société

Série “Girls and Glisse” 1/3 - Chloé Bernard, skateuse

Chloé Bernard, la skateuse artiste à suivre de près

À l’occasion de la Sosh Freestyle Cup qui a eu lieu sur la plage Borély à Marseille du 21 au 26 juin dernier, Cheek Magazine a rencontré des sportives françaises qui ont fait de la glisse leur spécialité. Aujourd’hui, Chloé Bernard, skateuse et artiste de 27 ans. 
Facebook/Chloé Bernard
Facebook/Chloé Bernard

Facebook/Chloé Bernard


Cette année, Chloé Bernard, skateuse de 27 ans, a failli ne pas venir à la Sosh Freestyle Cup car elle était débordée de boulot. Mais un coup de fil de sa pote Eugenia Ginepro, skateuse venue spécialement d’Argentine pour participer au contest féminin organisé près de la plage Borély à Marseille, l’a finalement fait rappliquer.

Née à Nice, Chloé Bernard est arrivée à Marseille quand elle avait 17 ans pour étudier les Beaux-Arts. Elle a commencé le skate à 13 ans, d’abord par du street avant de découvrir le bowl mythique de Marseille. Quand on lui demande comment elle est arrivée au skate, elle répond simplement: “J’avais envie, ça avait l’air trop bien!  Je faisais déjà du snow, j’ai toujours été casse-cou, sportive, mais avec le skate, j’ai trouvé quelque chose que je n’ai trouvé nulle part ailleurs.

Aujourd’hui, la vingtenaire ne se considère pas comme une professionnelle: “Je ne suis pas pro dans le sens où je n’ai pas d’argent, pas de contrat mais j’ai quand même des sponsors qui m’envoient voyager partout dans le monde. Et puis, pro pour moi, c’est consacrer toute sa vie au skate.” Ce qui n’est pas son cas puisque Chloé Bernard est également artiste. Elle peint depuis qu’elle est enfant et il y a trois ans, elle a monté un collectif d’artistes, Les Suzzies -un “ghetto collectif”peut-on lire sur leur page Facebook-, avec deux autres jeunes femmes, la tatoueuse Lola Fagot, aka Lola La Sioux, et la photographe et vidéaste Virginia Fernandes. “On fait des fresques, des expos, des vidéos, des docus, de la broderie, et je suis en train d’apprendre le tattoo”, explique Chloé Bernard.

 

Une vidéo du collectif Les Suzzies

Est-ce qu’elle en vit? À cette question, Chloé Bernard lâche: “On a monté une asso et mon modèle économique, c’est le RSA. (Rires.) On multiplie nos activités, le but, c’est de continuer à faire ce qu’on aime sans être non plus sous un pont et je pense que la seule manière d’y arriver, c’est de ne jamais lâcher.” Avant de laisser la rideuse retourner au bowl, on lui a posé quelques questions.

La première fois que tu es montée sur un skate? 

Je m’en souviens très bien, je rêvais de savoir faire tourner la board en flip (Ndlr: une figure de skate). Mon père m’a acheté une planche chez Decathlon et il m’a emmenée faire du skate. Je n’ai évidemment pas réussi tout de suite à faire le flip car c’est dur mais c’est comme ça que j’ai commencé!  

Ton premier grand exploit?

Quand je suis arrivée au bowl de Marseille, je rêvais de réussir à curver, c’est-à-dire rouler et prendre de la vitesse dans le bowl. Pendant quelques mois, j’y suis allée tous les jours et j’ai fini par y arriver!

Le plus bel endroit pour faire du skate? 

En tant que locale, je vais dire le bowl de Marseille car c’est la famille! Mais dans le monde, il y a plein d’endroits géniaux pour faire du skate comme le Burnside à Portland, un endroit mythique, mais aussi à Copenhague et Berlin. 

Chloé Bernard skateuse artiste

Chloé Bernard dans le bowl de Marseille à la Sosh Freestyle Cup © Julia Tissier pour Cheek Magazine

Le meilleur moment que tu as passé sur un skate? 

