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Dossier Femmes et pouvoir / En partenariat avec le CFPJ

COP21: “On est en 2045, tu es à Paris, il fait 47° et tu ne peux même pas aller au taf”

Thème barbant et abstrait pour certains, rabâchage médiatique pour d’autres, la COP21, qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre à Paris, ne passionne pas les foules. Pourtant, elle concerne tout le monde. Delphine Blumereau, présidente de l’association CliMates, nous emmène en 2045, dans ce futur où la COP21 serait déjà un lointain souvenir et la COP51 toute proche. Action.  
© Dino Tomasi pour Cheek Magazine
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Elle a tout juste 23 ans et déjà une assurance capable, on l’imagine, de déstabiliser le plus virulent de ses adversaires. Delphine Blumereau a réalisé l’importance des enjeux climatiques lors d’un couchsurfing en Nouvelle-Zélande, il y a trois ans. “Un matin, en faisant chauffer mon thé, le mec qui m’hébergeait m’a fait comprendre que le moindre geste effectué consommait de l’énergie, raconte la jeune femme. Il m’a montré comment en utiliser moins, en plaçant, le soir sur le rebord de la fenêtre, la bouilloire entourée de scotch de manière à ce que l’eau soit tiédie par le soleil du levé.” C’est le déclic. 

Aujourd’hui, fraîchement diplômée en Affaires internationales, Delphine Blumereau préside l’association CliMates créée en 2011 par un groupe de potes de Sciences Po Paris. Son but? Réunir des jeunes du monde entier et leur octroyer financements et outils de communication. Des ressources nécessaires pour mener à bien des projets luttant concrètement contre le réchauffement climatique dans leur région: équiper une ville de poubelles collectives, planter des arbres ou distribuer gratuitement les invendus alimentaires. Bref, agir simplement sur le quotidien des gens afin de lutter durablement contre les émissions de gaz à effet de serre. Au quotidien, CliMates intervient également dans les écoles pour sensibiliser les jeunes générations aux enjeux globaux du réchauffement climatique.

“La sécheresse massive frappe tous les pays. Des villes d’Asie, d’Europe, d’Amérique et d’Afrique ont été submergées par les eaux.” 

Sur le devant de la scène

L’association participe à la 11ème conférence des jeunes sur le climat qui se tiendra du 26 au 28 novembre à Villepinte, quelques jours avant la COP21. Orchestrée par YOUNGO, collectif de jeunes ONG internationales et organisée par plusieurs associations écologistes, cette 11ème conférence s’annonce plus concrète que jamais. Répartis dans différents espaces, plus de 5000 jeunes venus des quatre coins du monde sont attendus pour parler de leur comportement au quotidien. Emploi, consommation, mode de vie, production et vivre ensemble sont les thèmes principaux de ces trois jours d’ateliers et de discussions. L’occasion idéale pour rappeler à la raison vos ami(e)s les plus écolo-sceptiques. 

L’arme fatale de la persuasion? La projection dans le futur. On a donc rejoint Delphine Blumereau dans un petit café de la rive gauche de Paris pour un saut dans le pire des mondes. Nous sommes en juillet 2045 et la COP51 approche, voici venu le temps de l’interview “Fin du monde”.

Les accords de la COP21 qui s’est tenue à Paris en décembre 2015 ont-ils été concluants?   

Ici, nous faisons face à plus de 50 années d’échec face à la crise climatique. Les discussions menées en 2015 à Paris et mises en application en 2020 n’ont absolument pas porté leurs fruits faute d’accord international. La sécheresse massive frappe tous les pays. Des villes d’Asie, d’Europe, d’Amérique et d’Afrique ont été submergées par les eaux.

New York a-t-elle été rayée de la carte?

New York? Bien sûr! Mais aussi le nord des Pays-Bas, ou bien encore en France, le littoral aquitain et la Camargue vivent leurs dernières heures.

“Depuis 35 ans les canicules se sont généralisées et sont chaque été quasi systématiques.”

Les gens fuient-ils leur pays?

Nous sommes face à une crise migratoire la plus importante de notre histoire. Le climat, qui était déjà en 2015 le premier facteur migratoire dans le monde, a poussé des millions de Philippins et d’Indiens hors des frontières. La crise de 2015 est minime comparée à ce qu’il se passe aujourd’hui…

Quelle température fait-il?

Depuis 35 ans les canicules se sont généralisées et sont chaque été quasi systématiques. Aujourd’hui, tu es à Paris, il fait 47 degrés et tu ne peux même pas aller au taf tellement il fait chaud. La climatisation généralisée des établissements est un vrai fléau,  plus il fait chaud, plus on climatise et plus on rejette de l’air chaud dans la ville et plus la température augmente dans l’agglomération, c’est un véritable cercle vicieux… On ne s’en sort pas.

Faire du sport ou se promener dans Paris sans masque est-il devenu impossible?

Les particules fines sont quotidiennement au dessus du seuil d’alerte (Ndlr: 80 microgrammes de poussières en suspension par mètre cube d’air par jour). Le principe est en réalité assez pervers.  Leur nombre est démultiplié lorsqu’il fait chaud. Mais cette pollution a également longtemps masqué la chaleur causée par l’augmentation des gaz à effet de serre, une sorte d’illusion de refroidissement. Alors oui, faire du sport est devenu difficile en plein Paris même si on a l’impression que ce n’est pas impossible.   

“Le tourisme français est en voie d’extinction. Les Alpes fondent, le sud-ouest a été grignoté par l’Atlantique et la Camargue submergée.” 

Peut-on encore boire un bon bordeaux en chillant au soleil?

Non! C’est tout le patrimoine viticole français qui est en péril. La hausse des températures implique une accélération de la maturation du raisin. Les vendanges sont désormais en juillet et le vin français va bientôt disparaître. Un pan du patrimoine s’effondre…   

Peut-on toujours partir en vacances en France?

Le tourisme français est en voie d’extinction. Les Alpes fondent, le sud-ouest a été grignoté par l’Atlantique et la Camargue submergée. Paris est devenu irrespirable, l’urgence est à la sauvegarde des êtres humains, pour le reste, il est trop tard. 

Condamne t-on les gens pour leurs crimes contre l’environnement? 

Franchement je l’espère vraiment. Tout le monde doit prendre ses responsabilités et, à terme, la législation internationale doit permettre plus facilement de condamner ceux qui n’ont pas pris les leurs en 2015.

Propos recueillis par Dino Tomasi


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