cheek_societe_habillage_desktop

société

Interview Worldwide Cheek / Chloé Pueyo

Elle a lancé City Confidential, un site de bons plans à Madrid et Barcelone

Chloé Pueyo a cofondé avec Carmen Pérez le site City Confidential, une mine de bonnes adresses à Madrid et Barcelone.
Chloé Pueyo, DR
Chloé Pueyo, DR

Chloé Pueyo, DR


Passer d’une vie d’avocate parisienne débordée à celle d’entrepreneuse madrilène, c’est possible et Chloé Pueyo s’en sort même très bien. A 33 ans, la jeune femme est à la tête, avec Carmen Pérez, du site City Confidential, un club de bons plans donnant accès à des adresses secrètes, des offres spéciales dans des lieux hors du commun ou des évènements créés spécialement pour les membres avec deux antennes locales, l’une à Madrid, l’autre à Barcelone. “Le projet marche parce que nous offrons un contenu vraiment original et très qualitatif qui nous distingue de tout ce qui existe ici en Espagne, explique Chloé Pueyo. Plus de 80 000 Madrilènes adhèrent aujourd’hui et nous venons d’ouvrir à Barcelone.”

“J’avais besoin d’une certaine douceur de vivre.”

Rien ne prédestinait Chloé Pueyo à ce type de vie professionnelle, elle qui a commencé sa carrière d’avocate d’affaires dans le prestigieux cabinet Bredin Prat. Détachée pendant dix mois à Madrid grâce à ses compétences en espagnol, elle découvre alors une autre vie, faite de fiestas et de Zara, et se rend compte qu’il n’existe pas de site à destination des jeunes femmes urbaines qui veulent sortir des sentiers battus. L’idée germe, mais elle rentre à Paris travailler 24/24h et sept jours sur sept. “J’ai tenu 8 mois, puis j’ai posé ma démission un lundi à 23h après une réunion épuisante avec 15 clients, qui faisait suite à 48 heures d’affilée au cabinet sans dormir ni me changer et pendant laquelle, mon pantalon sursolliscité avait craqué. Je me suis dit qu’une vie de réunions les fesses à l’air ne valait pas le coup et je suis repartie à Madrid monter le site avec Carmen.” Trois ans après le lancement, elle ne regrette pas son choix, et répond à notre interview “Worldwide Cheek”.

Pourquoi Madrid?

Je savais qu’il y avait mille trucs à faire et que c’était une ville qui n’avait rien à envier aux grandes -j’ai vécu à Londres et à New York-, donc qu’il y avait une véritable opportunité business. Ensuite, c’est une métropole de 5 millions d’habitants et pourtant, on a souvent l’impression de vivre dans un village. Vous parlez aux gens dans le métro et ils vous répondent… gentiment! Vous n’avez pas de monnaie pour payer le café, ce n’est pas grave, vous repassez le lendemain. J’avais besoin d’une certaine douceur de vivre.

Le truc local auquel tu as eu le plus de mal à t’habituer?

Les horaires de travail: c’est difficile de joindre les gens! Contrairement aux clichés, les Espagnols commencent à travailler assez tôt. Mais à 11h, tout le monde sort du bureau pour prendre le petit-déjeuner pendant une bonne demi-heure. Retour pour travailler (un peu) suivi de deux heures de déjeuner, de 14h à 16h. Les vendredi après-midi, les bureaux sont désertés et en été, on oublie: les gens ne travaillent pas l’après-midi. Pour y être expat’ c’est génial, pour monter sa boîte un peu moins.

Celui dont tu ne peux plus te défaire?

L’apéro à l’espagnole avec les “cañas” systématiques, sous n’importe quel prétexte, avec n’importe qui, tous les jours de la semaine. Bonjour les kilos.

Le jour où tu t’es sentie chez toi à Madrid?

Le jour où nous avons emménagé dans nos locaux. Un superbe appartement du centre au dernier étage avec deux énormes terrasses et des vues imprenables sur la ville.

Ton plat préféré ici?

Pour 3 euros, le pincho de tortilla de patatas aux oignons caramélisés. Miam.

Ce qui te manque le plus de la France?

Rien de concret mais plein de petits riens: le sens de la répartie, les dîners d’amis chez les amis (on reçoit très peu chez soi), la niaque, les PV de stationnement à 11 euros, le verre de vin lors des sorties, radio Nostalgie en salle d’attente, mon vélo, mes amis que je vois trop peu. Bref, la “françitude”…

 

Mon carnet d’adresses

La tomata cantine mexicaine madrid

Mon boui boui: Ça change tout le temps. En ce moment c’est La Tomata, mini cantine mexicaine tenue par un couple adorable qui s’est fait la main dans un resto étoilé de Madrid. C’est minuscule, bruyant, délicieux, et vraiment pas cher. Commander la Margarita de Jamaica ou leur Michelada et les panuchos de cochinita pibil.

Mon bar chic: Le 1862 DryBar, ce n’est pas le plus chic mais c’est le temple du cocktail cool. Oubliez la carte, dites à Alberto ce que vous aimez et il prépare un cocktail exprès pour vous.

La visite que je recommanderais à tous mes amis: Le Toni2, un piano-bar-karaoké déjanté où se mêlent serveurs en nœud papillon, pianiste ronchon, ex-Miss Venezuela des 70’s, vieux du quartier qui se prennent pour Pavarotti, et la jeunesse dorée pour chanter tous ensemble autour d’un piano à queue les classiques de Sabina, Piaf, Sinatra. Il faut tenir jusqu’à tard, car jusqu’à 1h, c’est encore vide, mais ça vaut le coup.

Propos recueillis par Myriam Levain


1. Dans cette vidéo, des femmes sourdes racontent comment elles vivent avec l’endométriose

Si vous ne deviez regarder qu’une vidéo aujourd’hui, ce serait cette émission de L’Œil et la main, diffusée sur France 5, sur les difficultés rencontrées par les femmes sourdes victimes de cette maladie, et leur manque d’accès à l’information.
Chloé Pueyo, DR - Cheek Magazine
Chloé Pueyo, DR

3. Féminicide: pourquoi la France a-t-elle tant de mal à reconnaître ce terme?

Chaque année, plus d’une centaine de femmes sont assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint en France. Ces crimes sont des féminicides, à savoir des meurtres de femmes parce qu’elles sont des femmes. Inscrit dans le droit de nombreux pays latino-américains, la France commence seulement à intégrer le féminicide à son vocabulaire. Un lent processus de reconnaissance qui permet une meilleure visibilité de ces crimes sexistes.  
Chloé Pueyo, DR - Cheek Magazine
Chloé Pueyo, DR

4. Au Chili, son film sur l'avortement a créé le scandale

À la veille de l’élection présidentielle au Chili, un pays très conservateur en matière de droits des femmes, on a rencontré Constanza Figari, la réalisatrice d’un film coup de poing sur l’avortement.
Chloé Pueyo, DR - Cheek Magazine
Chloé Pueyo, DR

7. La success story de la Zumba en France, c’est à elle qu’on la doit

Alix Pfrunder a contribué à populariser la Zumba en France en montant sa propre école de danse. Elle nous raconte cette aventure entrepreneuriale teintée de musiques latines dans une interview “Workaholic”.
Chloé Pueyo, DR - Cheek Magazine
Chloé Pueyo, DR