mode

Mamamushi, la slow fashion nomade de deux sœurs parisiennes

Ouverte il y a quelques semaines à Paris, la boutique Mamamushi célèbre la mode, l’artisanat et l’ouverture au monde. 
DR
DR

DR


Pousser la porte de Mamamushi, nouvel écrin parisien dédié à une slow fashion nomade et métissée, c’est un peu comme ouvrir un guide de voyage dans son salon: autour de soi tout est familier et pourtant, on est aussitôt transportée. À deux pas de la place de la République, cette boutique-atelier qui a ouvert ses portes fin octobre est l’œuvre des deux sœurs Maïssa et Haifa Chahed. La première a lancé il y a 7 ans la marque de vêtements qui donne son nom à la boutique, la seconde mène en parallèle un projet de carreaux de ciment artisanaux qu’elle développe depuis la Tunisie. Les deux sont réunies autour d’un même amour pour la mode et l’artisanat.

C’était dans ma logique d’ouvrir un espace”, explique Maïssa Chahed qui s’est d’abord lancée via un e-shop et quelques points de vente à travers la France. Pour la créatrice de 33 ans, être en contact direct avec ses clients présentait bien plus qu’un simple intérêt commercial. Pouvoir leur fournir un service à la demande ou faire du sur-mesure, revenir au cas par cas et aller à l’encontre du prêt-à-porter, c’était avant tout un choix, une philosophie. Formée au Studio Berçot, Maïssa Chahed a toujours été encouragée dans une voix créative par son père, qui évoluait à la tête de sa propre société de parfums. Pourtant, l’art n’était pas une évidence pour cette scientifique dans l’âme, qui a passé un bac S avant de se lancer dans le stylisme. Elle fera ses armes chez Azzaro, dans l’équipe rapprochée de Vanessa Seward, avant que la marque ne soit rachetée et qu’elle en profite pour se lancer à son compte. Après une saison à New York au sein de la maison Erin Fetherston, spécialisée dans les robes de cocktail, Maïssa Chahed part à Delhi rendre visite à une amie. En Inde, elle découvre les techniques d’impression au tampon de bois, les broderies et l’artisanat. Elle a le coup de foudre pour ce pays, dans lequel elle revient plusieurs fois avant de s’y installer quelques mois, puis de rentrer à Paris les bagages pleins d’accessoires dénichés sur place.

Mamamushi DR

DR

À Paris, c’est le début de la vague des pop-up stores et Maïssa Chahed loue un stand au Point Ephémère sur lequel elle vend ses trouvailles, ainsi que quelques imprimés qu’elle a réalisés. “Ça a plu, alors j’ai commencé en faisant de la sélection avec des choses ramenées de voyage. Puis je me suis mise à développer la création à côté tout doucement, sans concept précis ni business plan.” Sept ans plus tard, Mamamushi repose davantage sur la création que sur la sélection, même si les deux aspects cohabitent toujours. Maïssa Chahed produit une vingtaine de modèles par saison, dont certaines pièces-phare sont réinterprétées au gré des tendances: c’est le cas notamment des combinaisons, qui se déclinent en velours cet hiver, ou des étoles, qui se réinventent en permanence dans de nouvelles couleurs. Les vêtements Mamamushi sont fabriqués à Paris où à Delhi, dans un petit atelier de confection tenu par un ami. Le jean est quant à lui produit à Jaïpur, où Maïssa Chahed développe actuellement, avec un autre ami, sa propre toile. Pour la partie sélection, elle se fournit aussi bien dans une coopérative indienne gouvernementale fondée par Kasturba Gandhi, qu’auprès d’un artisan d’Istanbul ou d’un atelier de tissage portugais.

Toutes ces trouvailles et ces créations se côtoient dans une joyeuse harmonie au sein de l’espace de 50m2 qu’elle vient donc d’ouvrir avec sa sœur. Un lieu qu’elle a pensé pour répondre aux problématiques d’autres petites créatrices comme elle, dont elle accueille aussi la production dans ses murs, et pour lesquelles les marges exercées par les magasins traditionnels sont souvent trop lourdes. Mamamushi fonctionne ainsi à la location de portants, avec un tarif mensuel fixe et une petite commission qui ne plombe pas les recettes. “C’est comme si on partageait une boutique, explique-t-elle. On gère la vente pour elles et cela leur permet de se concentrer sur d’autres fronts.” À l’arrière du magasin, près des cabines d’essayage, on trouve aussi un espace atelier d’où Maïssa Chahed gère la création et le suivi de production de sa marque. Elle y accueille également des créatrices résidentes, dans le but de montrer qui se cache derrière les vêtements et de créer un lien avec les clients. “Derrière chaque produit vendu ici, il y a quelqu’un que je connais”, résume-t-elle. Et qu’elle vous présente quand vous voulez. 

Faustine Kopiejwski 


2. Née dans une favela de Rio, son école de mode forme des stylistes en banlieue

Les métiers de la mode sont difficiles d’accès car les quelques écoles publiques sont très sélectives, et les cours privés coûteux. Inspirée par son expérience brésilienne, Nadine Gonzalez a décidé de s’affranchir des milieux sociaux et des zones géographiques pour débusquer des talents issus des banlieues.  
DR - Cheek Magazine
DR

3. La créatrice Amélie Pichard revendique une mode libre

La créatrice de chaussures et de sacs à main installée rue de Lappe à Paris n’en fait qu’à sa tête. Loin des clichés de la mode précieuse, nous avons rencontré Amélie Pichard, une trentenaire qui bouscule les codes.
DR - Cheek Magazine
DR

5. Jeanne Damas: la Parisienne derrière la façade

Pour la sortie de son livre À Paris, qu’elle cosigne avec la journaliste Lauren Bastide, Jeanne Damas nous a longuement reçues à la table d’un café. L’occasion de faire tomber quelques clichés sur cette égérie parisienne devenue entrepreneure à succès à tout juste 25 ans. 
DR - Cheek Magazine
DR

6. Avec Lago54, Emmanuelle Courrèges va changer votre regard sur la mode africaine

Élevée entre la Côte d’Ivoire et le Sénégal, Emmanuelle Courrèges a lancé le site Lago54, où elle met en avant les créateurs·rices africain·e·s pour changer le regard des occidentaux sur la mode du continent. Rencontre.   
DR - Cheek Magazine
DR