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Les Dégommeuses: l'équipe de foot qui tacle le sexisme

Alors que l’Euro bat son plein, on a rencontré l’équipe entièrement féminine des Dégommeuses, qui luttent contre les discriminations à travers le foot. 
© Mac K Pelgrims
© Mac K Pelgrims

© Mac K Pelgrims


Avec l’Euro 2016, le football s’inscrit au cœur de nos vies. Nous allons emplir les bars et vider des verres, nous transformons nos salons en gradins de stade, nous calons notre respiration sur les actions de Griezmann, Payet ou Pogba… Dans les stades et derrière les écrans, nous sommes nombreuses à vibrer au rythme de l’Euro. Mais, sur la pelouse ou en une des journaux, pourtant, rien que des hommes. Développé au XIXème siècle dans les “public schools”, des écoles privées huppées de garçons, le football est devenu un sport masculin dans l’imaginaire collectif. Un cliché que l’association Les Dégommeuses veut déconstruire.

Déterminées à changer la donne, les joueuses ne laissent jamais leurs convictions au vestiaire.

Femmes et hommes, lesbiennes ou trans, ces joueuses de foot zlatanent les préjugés à coups de crampons et de coups francs. Créée en janvier 2012, cette association lutte, dans et par le sport, contre le sexisme, l’homophobie, la transphobie et les discriminations en général. Déterminées à changer la donne, les joueuses ne laissent jamais leurs convictions au vestiaire et se battent pour rétablir les valeurs de tolérance, de partage et d’entraide, injustement oubliées d’un milieu footballistique devenu obnubilé par l’argent. 

Réunies autour de la passion du ballon rond, elles disputent des matchs deux fois par semaine au stade Louis Lumière dans le 20ème arrondissement de Paris. L’occasion d’aller discuter avec ces femmes engagées, qui jonglent avec brio entre la pratique sportive et l’activité militante. Rencontre avec Veronica Noseda, secrétaire générale, joueuse et l’une des porte-parole de l’équipe. 

 

 

Comment avez-vous eu l’idée de créer Les Dégommeuses?

Au départ, c’était le projet de notre présidente Cécile Chartrain, qui a voulu monter une équipe pour un seul tournoi. Au fur et à mesure, l’idée a attiré des filles ayant eu des expériences un peu compliquées avec le foot. Puis, on a vraiment pris conscience que le sport était un moyen assez génial de sensibiliser le public et les médias à certaines thématiques que l’on voulait défendre.

Est-ce une volonté que l’équipe soit uniquement féminine?

Nous défendons l’idée d’avoir nous aussi le droit à un espace protégé pour des femmes et transsexuelles ayant subies des discriminations, et n’ayant pas particulièrement envie d’entendre des remarques hétérosexistes dans les vestiaires. Mais nous voulons tout de même défendre la mixité sur le terrain, même si ce n’est pas toujours simple. Encore aujourd’hui, les hommes ont tendance à ne se passer la balle qu’entre eux. Notre combat n’est donc pas fini, nous devons continuer d’être actives.

La couverture médiatique du football féminin est très faible. Pourquoi?

En effet, le foot féminin a depuis très longtemps été méprisé. Mais les compétitions sont de plus en plus retransmises sur des chaînes, et TF1 vient même d’acheter les droits de diffusion de la coupe du Monde de 2019. Il faut aussi souligner que D8 et W9 ont réalisé des records d’audience en diffusant des matchs de football féminin.

 

Les Dégommeuses baskets gay © Cha Fallard 

© Cha Fallard 

Quelles sont les réactions discriminantes qu’il vous arrive de recevoir?

Ce sont souvent des petites railleries comme “une gonzesse ne devrait pas jouer au foot” ou pourquoi t’enlèves pas ton tee-shirt?”. Heureusement, ce n’est pas tous les jours et les mentalités évoluent vers le positif.

Concrètement, quelles actions mettez-vous en place pour lutter contre les préjugés?

Comme il n’est jamais trop tôt pour initier des réflexions, et que la jeunesse est l’avenir, nous menons des actions pédagogiques et de sensibilisation principalement dans les écoles, mais également lors de rencontres et débats avec des personnes de tous les âges.

En France, le foot féminin commence de plus en plus à se développer.” 

Le football féminin est plus développé aux États-Unis qu’en France: pourquoi?

Je dirais qu’il y a une plus grande diversité et variété de profils. Il n’y a pas un modèle qui est davantage mis en avant qu’un autre. Quelle que soit leur orientation sexuelle, couleur de peau ou origine sociale, les femmes pratiquent ce sport, ce qui permet de s’identifier plus largement. Mais en France, le foot féminin commence de plus en plus à se développer. 

Quel est votre programme pendant l’Euro 2016?

Comme tout le monde, on organise des soirées et on regarde les matchs. Même si certaines d’entre nous sont en rupture avec le foot masculin, elles sont devant leurs écrans. Nous sommes des passionnées de football avant tout.

Propos recuellis par Solenn Cordroc’h


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