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Comment l'armée drague-t-elle les femmes?

Milieu masculin par excellence, l’armée attire chaque année de nombreuses jeunes femmes. Première expérience professionnelle, envie de découvrir le monde ou de défendre son pays, qu’est-ce qui plaît vraiment aux nouvelles recrues?
Des femmes militaires au ministère du droit des femmes en juillet 2012, Flickr Creative Commons © DR
Des femmes militaires au ministère du droit des femmes en juillet 2012, Flickr Creative Commons © DR

Des femmes militaires au ministère du droit des femmes en juillet 2012, Flickr Creative Commons © DR


A la guerre comme à la guerre! En ces temps de crise où le taux de chômage des 15-24 ans atteint les 24,6% et où les CDI sont en voie de disparition, l’armée peut constituer une alternative séduisante pour beaucoup. En effet, qu’elle soit de terre, de mer ou de l’air, l’institution militaire recrute chaque année des milliers de jeunes. Et parmi eux, de nombreuses femmes garnissent les rangs des engagés. Depuis la fin des années 90 et l’avènement de la professionnalisation de l’armée, le métier de militaire se banalise. “Quand on est une jeune femme ou un jeune homme et qu’on a une qualification qui intéresse l’armée, elle devient une institution comme une autre dans laquelle on peut exercer pour la première fois dans le monde du travail”, confie Sébastien Jakubowski, co-auteur avec Claude Weber de Être militaire dans l’armée de terre. Il ajoute : “Je dis “pour la première fois” car c’est plus généralement le cas et aussi dans la mesure où, plus on est jeune, plus on intéresse l’armée.

 

Nouveau visage

Même si on y exerce un métier comme un autre, l’armée est une micro-société régie par des règles, des normes, des valeurs auxquelles les engagées sont attachées. Et l’égalité de traitement en fait partie. “Contrairement à d’autres entreprises, au sein des armées, les hommes et les femmes, à grade équivalent, touchent la même solde”, explique Claude Weber, sociologue et maître de conférence à Saint-Cyr. Toutefois, il tient à nuancer ses propos: “La culture militaire est un monde masculin, viril, ce qui se traduit par le fait qu’on leur demande de faire doublement leurs preuves.” Jusqu’en 1998, des quotas empêchaient les femmes d’accéder à certains postes et aujourd’hui encore, il est plus compliqué pour elles de se hisser aux postes les plus prestigieux. Enfin, les missions confiées aux forces armées ont évolué et les nouveaux soldats s’engagent aussi pour faire la paix et soutenir des actions humanitaires aux quatre coins du monde. Pour comprendre ce qui pousse les femmes vers l’armée, Cheek Magazine a donné la parole à trois engagées. 

 

Témoignages

Emmanuelle, 25 ans, coordinatrice de projet chez un fournisseur de la marine nationale, Paris

Les femmes dans l'armée Emmanuelle Moreau © Laetitia Prieur

Emmanuelle s’est engagée dans la marine durant un an, © Laetitia Prieur/Cheek Magazine

“Je suis Brestoise et je viens d’une famille de marins: mon père et mon grand-père étaient dans la marine, mon frère aussi y a fait un passage. J’ai toujours entendu des histoires sur la marine et quand j’avais 13 ans, j’ai appris qu’on pouvait y devenir prof d’anglais. J’ai gardé ce rêve dans un petit coin de ma tête et, comme à la fin de mes études à Sciences Po, je n’avais pas d’idée de carrière précise, je me suis engagée comme volontaire officier aspirant (VOA) pendant un an entre 2010 et 2011. Dans mon cursus scolaire, il n’y avait que des gens plutôt aisés et en entrant dans la marine, j’avais aussi envie de me confronter à d’autres personnes. J’étais commissaire de la marine, et je m’occupais des finances, des ressources humaines, de la logistique, des relations publiques… J’ai hésité à rempiler parce que le métier me plaisait beaucoup, j’ai eu de grandes responsabilités et j’ai fait des escales incroyables. Mais il y a avait des inconvénients, notamment être en mer neuf mois par an et ne pas voir sa famille ou ses amis.”

 

Adeline, 30 ans, officier sous contrat spécialiste en communication, Castelnaudary

“Pendant mes études de droit et de communication, j’ai fait des stages au service communication de l’armée de terre et c’est comme ça que j’ai décidé de m’engager en 2006. Je savais qu’en terminant mes études, j’aurais un travail avec des responsabilités, des gens sous mes ordres et que je pourrais partir à l’étranger, ce qui me tentait également. J’ai fait mes classes à Saint-Cyr Cöetquidan pour apprendre les bases du métier de soldat. Ce qui me plaît dans l’armée: les hommes et les femmes sont payés au grade, donc à niveau égal, ils ont le même salaire et on peut évoluer rapidement. C’est un milieu enrichissant et pour moi c’est plus qu’un simple travail. On se lève pour aller travailler mais on ne retrouve pas que des collègues, c’est une famille. Pour le moment, je ne me vois pas travailler ailleurs, je me sens à ma place.”

