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#BalanceTonPorc: mobilisation massive sur Twitter pour dénoncer le harcèlement et les agressions sexuelles

Avec le hashtag #BalanceTonPorc, les femmes sont appelées à témoigner des comportements déplacés, sexistes et des agressions sexuelles dont elles sont victimes dans le monde professionnel.
Le tweet de Sandra Muller
Le tweet de Sandra Muller

Le tweet de Sandra Muller


Depuis vendredi soir, et en réponse à l’appel au témoignage lancé sur Twitter par Sandra Muller, journaliste à la Lettre de l’audiovisuel, plus de 50 000 femmes ont raconté les agressions ou le harcèlement sexuel dont elles ont été victimes sur leurs lieux de travail -mais pas que- sous le hashtag #BalanceTonPorc.

 

 

L’idée vient à la journaliste après le succès du hashtag #MyHarveyWeinstein sur le continent nord-américain, créé par l’écrivaine canadienne Anne T. Donahue, à la suite de l’affaire Weinstein, révélée la semaine dernière. Ce matin à 7 heures, le hashtag #BalanceTonPorc pointait encore en haut des tendances Twitter de l’Hexagone. Une popularité qui s’explique en partie par la diversité des témoignages qui se sont étendus au sexisme de la vie courante, mais aussi par la volonté de témoigner sans incriminer directement le harceleur, une protection pour la victime. “Je n’appelle pas à la délation mais à la dénonciation. […] Bien sûr qu’on peut porter plainte devant la justice et qu’il faut porter plainte. Mais nous savons bien que c’est très souvent extrêmement difficile, voire impossible pour des victimes qui ne peuvent se permettre de perdre un emploi dans le cas du harcèlement au travail”, a expliqué hier Sandra Muller dans La Parisienne en réponse à ceux qui s’inquiètent de voir Twitter se transformer en jury populaire.  

Au micro de France Inter, la journaliste Iris Brey est elle aussi revenue sur le hashtag en proposant une analyse sémantique dans l’émission de Sonia Devillers: “On a choisi la famille des porcins, une manière de réduire les hommes agressifs à un tas de chair et de pulsions déshumanisées exactement comme ils considèrent les femmes qu’ils agressent.” Et de poursuivre: “Les personnalités qui tweetent viennent souvent des médias, elles pourraient balancer des noms mais ne le font pas”, avant de citer les tweets de Nora Bouazzouni de Slate, Julia Molkhou de C8, Giulia Foïs ou Valeria Emanuele de France Inter.

 

 

En réponse aux attaques visant les femmes qui refusent de citer des noms, Iris Brey explique: “Ces femmes ne nomment pas pour se protéger mais également parce que selon moi ce n’est pas à elles de le faire. C’est un appel aux journalistes à s’emparer du sujet, à mener des enquêtes et à révéler s’ils peuvent étayer, prouver leurs propos, l’identité de ceux qui traitent ainsi les femmes.”

Même si Twitter reste un bon outil de mobilisation, le réseau social est aussi le terrain de jeu de trolls et haters qui ont sauté sur l’occasion pour détourner le hashtag en #BalanceTaTruie, #BalanceTonPort ou #BalanceTaConne.

Ça dit quelque chose: le jour où un hashtag avec le nom d’une femme s’imposera à la place d’un Harvey Weinstein, ça signifiera que les hommes et les femmes seront à égalité dans le monde du travail parce que pour qu’il y ait abus de pouvoir, il faut déjà qu’il y ait pouvoir”, conclut très justement Iris Brey.

Margot Cherrid


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