Ce qui se passe ailleurs

États-Unis

1 enfant sur 3 dessine une femme quand on lui demande de représenter un·e scientifique

Une enquête lancée aux États-Unis a étudié l’image très masculine associée aux scientifiques chez les enfants depuis les années 1960.
Dessin de Vasilia Christidou, issu de l'étude “Draw a Scientist”
Dessin de Vasilia Christidou, issu de l'étude “Draw a Scientist”

Dessin de Vasilia Christidou, issu de l'étude “Draw a Scientist”


Étant donné que les enfants assistent à une meilleure représentation des femmes scientifiques aujourd’hui et voient de plus en plus d’entre elles dans les médias qui leur sont destinés, nous avons voulu savoir si ces changements culturels influencent l’image qu’ils se construisent.” Voici l’objectif que le docteur en psychologie David I. Miller s’est fixé en demandant à des écoliers de dessiner un·e scientifique en plein travail. “Nous constatons que la réponse est oui”, annonce-t-il au Time Magazine.

Et pour cause, près de trois enfants sur dix représentent une femme scientifique sur leurs feuilles de papier aujourd’hui, contre 0,1 sur dix dans les années 1960. Les résultats de cette étude menée auprès de 20 000 très jeunes Américains entre 1966 et 2017 et publiée dans la revue Child Development, s’expliquent d’après David I. Miller par la féminisation du secteur professionnel des sciences et une meilleure représentation des femmes scientifiques. “Les enfants se fient à ce qu’ils voient”, précise-t-il sur le site internet de CNN.

Le rapport met en lumière un autre point intéressant. Avant l’âge de 6 ans, les écoliers esquissent autant de femmes que d’hommes scientifiques. Passé cet âge, les représentations ne cessent de se masculiniser. Le spécialiste identifie donc ce moment comme celui de l’émergence des stéréotypes de genre. “Les parents et les professeurs devraient avoir conscience que l’école primaire et le collège sont des périodes critiques durant lesquelles les enfants commencent à intérioriser les stéréotypes concernant la science”, complète-t-il.  Que ce soit dans la représentation des professionnels, la féminisation de cette branche ou les comportements en interne, il semble que le monde des sciences a bien des progrès à faire en matière de lutte contre le sexisme.

Margot Cherrid