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Le podcast du jour

Pourquoi les casseurs sont-ils, en grande majorité, des hommes?

Si vous ne deviez écouter qu’un podcast aujourd’hui, ce serait celui des Couilles sur la table consacré à l’absence de femmes au sein des casseurs dans les manifestations et à la violence d’Etat, considérée comme viriliste.
© Margot Cherrid
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Comment expliquer qu’il y ait beaucoup plus de casseurs que de casseuses? Comment analyser la violence gouvernementale par le prisme de la masculinité? Pourquoi une femme qui fait usage de la violence est-elle considérée comme folle ou hystérique?” C’est pour répondre à ces questions que Victoire Tuaillon et Thomas Rozec ont interviewé la professeure en philosophie et autrice Elsa Dorlin, dans un épisode passionnant des Couilles sur la table, mis en ligne lundi 10 décembre.

L’invitée y développe notamment l’idée que “la socialisation en tant qu’homme autorise un plus grand usage de la violence, ou tout simplement, un plus grand usage du corps”. Elle prend ainsi pour exemple les cours de récréation, dans lesquelles les “garçons sont autorisés à jouer au foot, et prennent tout l’espace […] font l’expérience de leurs corps déployés”, alors que les filles sont “cantonnées sur les côtés de la cour”, et pratiquent des activités “plus immobiles, statiques, avec un corps plus rentré”. 

Second point abordé: la charge mentale et la préoccupation des manifestantes pour “toutes les personnes qui dépendent d’elles”. “Un moment donné quand on voit que ça commence à chauffer ou que la répression policière est en train de passer à un niveau supérieur, on se dit qu’il faut aller chercher ses gosses, faire attention, poursuit la spécialiste. Ça, c’est majoritairement un soucis féminin du fait d’une socialisation féminine.”  

Deux derniers éléments complètent sa réflexion: la stigmatisation des femmes qui “passent à la violence”, “pathologisées” et traitées “d’hystériques et de folles”, ainsi que le sentiment d’illégitimité et d’impuissance qu’elles peuvent développer. Un épisode d’actualité particulièrement intéressant, qui explore également la violence d’Etat et son caractère viriliste.

 

Margot Cherrid


4. Je ne parle plus à ma mère et je vais bien

Faut-il couper les ponts avec une mère toxique? Celles qui ont franchi le pas ne s’en portent pas forcément plus mal. 
© Margot Cherrid - Cheek Magazine
© Margot Cherrid