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The Breakaway Challenge: elles parcourent 400 km à vélo pour soutenir les femmes victimes de violences

Du 20 au 24 août, Amandine Bessard et Lucie Borde vont parcourir 400 km à vélo pour soutenir l’association Women Safe, un centre de prise en charge des femmes victimes de violences.
© Mattias Mano
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À 24 et 27 ans, Amandine Bessard, journaliste, et Lucie Borde, avocate, se lancent dans le Breakaway Challenge, un défi cycliste qu’elles ont monté de toutes pièces pour soutenir les femmes victimes de violences. Pendant 5 jours, les deux amies vont parcourir 400 km à vélo de La Rochelle à Mimizan, entre la Charente-Maritime et les Landes.“Breakaway, ça veut dire ‘échappée’ dans le vocabulaire cycliste, mais ça rappelle aussi l’action de se dégager de quelqu’un, ce que font les femmes que nous soutenons”, expliquent-elles. Avec des étapes de 57 à 90 km par jour, les deux jeunes femmes vont emprunter le Vélodyssée, une piste cyclable de 1 200 km, et partager leur expérience sur Instagram et Facebook. Celles qui se considèrent d’abord comme des sportives du dimanche”, -avant de rappeler qu’elles faisaient beaucoup de sport pendant leurs études- ont commencé à s’entraîner un mois avant le défi, avec des séances régulières de vélo elliptique et de jogging.

En parallèle, elles ont lancé une cagnotte de dons ouverte jusqu’à fin septembre afin de soutenir l’institut Women Safe, qui accompagne les femmes victimes de violence. En seulement deux semaines, elles ont recueilli plus de 900 €, elles qui avaient d’abord fixé leur objectif à 1 000 €. Cet argent -qui sera reversé en intégralité à l’association-, va principalement servir à acheter du matériel pour différents ateliers. Nous avons posé 4 questions à ces vingtenaires enjouées et surmotivées par leur projet.

Pourquoi avoir créé The Breakaway Challenge?

On voulait s’engager dans une cause qui nous tenait à cœur et le sujet des violences faites aux femmes est venu assez naturellement. Chacune à notre manière, on a été confrontées à des formes de violence et on évolue dans des milieux assez machistes. Avec 5 ou 6 semaines de vacances par an, on s’est dit qu’on pouvait bien en consacrer une à cette cause. Après de longues heures de brainstorming, l’idée d’un challenge sportif à vélo s’est dégagée. Déjà, le vélo est pour nous un symbole de liberté et d’émancipation, et il nous permettait aussi de réaliser des distances plus spectaculaires qu’à pied. Ensuite, on voulait interpeller et adjoindre un défi sportif à un engagement moral.

Vos attentes pendant le challenge?

On a choisi un tronçon du Vélodyssée car c’est une piste très touristique et on espère y rencontrer du monde. On a aussi créé une page Facebook et un compte Instagram pour que les gens puissent suivre nos aventures, même si on était loin d’être des Instragrameuses nées! Un appel à témoignages vient d’être lancé pour publier sur Instagram des récits de femmes victimes de violences. Le but, c’est aussi de nous effacer car cette problématique touche tout le monde. On espère rencontrer des femmes durant notre périple, et écrire une Une sur elles chaque jour.

“Notre génération est engagée mais ne sait pas vraiment comment aider.”

Pourquoi avoir choisi d’œuvrer pour Women Safe?

Une fois notre projet en tête, on a recherché une association avec laquelle établir un partenariat. Rapidement, on a été confrontées à un problème: il y a énormément d’associations pour les femmes et leurs actions sont parfois floues. Quand on a entendu parler de Women Safe, on a été emballées par son côté pluridisciplinaire et concret. L’institut a une antenne dans un centre hospitalier avec des professionnel·le·s bénévoles en justice et médecine qui accompagnent les femmes et traitent la violence sous toutes ses formes. En général, il n’est pas difficile de se représenter une femme battue, mais parfois la violence se manifeste dans une différence de traitement ou lors d’un recrutement. C’est tout aussi important. On a alors rencontré la présidente Frédérique Martz, qui est une femme très inspirante, et on a convenu d’un partenariat.

Quel est votre objectif?

Outre la campagne de dons et la communication sur l’association, on veut aussi donner envie aux autres de porter des causes, même à un petit niveau. Notre génération est engagée mais ne sait pas vraiment comment aider. Quand on monte un projet pour une cause qui nous touche, c’est une véritable expérience personnelle qui nourrit et dont on se rappellera. Pour l’année prochaine, on espère élargir le projet, avec peut-être une plus longue distance mais surtout plus de monde! On aimerait aussi pédaler avec des hommes. Pour nous, le féminisme c’est l’égalité, donc la prise de conscience doit être collective.

Propos recueillis par Alexandra Vépierre


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