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Interview contributrice

Elle a soutenu Cheek: Sarah Sauquet, prof de lettres et créatrice d'applis

Grâce à leur généreuse participation lors de notre campagne Ulule, ces femmes et ces hommes ont permis à Cheek de voir les choses en grand. On est parties à leur rencontre. 
© Nicolas Auproux
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Vous avez été plus de 500 à participer à notre campagne de crowdfunding sur Ulule fin 2016 et on ne vous remerciera jamais assez. Pour vous connaître un peu mieux, on a posé quelques questions à nos plus généreux donateurs et donatrices: aujourd’hui, Sarah Sauquet, prof de lettres et créatrice d’une appli qui vise à faire redécouvrir les textes classiques. Nous avions déjà repéré son travail en 2016 et entretemps, cette fervente lectrice de Cheek a publié un livre aux éditions Eyrolles, La Première fois que Bérénice vit Aurélien, elle le trouva franchement conL’occasion rêvée de prendre de ses nouvelles et de refaire les présentations. 

 

Peux-tu te présenter en quelques lignes?

Professeure de lettres dans un lycée défavorisé, je suis passionnée de littérature classique. Croyant plus que tout à l’élévation par la culture, et par les livres, je cherche à inciter mes élèves, comme le plus grand nombre, à lire des classiques. En ce sens, j’ai créé plusieurs outils numériques autour de la littérature (blog, applications). Je viens également de publier, aux éditions Eyrolles, La Première fois que Bérénice vit Aurélien, elle le trouva franchement con, un ouvrage drôle et décalé qui revisite les classiques sous l’angle de la séduction. J’essaie, en somme, de vulgariser la littérature classique sans, je l’espère, trop la dénaturer.

Pourquoi avoir soutenu Cheek?

J’ai découvert Cheek Magazine il y a environ un an et demi, et c’est un émerveillement quotidien! Je trouve que c’est un magazine absolument passionnant, qui se renouvelle sans cesse et propose de très beaux portraits féminins, qui donnent littéralement foi en l’humanité. Qu’il s’agisse de faire le portrait d’une célébrité ou d’une personnalité plus anonyme, on sent que chaque sujet est traité avec la plus grande considération, et une honnêteté intellectuelle évidente. Pour moi, Cheek incarne le journalisme à l’état pur (Ndlr: à ce stade, nos têtes ne passent plus les portes).

“En tant que professeur, j’essaie d’expliquer à mes élèves l’extrême importance d’être indépendante financièrement et je les pousse à aller le plus loin possible dans leurs études.”

Le féminisme pour toi, c’est quoi?

Je pense que le féminisme peut s’incarner de plein de façons différentes et qu’il ne se résume surtout pas à une opposition hommes/femmes, comme on a trop souvent tendance à le caricaturer. Pour moi, le féminisme, c’est lutter pour les droits des femmes, mettre en avant les femmes et leurs combats, mais aussi la solidarité dont elles peuvent faire preuve, entre elles.

Au quotidien, comment le mets-tu en pratique?

En tant que professeure, j’essaie d’expliquer à mes élèves l’extrême importance d’être indépendante financièrement et je les pousse à aller le plus loin possible dans leurs études. J’essaie de les aider à prendre confiance en elles, à sortir de leur coquille, à participer en classe mais aussi à aller vers des voies auxquelles elles n’auraient pas nécessairement pensé. Je tente également de les inciter à sortir d’un consumérisme imbécile; et de leur expliquer qu’il y a d’autres modes d’expression et de singularisation que la séduction ou l’opposition! Enfin, leur proposer des lectures d’auteures, qu’il s’agisse de George Sand, Daphné du Maurier ou Fatou Diome, est une démarche essentielle. Les garçons y sont d’ailleurs particulièrement sensibles.

“De manière générale, les femmes qui incarnent et promeuvent la liberté m’inspirent.”

La ou les femmes qui t’inspire(nt)?

Il y en a beaucoup, et cela va de Camille Emmanuelle, l’auteure de Sexpowerment, à Elisabeth Badinter, en passant par Natacha Polony ou l’avocate Mary Plard, qui s’occupe des paternités imposées aux hommes. De manière générale, les femmes qui incarnent et promeuvent la liberté m’inspirent.

Ta chanson féministe par excellence?

Vous allez rire: Être une femme, de Michel Sardou.

Et ton film?

Norma Rae, avec Sally Field.

Le livre féministe que tout le monde devrait avoir lu?

Femmes qui courent avec les loups, de Clarissa Pinkola Estes: un appel à faire ressortir la “femme sauvage” qui est en nous! Dix ans après sa lecture, je ne m’en remets toujours pas!

Propos recueillis par la Cheek Team 


1. Agressions et harcèlement sexuels en série à Coachella

On a lu pour vous cet article, publié sur Teen Vogue, qui révèle les innombrables cas d’agressions et de harcèlement sexuels qui ont eu lieu cette année à Coachella et on vous le conseille fortement.  
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3. Le si féministe Québec à l'épreuve de #MeToo

C’est une province canadienne où les femmes se chargent de la drague, ne craignent pas de sortir en short et débardeur dès les beaux jours, et refusent la galanterie. Là bas, on féminise volontiers les métiers, les enfants portent couramment les noms de famille des deux parents, et un congé parental d’un an peut être divisé à part égale entre conjoints. Pourtant le mouvement #MeToo y a connu un écho retentissant. Qu’est-ce que ce phénomène a encore à apporter au si féministe Québec?
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4. Prévention sexuelle chez les lesbiennes: le grand vide

On a lu pour vous cet article de RTL Girls sur les stéréotypes qui entourent la sexualité lesbienne et ont un impact sur la santé des femmes homosexuelles et on vous le recommande fortement.
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7. Il n'y a rien de honteux à préférer les serviettes aux tampons

On a lu pour vous cette tribune, publiée sur Mashable, qui dénonce les moqueries visant les femmes qui utilisent des serviettes pendant leurs règles et on vous la conseille fortement.  
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