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La culotte menstruelle: une vraie révolution?

Après la coupe menstruelle, les serviettes lavables en tissu ou le flux instinctif, la dernière innovation menstruelle en date est une culotte qui, sous ses airs de banal sous-vêtement, serait capable d’absorber le flux menstruel. Une révolution dans nos culottes?
© Thinx
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En ce début de XXIème siècle, les femmes demandent que menstruations ne riment plus avec pollution, complications ou perte de pognon. Parallèlement à la mise à bas du tabou des règles et suite à des scandales comme celui de la composition secrète des tampons, nous voyons donc fleurir des alternatives aux traditionnels serviettes et tampons hygiéniques. Parmi celles-ci, la culotte menstruelle. Une nouveauté qui réjouit celles qui n’apprécient pas les tampons et autres cups. Une redécouverte plutôt qu’une découverte car, sous sa forme archaïque, la culotte menstruelle était déjà utilisée par nos arrières grands-mères sous la forme d’épaisses bandes de tissu absorbant fixées sur des “ceintures culottes” parfois elles-mêmes surmontées d’un tablier waterproof. Bref, un véritable “arsenal menstruel”.

Publicité pour ceintures, tampons et tabliers sanitaires menstruels, Smyth Catalog, 1916.

Rassurez-vous, rien à voir avec la culotte menstruelle moderne. Car ce sous-vêtement utilitaire a fait son grand retour sous un look bien plus discret. Si discret qu’on le confondrait presque avec une culotte classique. Ce qui a permis cette évolution? Le développement de nouveaux matériaux particulièrement absorbants placés en couches ultrafines superposées et cousues de manière invisible dans le fond de la culotte*. Résultat: une protection qui passe totalement inaperçue et à peine plus épaisse au toucher.

Côté prix, comptez 25 à 35 euros pour une culotte classique ou shorty, 20 à 30 euros pour un modèle string.

En coton, en élasthanne, classique ou plus sexy, voire en version string, le choix est assez large et le style éloigné de la culotte de grand-mère. La première question que se posent la plupart des femmes est la suivante: est-ce que c’est vraiment hygiénique? Si utilisé comme il faut, oui. Les matériaux utilisés sont traités pour avoir des propriétés antimicrobiennes et évacuent l’humidité tout en restant étanches. Ceci dit, à chacune de se changer dès qu’elle en ressent le besoin. Autre interrogation: ça absorbe l’équivalent de combien de tampons? Jusqu’à deux pour les modèles les plus couvrants -l’équivalent de 10ml pour celles qui connaissent leur flux grâce à leur cup-, un demi pour les modèles type string. Enfin, pour l’entretien, c’est assez simple. Vous rincez votre culotte avant lavage puis vous pouvez la glisser dans un filet et la mettre à laver avec le reste du linge (en faisant attention de ne pas ajouter d’adoucissant ce qui affaiblit l’efficacité du traitement antibactérien).

La plupart des marques actuellement présentes sur le marché sont anglophones et accessibles uniquement en ligne : Thinx, Luna Pad, Dear Kate, Adira, Anigan, Modibodi ou encore Pad Kix. Côté prix, comptez 25 à 35 euros pour une culotte classique ou shorty, 20 à 30 euros pour un modèle string. Prévoyez d’en acheter au moins plusieurs exemplaires afin de couvrir la totalité de votre période menstruelle (notamment parce qu’elles mettent parfois longtemps à sécher après lavage).

La culotte menstruelle : une vraie révolution?

© Thinx 

Dans la vie quotidienne, ça donne quoi?

Comme toujours, la réalité est malheureusement plus nuancée que la théorie. D’abord, la culotte menstruelle ne suffit généralement pas à absorber un flux menstruel moyen à fort. Ainsi, de nombreuses utilisatrices ayant tenté de se passer totalement de tampons ou de cup pour ne se fier qu’à leur culotte menstruelle ont eu la désagréable surprise de se retrouver au bout d’une heure ou deux dans un sous-vêtement détrempé et en train de tacher leurs habits. En particulier après une activité sportive type course à pied ou cours de boxe. D’autres expliquent que la protection a plutôt bien fonctionné jusqu’au moment où elles ont vu apparaître des fuites sur les côtés de la culotte. Enfin, certaines lui reprochent de ne pas totalement éviter les odeurs ni la sensation d’humidité.

Marina, 27 ans, qui tient Le Blog Bleu, utilise les culottes de la marque Thinx depuis 8 mois et en est plutôt satisfaite: “Les premiers jours de mes règles, j’utilise la cup et une culotte menstruelle. Cela me permet de gérer les fuites intempestives liées à mon flux abondant. Ensuite, je passe à la culotte seule quand je suis chez moi, quitte à la changer plusieurs fois dans la journée. D’autre part, comme j’ai pris la pilule pendant trois mois pour des raisons médicales, j’ai utilisé les culottes de façon quasi quotidienne pour gérer le spotting. C’était super confortable ! Rien à voir avec les protège-slips et autres serviettes. J’apprécie la facilité d’utilisation. C’est si confortable qu’on a l’impression de ne pas être protégée et au début, ça fait un peu bizarre!

