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Dossier Nouveaux féminismes / En partenariat avec le CFPJ

La mode a-t-elle vocation à devenir unisexe?

Sur les podiums, les hommes portent des jupes, les filles des vestes costards extra large. Les marques de prêt-à-porter emboîtent le pas. La mode unisexe est-elle en train de faire sa révolution?   
Collection automne-hiver 2016-2017 de la marque américaine Mother
Collection automne-hiver 2016-2017 de la marque américaine Mother

Collection automne-hiver 2016-2017 de la marque américaine Mother


La mode unisexe se fait de plus en plus voyante. Il suffisait de traîner à la dernière Fashion Week de Paris pour s’en rendre compte. Vivienne Westwood y a présenté une collection à base de vestes XXL aux épaulettes proéminentes, de costumes trois pièces et de robes longues, le tout porté aussi bien par les hommes que par les femmes. Il y a quelques mois, Marc Jacobs a carrément étendu l’unisexe aux cosmétiques avec la “MANicure”, un vernis à ongles destiné aux hommes. En mars dernier, c’est Zara qui a sorti une collection “undergender” avec une série de basiques tels que le jogging et le sweat-shirt dans des coloris neutres, destinés être enfilés autant par les filles que les garçons. Si ce mélange des genres n’est pas nouveau -cf. le smoking masculin pour femme d’Yves Saint Laurent-, il revient ces derniers temps en force, s’invitant sur les podiums mais également en vitrine des magasins de prêt-à-porter. 

 

 

Me, my man, our MANicures @jinsoonchoi @chardefrancesco #itssuchaperfectday

Une photo publiée par Marc Jacobs (@themarcjacobs) le

 

Le gender fluid comme mantra

Jaden Smith, 18 ans, fils des acteurs Will et Jada Pinkett Smith, est le parfait porte-étendard de cette mode dégenrée. D’abord mannequin en jupe pour la collection femme printemps/été 2016 de Louis Vuitton, le jeune homme a récemment lancé sa propre marque unisexe MSFTSrep, qui est porteuse d’un message très clair: Li-ber-té. Selon Vincent Grégoire, la notion de genre est de plus en plus floue pour la génération Z: “Par exemple, tomber amoureux d’un mec ou d’une nana, ils s’en moquent totalement. L’essentiel, c’est ce qu’ils ressentent.” Outre-Atlantique, la griffe américaine Mother a lancé cet automne une collection exclusivement unisexe intitulée Love your other. Pour Tim Kaeding, cofondateur et designer de la marque, le message est plutôt clair: “Le gender fluid, c’est le meilleur moyen d’être qui tu veux sans jugement ni étiquette.

La mode aurait-elle vocation à devenir unisexe?

Collection automne-hiver 2016-2017 de la marque américaine Mother

Toujours est-il qu’en pratique, le genderless a ses limites. Difficile de briser des habitudes vestimentaires qui sont devenues des codes sociaux. Vincent Grégoire se souvient: “Au défilé Gucci, certains ont hurlé de voir des hommes avec des cheveux longs et des lunettes à paillettes. Ceux qui réagissent le plus mal, ce sont les soixante-huitards, paradoxalement ils reconstruisent les codes bourgeois qu’ils avaient déconstruits.” Les stéréotypes restent tenaces et la peur de voir son fils enfiler une robe plutôt qu’un baggy, toujours présente. Pour Marie Andersen, auteure de Bon sexe, bon genre! c’est -encore et toujours- une question de conditionnement: “On s’inquiète de voir son garçon pratiquer la danse mais on sera fier que sa fille devienne pilote automobile. Idem en ce qui concerne la tenue vestimentaire.” Et de calmer le jeu: “Sans parler que cette mode reste destinée aux urbains très au fait des tendances.

 

Une liberté de mouvement et d’expression pour les femmes

En effet, quid de la mode dégenrée dans la rue? Pour l’instant, ce sont surtout les femmes qui s’approprient les codes vestimentaires masculins. Pour les hommes, en revanche, plus difficile de s’afficher en jupe ou en robe. Baskets, sweat-shirts et jeans larges, la mode dégenrée permet aux femmes une liberté de mouvement et d’expression. “Aujourd’hui, le genderless, ce sont des femmes qui s’assument totalement”, assure Vincent Grégoire. Les vêtements féminins ont longtemps été un outil d’oppression, rappelle-t-il: “On a hissé les femmes sur des talons de douze, on les a enfermées dans des carcans pour mieux les dominer.” 

La mode unisexe est un cheval de troie de l’égalité.

Selon Garance Broca, créatrice de Monsieur Lacenaire, une marque parisienne destinée aux hommes mais prisée par les femmes, le genderless offre une nouvelle alternative à ces dernières: “C’est un bon moyen de s’habiller avec style sans passer par la case sexy. Ce que l’on recherche avant tout, ce n’est pas l’uniformisation mais les mêmes droits.” Pour la trentenaire, la mode unisexe est même “un cheval de troie de l’égalité, un combat qui ne se dit pas, qui ne passe pas par une revendication agressive”. Et si “la mode est un domaine qui a l’air superficiel”, elle n’en reste pas moins “le reflet d’une société et elle permet de faire passer beaucoup de messages politiques”. À bon entendeur…

Manon Pibouleau


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