mode

Interview “Tailleur” / Zoé Leboucher

“L’écueil à éviter, c’est le cliché de la secrétaire sexy”

À seulement 25 ans, Zoé Leboucher a fait du tailleur sa spécialité. En créant Admise, la jeune créatrice répond à une réelle demande, celle du costume bien coupé et accessible à toutes les bourses. Nous l’avons soumise à une interview “Tailleur”. 
© Laetitia Prieur pour Cheek Magazine
© Laetitia Prieur pour Cheek Magazine

© Laetitia Prieur pour Cheek Magazine


Après avoir écumé tous les magasins de Paris à la recherche du tailleur parfait, pour ses oraux d’écoles de commerce, Zoé Leboucher se rend compte que la quête n’est finalement pas si aisée. “C’était une catastrophe ! J’ai fini par choisir un tailleur jupe en désespoir de cause dans lequel je me sentais déguisée”, nous confie-t-elle. Deux ans plus tard, alors en stage dans une banque privée où le tailleur est de rigueur, elle ose à peine aller boire des verres en sortant. L’idée de créer de beaux tailleurs pas hors de prix mûrit dans son esprit. Elle s’inscrit dans un master d’entreprenariat et lance en septembre dernier, aidée d’un ami graphiste, Aristide Texier, Admise. On a cherché à en savoir plus sur cette jeune à l’esprit aussi créatif qu’entrepreneurial. Voici son interview “Tailleur”.

 Comment t’est venue l’idée de créer uniquement des tailleurs?

Je me suis dit qu’il fallait créer une marque de tailleurs pour toutes les premières fois professionnelles des jeunes de 18 à 35 ans. Des oraux à leurs entretiens d’embauche, je voulais les aider dans cette phase où tu passes de l’uniforme “jean-baskets” à une tenue professionnelle. Mais il y a aussi des filles qui ne sont pas obligées de travailler en costume qui viennent me voir. Juste parce qu’elles sont à la recherche d’une belle pièce à un prix abordable.

Peut-on quand même afficher son style en tailleur? 

On propose dix tissus de dix couleurs différentes et chaque haut a un détail qui rappelle le pantalon ou la jupe. La cliente n’est donc pas obligée de prendre la veste de la même couleur que le bas, elle peut choisir un tailleur dépareillé, que ce soit pour la couleur mais aussi pour la forme. Et puis l’avantage du tailleur, c’est que tu peux l’adapter en fonction de ton style. La marque n’est ni rock, ni bohème, c’est à chacune de se l’approprier. 

Toi qui avais l’habitude de travailler en tailleur, quels conseils pourrais-tu donner pour le rendre plus cool?

Dans la journée, si tu travailles avec, tu vas essayer de te la jouer plutôt discrète. Mais en dehors du boulot, tu peux mettre un gros collier, des chaussures à paillettes ou un bandeau et ça fait toute la différence. Mais encore une fois, ça dépend du style de chacun.

Sortir en club en tailleur, c’est faisable? 

Oui, si en sortant du boulot tu vas boire des verres et que tu finis en boîte. Mais personnellement, quand je danse en boîte, j’ai chaud et j’enlève ma veste. À moins qu’il y ait la clim à fond!

Plutôt tailleur-pantalon Yves Saint Laurent ou tailleur-jupe Chanel?

J’aime bien changer de style, donc les deux peuvent me plaire. Le Saint Laurent, c’est peut-être plus facile pour la vie de tous les jours. Avec le Chanel, j’aurais l’impression d’être déguisée, même si au fond je serais heureuse de le porter.

Plutôt Melanie Griffith dans Working Girl ou Diane Keaton dans Annie Hall?

Plutôt Meg Ryan dans Harry rencontre Sally! J’adore sa façon de porter le costume: un pantalon taille haute avec une veste dépareillée, une chemise à pois et un chapeau.

Est-il possible d’être sexy en tailleur?

Oui, sans pour autant tomber dans la vulgarité. L’écueil à éviter, c’est le cliché de la secrétaire sexy, tout ce que je déteste. 

Est-ce qu’à l’avenir dans tes collections, tu intègreras des costumes un peu plus colorés ou imprimés?

Pour cette première collection, je voulais rester assez sobre et me concentrer sur les coupes, même si on retrouve deux tissus un peu plus originaux, à savoir le bleu ciel et le bleu vif. Pour les lignes futures, je voudrais m’amuser avec les détails des manches ou des bandes sur le côté. Pourquoi pas en créer de couleurs plus vives ou pailletées.

Quel est le faux pas mode à éviter à tout prix en tailleur?