La culotte menstruelle : une vraie révolution?

© Thinx 

Ainsi, pour la plupart des femmes, la culotte menstruelle ne constitue pas une protection hygiénique à part entière mais plutôt un complément, une façon d’assurer ses arrières et de moins craindre qu’une fuite abîme un vêtement ou ne se remarque. Il n’y a que chez les femmes au flux léger (ou lors des premiers et derniers jours des règles et la nuit quand la position horizontale diminue l’écoulement) que la culotte menstruelle peut être envisagée comme une protection efficace.

 

 

De son côté, Julie, du blog Kinoko, parle de son expérience de manière décomplexée dans une vidéo bilan après six mois d’utilisation (cf. ci-dessus). Pour elle, ça reste “toujours efficace” même après six mois de multiples nettoyages, et c’est surtout “vraiment agréable à porter et très confortable par rapport à des serviettes classiques, il n’y a aucune irritation”. Elle avance aussi le côté pratique -“pas de cup à vider au boulot”- malgré “deux gros points négatifs”: les odeurs et les fuites sur le côté qui lui ont parfois rappelé de “vieux souvenirs de collégienne”.

Après quelques déboires et un changement dans mon flux, je les utilise surtout les deux premiers ou deux derniers jours de mes règles où mon flux est moyen/faible car la capacité d’absorption avec un flux fort n’est pas suffisante et des accidents peuvent arriver, assure-t-elle. J’apprécie la simplicité, l’efficacité, le côté écolo -on ne jette plus rien. On ne sent rien -pas l’impression de porter une couche ou un capuchon dans son vagin-, c’est réutilisable après lavage et pas cher au bout du compte car on les garde longtemps.

 

Des nanoparticules dans nos culottes?

Pour que leurs produits aient des propriétés antimicrobiennes, certaines marques à l’image de Thinx traitent le tissu absorbant avec une application d’argent. Ce traitement peut-il être dangereux pour la santé, fait-il appel à des nanoparticules? Ces dernières inquiètent car elles sont plus petites que nos cellules, peuvent facilement traverser le corps et potentiellement se stocker ou avoir des effets néfastes sur certains organes. Or l’argent n’est justement pas biodégradable et s’accumule dans le corps. Voici la réponse de la marque Thinx: “Le traitement est fait en utilisant de la zéolite qui contient de l’argent sous forme ionique plutôt que sous forme métallique ou colloïdale. Il n’y a donc pas de migration du produit. La même technologie est utilisée dans des produits à usage médical.” Après plusieurs échanges par mail, la marque ne dira jamais clairement si oui ou non ses produits utilisent des nanoparticules. Nos recherches montrent que le type de traitements antimicrobiens, comme celui utilisé par Thinx, contiennent bien des nanoparticules d’argent intégrées dans la zéolite. Elles sont pour l’heure classées comme non toxiques mais quelques études montrent un effet toxique chez certains poissons et leurs embryons. Comme elles se libèrent dans l’eau de lavage, elles peuvent aussi avoir des effets polluants sur la faune. Concernant l’humain, de manière générale, les effets des nanoparticules sont encore aujourd’hui mal connus et évalués. 

Le bilan est donc contrasté. La culotte menstruelle apporte un confort non négligeable au travail, dans des moments intimes ou pendant une compétition sportive. Elle permet d’éviter à des femmes de voir leurs pensées ou leur estime d’elles-mêmes parasitées par la peur d’une fuite, ce qui est déjà en soi une petite avancée féministe. Mais elle n’est pas la révolution que l’on attendait car elle constitue seulement un complément et utilise parfois des matériaux sur lesquels nous avons peu de recul en termes sanitaires.

Sabrina Debusquat 

*Attention, certaines marques vendent sous l’appellation “culotte menstruelle” des culottes qui intègrent en fait une serviette hygiénique lavable en tissu ce qui n’a absolument pas le même rendu côté épaisseur.


3. Sur leur site, ils racontent les histoires X de la génération Y

Ces deux entrepreneurs de la sextech ont lancé XYStories, un site qui pose toutes les questions sur le cul, et qui y répond, dans le but de décomplexer la parole sur le sujet. 
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7. Dans cette vidéo, des femmes sourdes racontent comment elles vivent avec l’endométriose

Si vous ne deviez regarder qu’une vidéo aujourd’hui, ce serait cette émission de L’Œil et la main, diffusée sur France 5, sur les difficultés rencontrées par les femmes sourdes victimes de cette maladie, et leur manque d’accès à l’information.
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