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Interview Worldwide Cheek / Nagisa Kaneko

Nagisa Kaneko: À Tokyo, son salon de nail art est un incontournable

Nagisa Kaneko est l’une des nail artists les plus cool de Tokyo; autant dire les plus cool au monde. À 33 ans, elle est à la tête du salon DISCO, haut lieu de coquetterie des Tokyoïtes, et d’une jeune marque de bijoux, Maiden. Rencontre au cœur de son univers.
© Julie Hamaïde pour Cheek Magazine
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Sur le pas de la porte du salon de manucure DISCO, en plein cœur de Shibuya, l’un des quartiers les plus en vogue de la capitale japonaise, c’est une jeune blonde aux taches de rousseur qui nous accueille. Un look qui détonne; et c’est là tout l’art de Nagisa Kaneko. Il y a sept ans, cette Japonaise originaire de Yokohama, un port à moins d’une heure de Tokyo, a ouvert son premier salon de nail art. Un petit espace peint en rose, pouvant accueillir seulement deux clientes à la fois, et où toute la déco semble avoir été chinée. La jeune femme de 33 ans est aujourd’hui entourée de trois salariées, dont Ran, sa petite sœur qui s’occupe de l’accueil, et Kana, une ancienne cliente passée de l’autre côté de la table.

À mille lieux des clichés sur le nail art japonais, habituellement pastel, truffé de nœuds en relief ou bien à l’effigie d’Hello Kitty et autres spécialités japonaises, l’art de Nagisa Kaneko a quelque chose de plus minéral. Elle s’inspire de ses voyages en Europe et en Californie, du travail de cinéastes tels qu’Alejandro Jodorowsky ou David Lynch, ou de magazines comme i-D ou W.

“Les gens envisagent Tokyo comme une ville kawaï.”

Chez DISCO, il n’est pas rare de croiser des stars japonaises et internationales, qui prennent rendez-vous plus de deux semaines à l’avance comme tout le monde, à l’instar de la chanteuse canadienne Grimes, venue tout récemment, ou de la blogueuse mode anglaise Susie Bubble. “Lorsque Susie est venue au salon, nous nous sommes mises à parler de la collection Prada qui venait d’être présentée et que j’adorais. C’est comme ça que j’ai eu l’idée de m’inspirer des imprimés de la collection pour les réaliser sur les ongles de Susie”, explique la nailista qui fera l’objet d’un article sur le blog de la jeune Anglaise.

 

Nagisa Kaneko dans sa boutique de nail art Disco au Japon

Nagisa Kaneko à l’œuvre © Julie Hamaïde pour Cheek Magazine

Ici, la cliente ne sait pas toujours avec quels ongles elle va ressortir et c’est d’ailleurs tout le charme du salon. French manucures et couleurs unies laissent la place au gel, aux plumes, aux stickers, au papier d’argent et aux cristaux. C’est confortablement lotie dans sa veste en cuir vintage et avec sa petite chienne Kitsume (Ndlr: “Petit ongle” en japonais!) dans les parages, que Nagisa Kaneko réalise un effet marbre ou des ongles de sirène pour ses clientes. Et dans dix ans, c’est toujours à Tokyo qu’elle se voit, là où se pressent les filles pointues du monde entier pour avoir recours à son imagination débordante. Interview.

Le cliché qui t’énerve le plus sur les Japonais?

Je pense que le kawaï est vu différemment à l’étranger que par les Japonais. Les gens envisagent Tokyo comme une ville kawaï, remplie d’Hello Kitty. L’image que vous avez du kawaï est beaucoup trop mignonne. Ici c’est plutôt vu comme un art.

Une bonne raison de venir à Tokyo?

Pour la mode. Nous avons des cultures très variées dans ce domaine: il y a les ongles, les mangas, et plein d’autres choses spéciales. C’est une culture très riche.

Le spot à touristes que tu préfères à Tokyo?

Je vais souvent à Koenji, un quartier de Tokyo avec pas mal de boutiques de vêtements où j’aime me procurer de nouveaux habits.

Au quotidien, tu te déplaces comment?

Je prends le métro et je marche. Nous avons un réseau de métro très développé ici (Ndlr: 13 lignes de métro couvrent Tokyo intramuros et sa proche banlieue, traversées également par 36 lignes de Japan Rail, trains de plus grandes distances). Je reviens de Berlin où la ville est beaucoup plus petite, il est plus facile et plus agréable de s’y déplacer à pied.

L’endroit où tu te précipites quand tu rentres de voyage?

Un restaurant de sushis. J’en mange tout le temps, c’est mon plat préféré. Sinon j’aime retrouver ma maison, j’ai la chance d’y avoir une grande terrasse où j’adore passer du temps.

La spécialité japonaise que personne n’a réussi à imiter?

Les japonais sont sensibles. Je pense que nous avons une certaine sensibilité artistique, propre à notre pays.

Si tu devais quitter Tokyo, tu irais où?

À Los Angeles! Pour le climat, la nature, et la nourriture healthy: il y a beaucoup de boutiques de fruits et légumes frais. Ici pas tellement. Certes, nous avons une alimentation saine mais c’est différent.

 

Mon carnet d’adresses

Nagisa Kaneko recommande la boutique Sister à Tokyo

La boutique Sister de Shibuya, DR

Mon boui boui: Gessekai, un restaurant du quartier de Shibuya. J’y prends un bouillon de poulet délicieux. Ils sont connus pour proposer une cuisine médicinale chinoise, avec beaucoup d’épices et de bons plats pour la santé.

Mon bar chic: Labo, un bar français du quartier de Shibuya. Ils y servent un vin délicieux. J’aime y aller avec mon mari et y boire du vin blanc.

La visite que je recommanderais à tous mes amis: En ce moment je recommanderais l’exposition de Nobuyoshi Araki, un photographe très populaire à Tokyo. Ou sinon la boutique Sister. Ce sont des amis à moi qui tiennent ce magasin de vêtements à Shibuya.

Propos recueillis par Julie Hamaïde, à Tokyo


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