Ne pas s’habiller en fonction de son corps. Pour le reste, je ne suis pas là pour donner des conseils. Je pourrais dire que je n’aime pas les chaussures pointues mais je peux en trouver certaines jolies. Et puis en tailleur, il n’y a pas de règles. Baskets, derbies, bijoux imposants, tout peut aller! 

À qui aimerais-tu secrètement tailler un costume?

J’aime tout le monde alors je préfère répondre à la question au sens propre: je rêverais d’offrir un tailleur à Laetitia Casta. Je suis persuadée que ça lui irait trop bien!

Propos recueillis par Clémence Sigu

DIAPORAMA

Collection Printemps-Été 2014 - Cheek Magazine
Voir les 4 photos

“L’écueil à éviter, c’est le cliché de la secrétaire sexy”

01 / 4
 - Cheek Magazine
 - Cheek Magazine
 - Cheek Magazine
 - Cheek Magazine

1. Chloé Cohen a lancé “Nouveau Modèle”, un podcast sur la mode engagée et durable

“L'enfant qui a fait votre t-shirt ne mérite pas moins que vous”, cingle une jeune créatrice dans l'un des épisodes. La phrase est forte et lucide. Elle résonne dans Nouveau Modèle, un podcast sur la mode engagée et durable. Cela fait cinq mois que son…
© Laetitia Prieur pour Cheek Magazine - Cheek Magazine
© Laetitia Prieur pour Cheek Magazine

2. MaisonCléo, la petite entreprise familiale créée grâce à Instagram

“J’aime ce qui est ringard”, lâche Marie Dewet d’un ton amusé lorsqu’on lui demande ce qui lui inspire les pièces que les clientes de MaisonCléo s’arrachent plus vite que leur ombre sur leur e-shop, chaque mercredi à 18h30. La jeune femme de 27 ans affectionne particulièrement le style…
© Laetitia Prieur pour Cheek Magazine - Cheek Magazine
© Laetitia Prieur pour Cheek Magazine

3. Elles ont lancé Daughters of Witches, un concept store féministe en ligne

Si vous n'avez pas encore trouvé votre casquette ou votre maillot de l'été, on vous conseille d'aller faire un tour sur ce nouvel e-shop féministe: Daughter of Witches. “Make Witches Great Again”, “Witchy Mermaid” ou encore “Beach Switch”, ici les slogans engagés tournent autour des…
© Laetitia Prieur pour Cheek Magazine - Cheek Magazine
© Laetitia Prieur pour Cheek Magazine

4. Elles ont lancé Manifeste011, une boutique de mode responsable et végane

Vous n'y trouverez ni cuir, ni fourrure, ni soie, ni laine. Depuis décembre, le 11ème arrondissement de Paris accueille la première boutique dédiée à la mode responsable végane de la capitale. Lancé par Maud et Judith Pouzin, deux jumelles de 35 ans que nous avions…
© Laetitia Prieur pour Cheek Magazine - Cheek Magazine
© Laetitia Prieur pour Cheek Magazine

5. Rencontre avec Brujas, collectif de New-Yorkaises skateuses et féministes

“Pas de réseaux sociaux, s’il vous plaît!” Au premier rang, à un mètre de la DJ qui mixe une house Chicago très agréablement rétro, une main surgit et muselle efficacement d’une gommette de papier blanc collée sur l’objectif de son téléphone la pulsion Instagram d’un spectateur, un…
© Laetitia Prieur pour Cheek Magazine - Cheek Magazine
© Laetitia Prieur pour Cheek Magazine

6. La mode fièrement “grande taille” de la créatrice Ester Manas

“Ces françaises qui ne grossissent pas”: le best-seller de Mireille Giulino, publié en 2007 et traduit en trente-sept langues, n'est que le haut de l’iceberg d’une mythologie solidement ancrée autour des femmes françaises, qui seraient toutes naturellement d’une extrême minceur, une partie constitutive de leur chic…
© Laetitia Prieur pour Cheek Magazine - Cheek Magazine
© Laetitia Prieur pour Cheek Magazine

7. La parodie très drôle des pubs beauté par Fenty Beauty, la marque de Rihanna

Décidément, Rihanna n’en finit pas de nous surprendre avec sa marque de maquillage Fenty Beauty. Alors qu’en septembre dernier, elle mettait en vente une gamme de produits pour toutes les couleurs de peaux et utilisait comme slogan “Beauty for all”, l’artiste barbadienne propose ce mois-ci…
© Laetitia Prieur pour Cheek Magazine - Cheek Magazine
© Laetitia Prieur pour Cheek Magazine