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La grand reporter Anne Nivat n'a pas envie d'être présentée comme la femme de Bourdin et on la comprend

Si vous ne deviez voir qu’une seule vidéo aujourd’hui, ce serait cet extrait de Salut les Terriens! dans lequel la reporter Anne Nivat proteste contre le sexisme ordinaire.
La grand reporter Anne Nivat n'a pas envie d'être présentée comme la femme de Bourdin et on la comprend

Ma fonction, ce n’est pas d’être femme de Jean-Jacques Bourdin, c’est d’être grand reporter”. Samedi soir, Anne Nivat était l’invitée de l’émission Salut les Terriens! au côté de son époux, Jean-Jacques Bourdin. Alors que toutes les personnalités masculines présentes sur le plateau sont introduites par l’humoriste Tom Villa de façon classique, en faisant mention de leurs métiers, Anne Nivat, elle, est présentée comme “la femme de Jean-Jacques Bourdin”. La grand reporter, reporter de guerre récompensée par le prix Albert Londres pour son travail en Tchétchénie, a tenu à souligner la différence de traitement entre elle et ses homologues masculins et a insisté pour que l’humoriste rectifie son erreur: “Bah vous refaites. Sans déconner, il a précisé pour tout le monde pourquoi ils étaient là. Moi, je suis grand reporter!”

Malheureusement le sexisme ordinaire ne s’arrêtait pas là chez Ardisson. L’humoriste Alex Vizorek l’attaque ensuite -certes sur le ton de l’humour- au sujet des photos qu’elle publie d’elle-même en tenue de sport sur son compte Instagram et l’accuse de narcissisme. Il faut dire qu’Anne Nivat a une certaine aisance à mettre en scène son corps athlétique sur les réseaux sociaux. Pour autant, ne mérite-t-elle pas d’être prise au sérieux sur son travail? Elle répond au chroniqueur: “En quoi c’est s’aimer beaucoup que de montrer des photos de soi comme tout le monde, quand on fait du sport et qu’on aime la vie? Non mais je sais que vous préféreriez que je sois moche, mal foutue. C’est toujours comme ça mais ce n’est pas la vérité. Je suis très bien dans ma peau.” S’en suit une blague du réalisateur Fabrice Eboué, également invité, qui l’interroge sur la nature de son métier: grand reporter ou modèle pour Fitness Magazine? Et à Anne Nivat de le recadrer: “Vous voyez, le problème, c’est qu’en France il y a des stéréotypes et celui de la femme reporter de guerre, c’est qu’elle est moche, mal dans sa peau, qu’elle a raté sa vie. Moi je m’amuse à casser tout ça”. Une réponse cash, qu’on valide évidemment.

Margot Cherrid


7. Féminicide: pourquoi la France a-t-elle tant de mal à reconnaître ce terme?

Chaque année, plus d’une centaine de femmes sont assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint en France. Ces crimes sont des féminicides, à savoir des meurtres de femmes parce qu’elles sont des femmes. Inscrit dans le droit de nombreux pays latino-américains, la France commence seulement à intégrer le féminicide à son vocabulaire. Un lent processus de reconnaissance qui permet une meilleure visibilité de ces crimes sexistes.  
Féminicide: pourquoi la France a-t-elle tant de mal à reconnaître ce terme? - Cheek Magazine