est enceinte et qu’on refuse de réinvestir des fortunes dans des vêtements que l’on ne portera que quelques mois. Pour ces femmes, Fanny Grangier, la fondatrice de Moodkit, vend d’ailleurs des kits de pièces qui se modulent entre elles: un legging, une combinaison, une jupe tube forment une base que l’on assortit avec ses vêtements d’avant-grossesse. La démarche de cette créatrice rejoint l’idée de garde-robe capsule: proposer le “strict essentiel” et ne pas tomber dans l’idée de “collections jetables” avec de nombreuses pièces que l’on renouvelle sans cesse. Elle cite même Pierre Rabhi, le chantre de la “sobriété heureuse”, décidément très à la mode. 

 

 

Bref, l’art de la garde-robe capsule ne s’improvise pas. Avant de se lancer, il faut avant tout s’armer d’une motivation à toute épreuve. Dans un post bourré d’humour et d’autodérision, la blogueuse Jeanne-Aurore Colleuille raconte d’ailleurs la face cachée de son aventure. D’abord, c’est souvent moins joli en vrai que sur Instagram ou Pinterest. Ensuite, cela laisse peu de place aux nouvelles tentatives de look. Vous pouvez rapidement en avoir assez de vos vêtements qui, en plus, s’usent plus rapidement car ils sont plus souvent portés. Elle se décrit clairement comme une acheteuse “chiante” car pour chaque nouvel (et donc rare) achat, il faut bien peser le pour et le contre. Vous devenez donc un vrai cauchemar pour les vendeuses. Mais toutes celles qui ont franchi le pas assurent ne pas vouloir revenir en arrière.

Servane Philippe


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