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Céline Lazorthes / Interview “Workaholic”

Céline Lazorthes, l'entrepreneure multitâches qui a inventé la cagnotte Leetchi

Céline Lazorthes est l’inventeuse de la cagnotte leetchi.com. Depuis qu’elle a eu cette idée de génie, elle n’a jamais cessé de s’investir dans le secteur des nouvelles technologies.
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Vous ne connaissez peut-être pas son nom, mais vous avez forcément déjà participé à l’une de ses cagnottes, devenues incontournables dès qu’un projet de cadeau collectif se dessine. L’idée de Leetchi est venue à Céline Lazorthes, 34 ans, alors qu’elle faisait ses études supérieures: à HEC, la jeune femme doit organiser le week-end d’intégration et rassembler la somme d’argent correspondante auprès de ses camarades étudiants. Difficile quand les uns n’ont pas la monnaie, et les autres pas leur carte bleue. Alors elle imagine ce qui deviendra son entreprise: une cagnotte en ligne, pionnière du genre.

À 26 ans, master en poche, Céline Lazorthes se lance dans l’aventure -et nomme sa boîte selon un nouveau fruit, parce qu’Apple et Orange sont déjà pris. On est en 2009. Depuis, l’entrepreneure passionnée de nouvelles technologies a fait du chemin. Elle a réalisé trois levées de fond successives, en 2010 et 2011. En 2013, Wired place Leetchi dans son classement des “european hottest startups”. La même année, Céline Lazorthes annonce le lancement de Mangopay, un service de paiement destiné aux places de marché et aux plateformes de financement participatif qui vient compléter l’offre de Leetchi, destiné, lui, aux particuliers. “Confucius a dit ‘choisis un travail qui te plaît et tu ne travailleras aucun jour de ta vie’, j’y crois assez”, confie l’entrepreneure, passionnée par son boulot.

Pour réussir, il faut que les femmes foncent, mais aussi qu’elles s’entourent bien.

En septembre 2015, elle cède 86% des parts de l’entreprise au Crédit Mutuel Arkéa, une opération à propos de laquelle elle s’est exprimé encore le 12 juin dernier à l’Inclusive Tech Summit, organisé par l’incubateur Paris Pionnières. “La cause des femmes dans le monde de l’entreprise et de la tech me tient à cœur”, a-t-elle expliqué. Alors, quand elle le peut, elle donne l’exemple dans des talks comme celui-là. Quand elle le peut, car son agenda est déjà chargé: “80% de mon temps, je suis dirigeante de Leetchi et de MangoPay, à la fois en ma qualité de fondatrice et en celle de CEO. Mais j’ai aussi fondé un fonds d’investissement grâce auquel j’investis dans des entreprises à forte dimension technologique.” Et d’énumérer certains des fleurons de la jeune french tech: Le slip français, Frichti, Talent. Céline Lazorthes siège aussi dans les conseils d’administration de l’école Telecom Paris ou du think tank Génération libre, mais rien de tout cela ne l’empêche d’accompagner les jeunes entrepreneures: “Accompagner les jeunes femmes dans leur carrière, les pousser à ce qu’elles prennent des risques, aussi bien en interne qu’en externe, me paraît vraiment important”, déclare celle qui s’est très tôt investie dans Girls in Tech (désormais StartHer). Et d’en profiter pour glisser un conseil: “Pour réussir, il faut que les femmes foncent, mais aussi qu’elles s’entourent bien. Que l’entourage soit un appui, c’est décisif!” Nous l’avons soumise à notre interview “Workaholic”. 

À quand remontent les premiers symptômes de ton workaholisme?

À 14 ans! J’ai commencé à travailler très jeune, à faire des baby-sittings et de la vente pour aider ma mère dans son magasin. Et puis, dès l’âge de 20 ans, j’ai travaillé, j’ai été agent administratif pour la mairie de Toulouse, j’ai fait plein de petits boulots… J’ai très vite touché au développement Web, au graphisme, à la gestion de projet et à la communication. Le milieu du Web était beaucoup moins professionnalisé, et je préférais travailler plutôt qu’être à l’école, donc je m’y suis mise et j’ai appris pas mal de chose sur le tas.

En quoi travailler est-il grisant?

Le fait d’apprendre, surtout dans nos métiers, dans le secteur de la tech, est vraiment motivant. De façon infinie on apprend des manières de faire, mais aussi à se connaître et à engranger des connaissances pures. Il y a l’adrénaline aussi: il se passe toujours des choses, il y a énormément de rebondissements dans la vie d’une entrepreneure. C’est comme des montagnes russes tellement on traverse de phases et d’émotions différentes.

Ton truc pour avoir de l’endurance?

Je suis quelqu’un d’assez énergique de nature. Mais il faut du courage, c’est vrai, c’est important pour faire ce travail. Ce qui me ressource, c’est le sport, les bons moments en famille… Des tas de trucs différents.

Quels sont les effets secondaires désagréables?

Je ne dors pas assez, je suis un peu fatiguée. Mais c’est normal dans ce genre de boulot.

La dernière fois que tu as fait une nuit blanche?

La nuit ou on a écrit le business plan d’un projet de restau, avec des copains. Ça s’appelle Ostrea, ça a ouvert 60 rue de l’Arbre sec, dans le premier arrondissement de Paris. Il s’agit d’un bar à produits de la mer, huîtres, saumon, et il y a un bar à cocktails caché dans le fond. On est restés debout jusqu’à 4 heures du matin pour finir ce plan. Bon et puis, il y a aussi les fois où je fais la fête!

Ton anti-stress le plus efficace?

Le yoga. J’en fais depuis un bout de temps, c’est pratique et ça détend.

Ta façon d’appréhender la detox?

Mon leitmotiv est de faire les choses avec mesure, que ce soit la fête, manger, consommer… À mon avis, il faut chercher l’équilibre. La mesure est ce qu’il y a de plus important, et ça évite d’avoir de vrais besoins de detox.

À long terme, envisages-tu de décrocher?

Je ne suis pas accrochée, je fais ce que j’aime!

Qu’est-ce qui te ferait arrêter?

Rien. L’entrepreneuriat est ma passion, je baigne là-dedans depuis assez jeune, je n’arrêterai pas.

Propos recueillis par Mathilde Saliou


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