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Interview

Noélie Balez, fleuriste le jour, clubbeuse la nuit

On se demande quand Noélie Balez a-t-elle le temps de dormir. Cofondatrice d’une entreprise de livraison de fleurs à domicile la journée, la jeune femme de 29 ans est dj une fois la nuit tombée.

Même quand Noélie Balez monte une boîte, la musique n’est jamais loin. Pampa, c’est le nom du service de livraison de fleurs à domicile qu’elle a cofondé avec Emmanuelle Magnan en octobre dernier. Mais, “c’est aussi le nom d’un label”, lâche celle pour qui la musique a une signification toute particulière depuis l’adolescence. Noélie Balez, 29 ans, est entrepreneuse et dj, et si le lien entre les fleurs et la musique n’est pas évident pour vous, il l’est pour elle.

Née à Sarlat, en Dordogne, de parents enseignants, Noélie Balez a grandi “à la campagne, près de Tulle” avec sa sœur aînée et elle se revoit encore “écorcher les bourgeons dès qu’ils étaient là”. Sa passion pour les fleurs ne l’a jamais vraiment quittée et ces dernières la renvoient automatiquement à ses souvenirs d’enfance: “Les dahlias me font penser à ma nounou qui en avait plein son jardin et les bégonias à ma mère qui en disposait dans son bureau.” Elle prend son indépendance jeune et s’installe à Brives-La-Gaillarde lors de son arrivée au lycée. À l’époque, ce sont les débuts d’Internet. L’ado découvre la musique: “Dès que je rentrais à la maison le week-end, je téléchargeais un max de sons sur Napster que j’écoutais ensuite pendant la semaine!” Après son bac, la jeune femme choisit Sciences Po Lyon, notamment “à cause des Nuits sonores”. Culottée, elle appelle même le festival pour leur faire part de son envie de travailler sur la programmation. Elle commence par la billetterie, le bar et les loges tout en poursuivant ses études. En soirée, ses amis la collent systématiquement derrière YouTube pour faire danser les gens.

Un jour, une amie m’a proposé de mixer avec elle dans un bar, j’avais 25 ans. C’est comme ça que ça a commencé.

Après un passage par Barcelone, Noélie Balez s’installe à Paris et travaille sur le projet We Love Green qui n’en est qu’à ses balbutiements. Marvellous Island, Pitchfork, la jeune femme se fait la main sur différents festivals avant d’atterrir dans une start-up. Elle y reste quelques temps, avant de retomber par hasard sur Emmanuelle Magnan, rencontrée quelques années auparavant. Les deux sont amoureuses des fleurs. Elles montent ensemble Pampa et l’affaire marche plutôt bien puisque les deux entrepreneures viennent de boucler leur première levée de fonds. En parallèle, Noélie Balez est devenue dj. “Un jour, une amie m’a proposé de mixer avec elle dans un bar, j’avais 25 ans. C’est comme ça que ça a commencé”, raconte-t-elle. Celle qui ne vient pas de “la jeunesse clubbeuse parisienne” mixe désormais régulièrement dans des bars de la capitale le week-end. Interview.

 

Comment chacune de tes deux activités nourrit-elle l’autre?

Toutes les deux me représentent bien, elles traduisent l’enthousiasme que je veux donner aux gens. D’un côté, je leur donne de la musique et de l’autre, de l’intimité. C’est mon côté altruiste, généreux.

En quoi sont-elles radicalement différentes?

Il y en a une qui se fait de jour et l’autre de nuit. Les gens auxquels je m’adresse sont donc dans des états différents. Les rythmes ne sont évidemment pas les mêmes: quand je prépare un mix et que je suis devant mon ordinateur, je suis seule, je pense à ma musique et ça crée une bulle dans laquelle je me sens très à l’aise car j’ai parfois besoin d’être en retrait. À l’inverse, quand je suis au bureau, je suis tout le temps dans l’interaction.

En quoi sont-elles complémentaires?

Elles correspondent à mes deux facettes. Les fleurs, c’est ma vie d’avant, celle que j’avais à la campagne, et c’est important pour moi de garder quelque chose de l’enfance qui m’accompagne aujourd’hui. Ma passion pour la musique, elle, se ressent dans Pampa, ça donne une couleur aux produits, à la marque que l’on a créée : les bouquets sentent l’énergie des filles qui sortent, qui dansent, qui bougent et qui parlent avec les gens!

“Quand les gens me voient derrière les platines, ils pensent que j’ai été mise là car je suis blonde et que j’ai du rouge à lèvres.”

Quelles qualités requièrent-elles l’une et l’autre?

Pour la musique, il faut s’y connaître, suivre, renouveler ses sons, avoir le sens du rythme et aussi savoir lâcher du lest: parfois on passe un morceau juste pour que les gens continuent de danser, il faut savoir faire plaisir aux autres avant de se faire plaisir à soi. Pour Pampa, il faut être enthousiaste, savoir fédérer, emmagasiner beaucoup d’informations, penser à tout -on m’appelle “post-it”-, être multitâches et créative pour ne jamais s’ennuyer.

Ta personnalité s’adapte-t-elle à chacune de tes activités?

Oui, je crois. Lorsque je suis dans l’entreprise, il y a une hiérarchie, des contours, et dès que je quitte le bureau, les gens me trouvent différente. Un jour, un pro qui travaillait dans les mêmes locaux que nous, m’a vue jouer dans une soirée, il est venu me parler beaucoup plus facilement, au bureau, il n’avait pas osé car il m’avait trouvé très sérieuse et concentrée!

En tant que femme, exerces-tu aussi facilement l’une et l’autre de tes activités?

Les deux sont des activités qui sont encore le monopole des hommes. J’ai déjà entendu des gens demander à mes employés si ça ne les dérangeait pas d’être dirigés par des femmes. Dans une soirée start-up, on peut vite penser que je suis là car je suis la copine d’un développeur. Quand les gens me voient derrière les platines, ils pensent que j’y ai été placée car je suis blonde et que j’ai du rouge à lèvres. Après, quand ils aiment les sons que je passe, ils vont au-delà de leurs préjugés.

Si tu devais en choisir une, laquelle serait-ce?

L’entreprise de fleurs, car ça ne m’empêcherait pas d’écouter de la musique. D’ailleurs, on fait même des soirées Pampa qui me permet d’allier totalement mes deux activités!

Crédits photos Paul Rousteau 

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