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Ils veulent révolutionner l’éducation sexuelle avec leur chatbot Speach

Des étudiants entrepreneurs veulent révolutionner l’éducation sexuelle des jeunes grâce à un chatbot nommé Speach.
Gaétan Poblon, Quentin Colus, Gautier Wojda, Antoine Tirante et Sarah Lecoffre, DR
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L’équipe de Speach reçoit à l’école 42, où Audran Ditsch, Gaétan Poblon et Gautier Wojda, les développeurs de la bande, suivent encore des cours. Avec Sarah Lecoffre, Quentin Colus et Antoine Tirante, ils s’y réunissent tous les mardis pour développer Speach, un chatbot d’éducation sexuelle destiné aux 13-18 ans, et travaillent le reste du temps en réseau, via Slack. Officiellement, ils se sont lancés le 21 mai, le jour où ils ont remporté le premier prix du premier sextechlab français.

Mais le projet avait été pensé en amont par Sarah Lecoffre, Quentin Colus et Antoine Tirante, tous étudiants à l’école du numérique ECV Digital. Poussée par ses professeurs et son entourage, la jeune femme de 24 ans l’a donc pitché au hackathon parrainé par Marc Dorcel, et a convaincu une petite équipe de se réunir pour commencer à le développer. Après une présentation à Futur en Seine, l’équipe s’est rendue à Vivatech, le grand raout des startuppers qui se déroulait à Paris en juin dernier. Delphine Joly Leonardi, diplômée d’un master en santé sociale, vient de les rejoindre pour faciliter la recherche d’experts en santé et en éducation sexuelle. Et l’équipe a encore gagné cet été le concours 42 Entrepreneurs. À la clé: six mois d’incubation à la Société Générale, qu’ils utiliseront lorsqu’ils auront terminé d’affiner leur ambitieux et nécessaire projet, à l’heure où pas mal de jeunes manquent de connaissances sur leur corps et la sexualité. On a posé 3 questions à cette équipe de visionnaires qui croient aux nouvelles technologies pour améliorer l’éducation sexuelle. Interview.

Quel est le but exact de Speach?

On veut faciliter l’éducation sexuelle en utilisant un chatbot à destination des ados. Leur parler par messagerie, c’est leur offrir un outil personnalisé, privé et ludique pour qu’ils puissent poser toutes les questions qu’ils veulent à propos de la sexualité. Et qui leur permettrait de pallier la difficulté qu’ont les professeurs et les parents à l’aborder -70% des ados n’en parlent absolument jamais avec leurs parents, mais en revanche, une bonne partie d’entre eux dit apprendre sur la sexualité grâce au porno! Le but de Speach, c’est donc d’apporter les meilleures réponses possibles à toutes les questions qu’ils se posent sur la sexualité et les sentiments. Vu la technologie actuelle en matière de bots, développer les réponses pour répondre à l’arborescence de sujets qu’on a identifiés va être assez complexe. Mais à terme, pour être totalement pertinent, on voudrait même réussir à adapter le discours au fait que le bot s’adresse à une fille ou à un garçon, même peut-être à un.e hétéro ou à un.e homo…

Ils veulent révolutionner l'éducation sexuelle en lançant un chatbot

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À quelle étape en êtes-vous?

On est dans la phase de recherche et de contact, qui nous permet d’affiner plus précisément notre projet. Il nous faut par exemple l’appui de sexologues, de spécialistes du monde de la santé pour fournir les réponses les plus pertinentes. De ce point de vue, gagner le hackathon du sextechlab nous a bien aidé parce que ça a retenu l’attention du sexologue Jacques Waynberg. Il était super emballé et a proposé de nous mettre en contact avec des confrères. Côté élaboration des réponses, pour capter l’attention des jeunes, les comprendre aussi, et leur délivrer des réponses de qualité, ils nous faudra l’aide de chercheurs en linguistique… Et puis, on s’adresse à l’État, pour lui demander des subventions et parce que notre idée est susceptible d’intéresser les acteurs de la santé publique. Enfin bref, pour le moment, on essaie de voir avec qui on peut travailler et comment pour faire avancer Speach au mieux.

Comment comptez-vous faire connaître votre projet au public concerné?

On va devoir faire une étude de marché, ne serait-ce que pour tester le langage qu’on utilisera avec les jeunes, voir à quoi ils répondent positivement et comment. L’effet de groupe pourra aussi nous aider: via les réseaux, on pourra particulièrement jouer sur l’humour, et éveiller leur intérêt pour Speach de cette manière. Mais le projet intéresse de toute façon pas mal d’acteurs qui peuvent nous donner un coup de main pour toucher ce public. Le CRIPS, par exemple, qui intervient beaucoup auprès des jeunes, Sidaction, le planning familial… ils sont en contact avec des jeunes au quotidien, ils savent à qui s’adresser, comment, quelles questions ils se posent… Leurs connaissances nous seraient super utiles. Et puis on verra, on passera peut-être par des YouTubeurs ou des radios. On voudrait commencer à développer une communauté de jeunes autour de Speach avant que le chatbot ne soit véritablement disponible, parce que ça nous permettra de tester et d’améliorer le service avec eux, les premier.e.s concerné.e.s.

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Propos recueillis par Mathilde Saliou


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