 

Marine Baron, 30 ans, étudiante en master de droit et auteure de Lieutenante: Être femme dans l’armée française, Paris

“Je me suis engagée car ça me semblait être un milieu intéressant, vivant où il y avait de l’action. J’ai choisi la marine car je suis tombée sur une fiche de poste qui correspondait à mes études et je suis donc devenue officier sous contrat. J’étais chargée de communication, je donnais des cours d’histoire mais j’ai pris l’hélicoptère, des embarcations rapides sur l’eau, fait du parachute… J’ai atterri à Lorient dans une unité où 98% des militaires étaient des hommes. Beaucoup d’entre eux ne supportaient pas qu’il y ait des femmes dans ce métier et je n’étais pas acceptée. J’ai eu un chef qui sabotait mon travail, je sais qu’on peut aussi rencontrer ce genre de problème dans le civil mais j’ai bien senti que c’était lié au fait que je sois une femme. On me faisait des réflexions grivoises et misogynes, on m’appelait par mon prénom ou on me tutoyait… J’ai tenu deux ans et j’ai quitté la marine. Quand j’étais dans l’armée, si on m’avait demandé comment ça se passait, j’aurais répondu que tout se passait bien, que tout me paraissait normal. Je pense que c’est à cause du devoir de réserve. Consciemment et inconsciemment, il y a de l’autocensure.”

Stéphanie Semedo

Des journées d’études consacrées à la féminisation des forces armées auront lieu les 12 et 13 novembre au Musée de l’Armée, 129 Rue de Grenelle, 75007 Paris. Renseignements et inscriptions sur http://www.st-cyr.terre.defense.gouv.fr/


1. Une étude dénonce le traitement sexiste du foot féminin dans les médias

Jeudi dernier, les membres des Dégommeuses, l’association de foot sportive et militante, ont publié les résultats de leur étude sur la médiatisation du football féminin en France.
Des femmes militaires au ministère du droit des femmes en juillet 2012, Flickr Creative Commons © DR - Cheek Magazine
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2. Que les hommes savent-ils vraiment des règles?

Après sa vidéo sur l’orgasme féminin, le site Babe a cherché à savoir ce que les hommes savaient au sujet des règles. 
Des femmes militaires au ministère du droit des femmes en juillet 2012, Flickr Creative Commons © DR - Cheek Magazine
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3. L’asso Lallab s’oppose à la pénalisation du harcèlement de rue en 8 arguments

On a lu pour vous cet article -vivement critiqué- de l’association féministe Lallab qui expose 8 raisons de s’opposer à la pénalisation du harcèlement de rue et on vous le conseille fortement.
Des femmes militaires au ministère du droit des femmes en juillet 2012, Flickr Creative Commons © DR - Cheek Magazine
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4. L'humoriste Tristan Lopin s'attaque à l'affaire Harvey Weinstein

Si vous ne deviez voir qu’une seule vidéo aujourd’hui, ce serait celle de l’humoriste Tristan Lopin qui revient sur l’affaire Harvey Weinstein. 
Des femmes militaires au ministère du droit des femmes en juillet 2012, Flickr Creative Commons © DR - Cheek Magazine
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5. Sandrine Lecointe aide à reboiser Madagascar grâce à des cosmétiques naturels

La jeune entrepreneure franco-malgache a lancé Madagas’Care, une ligne de cosmétiques aux extraits de plantes de Madagascar qui réinvestit une partie des bénéfices dans la protection de l’environnement dans son île d’origine.
Des femmes militaires au ministère du droit des femmes en juillet 2012, Flickr Creative Commons © DR - Cheek Magazine
Des femmes militaires au ministère du droit des femmes en juillet 2012, Flickr Creative Commons © DR

7. Delphine Horvilleur: “Les religions doivent encore trouver leur pensée féministe critique”

Delphine Horvilleur est l’une des rares femmes rabbins en France et publie aujourd’hui Des mille et une façons d’être juif ou musulman, cosigné avec l’islamologue Rachid Benzine. Ils proposent dans cet ouvrage de renouveler et moderniser l’approche des traditions religieuses. 
Des femmes militaires au ministère du droit des femmes en juillet 2012, Flickr Creative Commons © DR - Cheek Magazine
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