Quand on est avec ses amis, c’est toujours un bon moment. Dernièrement, j’ai été en Inde pendant deux semaines et c’était extraordinaire: on est allées avec plusieurs filles enseigner le skate à des jeunes Indiennes entre 5 et 15 ans. C’est Atita Verghese, une Indienne de 23 ans, qui a monté une association qui s’appelle Girl Skate India: 13 meufs de 9 pays différents sont parties en mission pour donner la chance à des jeunes filles de faire du skate. On a même construit une courbe à Bangalore. 

 

 

Thanks to the kids from @kovalamskateclub @girlskateindia @vineethsisp

Une photo publiée par Marseille (@chloyeahbernard_suzzies) le

Être une femme dans le milieu du skate t’a aidée ou au contraire desservie?

Quand on me pose cette question, je réponds toujours que le combat d’une femme, c’est tous les jours. Dans le skate, on n’est pas beaucoup de filles et je pense que la future génération sera plus nombreuse. Mes potes mecs ont toujours été extraordinaires avec moi, ils m’ont poussée, encouragée. Le fait d’être une femme n’a pas été un frein, on peut certes toujours être sujettes à des moqueries mais aujourd’hui, une fille qui skate, c’est davantage dans les mœurs. Quand je vois les petites qui s’y mettent, j’ai envie d’être là et de les encourager. 

En tant que femme, as-tu l’impression de devoir bosser davantage pour être reconnue dans le monde du skate?

C’est un peu compliqué quand on est une fille car il y a beaucoup de clichés véhiculés sur les nanas qui skatent, genre la fille qui roule en minishort et qui est sexy ou celle qui squatte car elle veut rencontrer des skateurs. On a clairement moins le droit à l’erreur, on doit faire encore plus attention à notre image pour ne pas véhiculer ces stéréotypes. 

Le moment le plus difficile que tu as dû traverser dans ta carrière?

Les moments difficiles, c’est quand tu te blesses car ça ne pardonne pas. Je me suis déjà blessée un peu partout: j’ai une hernie aux cervicales, j’ai les hanches qui ont triplé de volume à force de tomber dessus, j’ai eu un staphylocoque et je me suis déjà pété les dents! On voue son corps au skate. Ma famille en a marre parfois et me dit de faire attention! (Rires.) Comme je peins à côté, c’est parfois compliqué de tout faire, surtout quand tu te niques, que tu n’as pas une thune et que tu ne peux plus travailler.

Si tu ne devais citer qu’une seule sportive?

Eugenia Ginepro, une skateuse argentine de 27 ans qui a remporté le Girl Bowl cette année à Marseille!

 

 

🙌🏽☯🙌🏽☯🙌🏽☯🙌🏽

Une photo publiée par Eu G (@eugeniaginepro) le

De g. à d. Chloé Bernard, Eugenia Ginepro, Lola Fagot et Roxzy Bokolas

Tu te vois où dans 10 ans?

Dans la jungle, dans une petite maison, avec mon potager, un pool à rider pas loin et l’océan pour faire du surf. Je mettrais ma famille à l’abri dans la maison et les copains aussi! (Rires.)

Propos recueillis par Julia Tissier (à Marseille)


2. Aya Nakamura est-elle victime de misogynoir?

Depuis les NRJ Music Awards, qui ont eu lieu samedi 10 novembre, Aya Nakamura est au cœur d’une nouvelle polémique, et doit faire face à des propos violents de la part de présentateurs, comme Matthieu Delormeau. Des déclarations qualifiées de “misogynoir” par certains internautes.  
Facebook/Chloé Bernard  - Cheek Magazine
Facebook/Chloé Bernard

3. “Mansplaining”, le nouveau podcast de Slate, décortique les masculinités

Slate a lancé son nouveau podcast sur les masculinités, Mansplaining, animé par Thomas Messias, professeur de lycée et journaliste pour le magazine. Dans ce premier épisode, le trentenaire met en exergue les stéréotypes du genre véhiculés par les œuvres cinématographiques. 
Facebook/Chloé Bernard  - Cheek Magazine
Facebook/Chloé Bernard