mode

Lingerie

Elle a lancé Mr est une traînée, une marque de lingerie body positive et made in France

Milena Sevette, 31 ans, a lancé Mr est une traînée, une marque de lingerie made in Grenoble, personnalisable, qui s’adapte aux femmes et non l’inverse. 
© Pascale Cholette
© Pascale Cholette

© Pascale Cholette


Quand on entend le nom de sa marque une fois, il y a de grandes chances pour qu’on le retienne. C’était en tout cas l’objectif poursuivi par Milena Sevette lorsqu’elle a lancé son studio de lingerie, Mr est une traînée (prononcez “Monsieur est une traînée”). Après avoir travaillé à Paris dans le théâtre comme habilleuse et costumière, la jeune femme de 31 ans originaire de Fréjus a posé, fin 2012, ses valises à Grenoble, ville “assez grande pour avoir tout ce qu’on veut et assez petite pour ne pas mettre une heure pour aller au travail”, précise-t-elle. L’entrepreneuse a d’abord “fait les choses dans le désordre”: “J’avais envie d’avoir ma marque, je me suis lancée en me disant ‘on verra bien’”. Elle commence en créant des accessoires, avant de se frotter à la lingerie et de constater que “c’est ce qui [lui] plaisait”. C’est ainsi qu’est née Mr est une traînée en 2013.

Elle a lancé Mr est une traînée, une marque de lingerie body positive et made in France

Milena Sevette dans son atelier, © Pascal Forestier 

Les soutiens-gorge et les culottes, disponibles de la taille XXS à la taille XXL et même personnalisables sur mesure, sont conçues et fabriquées à Grenoble et les matériaux made in France privilégiés. Proposer un large éventail de tailles est rapidement allé de soi pour Milena Sevette: “Quand j’ai commencé, j’ai eu beaucoup de demandes de tailles qui n’étaient pas ‘standard’, explique-t-elle, certaines femmes ont des petits tours de dos mais de grands bonnets et l’inverse.” Et la créatrice d’assurer: “Ce n’est finalement pas beaucoup plus compliqué de faire un patron sur mesure qu’un patron standard.” Puis, pour elle, l’essentiel, c’est de s’assurer que son message body positive passe bien: “J’ai beaucoup entendu ‘ah j’adore ce que tu fais mais je ne pourrai jamais porter ça’. Je veux justement dire aux femmes que, quel que soit leur corps, elles peuvent mettre ma lingerie.” Interview express. 

 

Comment est née Mr est une traînée?

J’ai créé Mr est une traînée début 2013, à Grenoble, parce que j’avais du mal à trouver des sous-vêtements qui correspondent à mes goûts, qui soient confortables et fabriqués dans des conditions de travail décentes. Et aussi surtout parce que je ne me reconnaissais pas du tout dans la manière dont la lingerie et les femmes sont représentées par la plupart des grandes marques.

Elle a lancé Mr est une traînée, une marque de lingerie body positive et made in France

© Pascale Cholette

C’est-à-dire? 

La plupart du temps, la lingerie est présentée comme l’outil de séduction ultime, et l’accent n’est pas mis sur ce que les femmes ont envie de porter, mais sur ce que les hommes ont envie de regarder. Ce qui implique tout un lot d’attentes irréalistes, de représentation complètement fausse des corps des femmes, et d’idéal de “beauté” inatteignable. Alors j’ai envie de remettre la lingerie à sa place, ou plus exactement de la sortir de sa place, et de faire de la lingerie “pour les meufs”.

Elle a lancé Mr est une traînée, une marque de lingerie body positive et made in France

© Pascale Cholette 

Pourquoi ce nom? 

C’est une question qu’on me pose souvent! Je voulais un nom qui ne signifie rien, il y a beaucoup de marques de lingerie dont les noms sont ennuyeux ou constituées de jeux de mots un peu nases. Je voulais quelque chose qui interpelle, que les gens retiennent et je trouvais ça drôle d’associer le mot “monsieur” à un terme féminin. 

Je veux montrer aux nanas que leur corps est parfait comme il est et que c’est à leurs sous-vêtements de s’adapter à leur morphologie, pas l’inverse!

Quel est l’ADN de la marque? 

Je propose des coupes originales, des imprimés marrants, des paillettes, des lanières… Pour que les nanas s’amusent et aient envie de les porter pour elles, pas pour celles et ceux qui vont éventuellement les regarder. Tout cela sans faire de compromis sur le confort et la portabilité de chaque pièce, en utilisant des matériaux de qualité, qui vont durer dans le temps, mais également en proposant une gamme de tailles étendue -et pas juste S, M et L- et en offrant la possibilité d’avoir n’importe quel modèle réalisé sur mesure. Ce qui est une des choses les plus importantes pour moi: je veux montrer aux nanas que leur corps est parfait comme il est et que c’est à leurs sous-vêtements de s’adapter à leur morphologie, pas l’inverse!

Elle a lancé Mr est une traînée, une marque de lingerie body positive et made in France

© Pascale Cholette 

Ta démarche est-elle féministe?

Je suis féministe donc ça transparaît sans doute dans ce que je fais, mais je ne veux pas dire que Mr est une traînée est une marque féministe. C’est mon travail, mon gagne-pain et, d’un point de vue éthique, j’ai du mal à mélanger féminisme et démarche commerciale, ça me paraît contradictoire. Quand je vois les t-shirts aux slogans féministes vendus chez H&M, ça m’insupporte! 

Propos recueillis par Julia Tissier


1. Martès, la marque de sacs qui laissent aux femmes les mains libres

Alice Bureau et Valentine Cloix ont lancé Martès, une marque de maroquinerie streetwear haut de gamme qui réhabilite une bonne fois pour toutes ce sac emblématique des années 90 qu’est la banane. 
© Pascale Cholette  - Cheek Magazine
© Pascale Cholette

2. Euveka, le mannequin connecté qui s'adapte aux tailles 36 à 46

Euveka est un buste d’atelier connecté, qui se module en un clic pour s’adapter aux vêtements des tailles 36 à 46. Un objet connecté inventé par Audrey-Laure Bergenthal et fabriqué dans la Drôme, sur lequel le marché américain lorgne déjà.
© Pascale Cholette  - Cheek Magazine
© Pascale Cholette

6. Née dans une favela de Rio, son école de mode forme des stylistes en banlieue

Les métiers de la mode sont difficiles d’accès car les quelques écoles publiques sont très sélectives, et les cours privés coûteux. Inspirée par son expérience brésilienne, Nadine Gonzalez a décidé de s’affranchir des milieux sociaux et des zones géographiques pour débusquer des talents issus des banlieues.  
© Pascale Cholette  - Cheek Magazine
© Pascale Cholette

7. La créatrice Amélie Pichard revendique une mode libre

La créatrice de chaussures et de sacs à main installée rue de Lappe à Paris n’en fait qu’à sa tête. Loin des clichés de la mode précieuse, nous avons rencontré Amélie Pichard, une trentenaire qui bouscule les codes.
© Pascale Cholette  - Cheek Magazine
© Pascale Cholette