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Interview contributrices

Elles ont soutenu Cheek: Alexa Waxmann et Lisa Douët, fondatrices d'une marque de lifestyle-lingerie

Grâce à leur généreuse participation lors de notre campagne Ulule, ces femmes et ces hommes ont permis à Cheek de voir les choses en grand. On est parties à leur rencontre. 
Alexa Waxmann et Lisa Douët, DR
Alexa Waxmann et Lisa Douët, DR

Alexa Waxmann et Lisa Douët, DR


Vous avez été plus de 500 à participer à notre campagne de crowdfunding sur Ulule fin 2016 et on ne vous remerciera jamais assez. Pour vous connaître un peu mieux, on a posé quelques questions à nos plus généreux donateurs et donatrices: aujourd’hui, Alexa Waxmann et Lisa Douët, fondatrices de Dessù, une marque de “lifestyle-lingerie”. On fait les présentations. 

Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes?

Nous sommes Alexa Waxmann et Lisa Douët. Toutes les deux passionnées de mode, d’art et de création, nous nous sommes d’abord rencontrées au sein du bureau de prospective & tendances parisien NellyRodi. Notre métier consistait en grande partie à décrypter l’air du temps, comprendre les évolutions sociologiques et leur impact sur les consommateurs… Partant du constat que le secteur de la lingerie s’était endormi sur ses acquis et frustrées par une offre trop stéréotypée, nous avons décidé de créer une marque à notre image, qui s’adresse à notre génération. Avec des valeurs dont on se sent plus proches, nous avons fait émerger un projet original et créatif qui met en avant une autre vision de la féminité: Dessù est née.

Pourquoi avoir soutenu Cheek?

D’abord parce que Cheek nous parle vraiment, sans concession ni langue de bois et c’est rafraîchissant! En tant que jeunes femmes -proches de la trentaine-, nous nous sentons concernées par l’angle de Cheek, un magazine écrit par des femmes pour les femmes, qui aborde des sujets féminins sans tomber dans les sempiternels marronniers éditoriaux de la presse féminine. Et étant nous mêmes passées par une opération de crowdfunding pour le lancement de notre marque, nous avons eu envie de soutenir, à notre tour, une initiative qui nous parle et nous accompagne dans notre quotidien. Faire partie d’une communauté, partager des projets et des idées est pour nous un moteur d’inspiration dans notre vie d’entrepreneures, le projet de Cheek nous a donc séduites. 

Il y a autant de féminismes qu’il y a de femmes sur terre et c’est cette pluralité que nous trouvons intéressante.

Le féminisme pour vous, c’est quoi?

Au delà de la portée politique du féminisme, on se sent féministes avant tout parce que nous sommes des femmes. Le féminisme est pour nous un concept qui renvoie à des significations multiples: il y a autant de féminismes qu’il y a de femmes sur terre et c’est cette pluralité que nous trouvons intéressante. C’est aussi ce que nous valorisons à travers notre marque de lingerie en s’attachant à diffuser une féminité multi-facettes, sans clichés ni stéréotypes. Plus personnellement, et dans notre vie quotidienne, nous nous sentons évidemment concernées par les questions de société liées aux droits des femmes, c’est un combat qui nous concerne toutes et qui est toujours d’actualité en France et dans le monde en 2017. 

Au quotidien, comment le mettez-vous en pratique?

D’abord, par le choix de notre projet professionnel: créer une marque de lingerie pour les femmes de notre génération en véhiculant une image de la féminité qui soit à la fois réaliste et bienveillante. Cette nouvelle vision, nous la diffusons dans notre offre lingerie qui répond aux différentes envies des femmes d’aujourd’hui en réconciliant le besoin de confort et l’envie de se sentir belle. 

Les femmes qui nous inspirent ont toutes en commun leur liberté d’esprit, leur indépendance créative et professionnelle, leur pluralité assumée et une certaine irrévérence.” 

La ou les femmes qui vous inspire(nt)?

Beaucoup de femmes nous inspirent et nous accompagnent dans notre quotidien de jeunes créatrices. Que ce soit des icônes artistiques et des personnalités politiques (Frida Khalo, Pina Bausch, Golshifteh Farahani, Leïla Slimani, Houda BenyaminaMalala Yousafzai) ou bien des femmes plus proches de nous, elles ont toutes en commun leur liberté d’esprit, leur indépendance créative et professionnelle, leur pluralité assumée et une certaine irrévérence. 

Votre chanson féministe par excellence? 

Just a girl de No Doubt, pour son ton ironique et son refus de percevoir les femmes comme des petites choses fragiles incapables d’affronter le monde extérieur. 

Et votre film?

Frances Ha pour son héroïne spontanée, fraîche et naturelle, un poil à côté de la plaque et qui nous fait beaucoup rire.

Le livre féministe que tout le monde devrait avoir lu?

Il ne s’agit pas d’un manifeste féministe mais la trilogie d’Elena Ferrante nous a marquées. Sur fond d’une Italie des années 50 en plein boom économique, l’auteure dresse le portrait de deux héroïnes inoubliables à travers une amitié dangereuse et fascinante que l’on suit tout au long de leur vie. Elle raconte avec passion et tendresse la complexité des personnages féminins, leur pugnacité face aux difficultés qu’elles traversent, leurs trajectoires que tout finira par opposer. Ce sont des femmes complexes, multiples et audacieuses qui nous inspirent beaucoup. 

Propos recueillis par la Cheek Team 


1. Sur leur site, ils racontent les histoires X de la génération Y

Ces deux entrepreneurs de la sextech ont lancé XYStories, un site qui pose toutes les questions sur le cul, et qui y répond, dans le but de décomplexer la parole sur le sujet. 
Alexa Waxmann et Lisa Douët, DR  - Cheek Magazine
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5. Dans cette vidéo, des femmes sourdes racontent comment elles vivent avec l’endométriose

Si vous ne deviez regarder qu’une vidéo aujourd’hui, ce serait cette émission de L’Œil et la main, diffusée sur France 5, sur les difficultés rencontrées par les femmes sourdes victimes de cette maladie, et leur manque d’accès à l’information.
Alexa Waxmann et Lisa Douët, DR  - Cheek Magazine
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7. Féminicide: pourquoi la France a-t-elle tant de mal à reconnaître ce terme?

Chaque année, plus d’une centaine de femmes sont assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint en France. Ces crimes sont des féminicides, à savoir des meurtres de femmes parce qu’elles sont des femmes. Inscrit dans le droit de nombreux pays latino-américains, la France commence seulement à intégrer le féminicide à son vocabulaire. Un lent processus de reconnaissance qui permet une meilleure visibilité de ces crimes sexistes.  
Alexa Waxmann et Lisa Douët, DR  - Cheek Magazine
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