société

“Dress like a woman”, le livre qui retrace l'évolution du vestiaire des femmes au travail

Scientifiques, ouvrières, secrétaires, mathématiciennes… Le livre de photos Dress Like A Woman regroupe 300 clichés retraçant à la fois l’évolution du vestiaire des femmes au travail et mais aussi celle de leur rôle dans la vie active.
Une femme construisant un bombardier à Nashville, Tennessee, en 1943 (Alfred T. Palmer/Library of Congress, Prints & Photographs Division, FSA-OWI Collection)
Une femme construisant un bombardier à Nashville, Tennessee, en 1943 (Alfred T. Palmer/Library of Congress, Prints & Photographs Division, FSA-OWI Collection)

Une femme construisant un bombardier à Nashville, Tennessee, en 1943 (Alfred T. Palmer/Library of Congress, Prints & Photographs Division, FSA-OWI Collection)


Quand j’ai commencé mes études supérieures, je me suis dit que quand je deviendrai prof je devrais porter des costumes au travail, je devrais correspondre à l’idée que l’on se fait de quelqu’un qui possède un doctorat, quelqu’un qui a la qualification nécessaire pour gérer une classe”, écrit l’auteure Roxane Gay, qui signe la préface du livre de photos Dress Like A Woman (Ndlr: “Habille-toi comme une femme” en français).

logo inrocks

 

Le premier jour de son nouveau poste en tant qu’enseignante à l’université, l’auteure américaine raconte la différence qu’elle a perçue entre le dress code de ses collègues homme et femme: “Je me suis vite rendu compte qu’il n’y avait pas de look standard. J’avais des collègues homme qui donnaient des cours habillés de t-shirts sales et de jeans couverts de peinture. […] Mes collègues femmes, généralement plus jeunes et moins imposantes, portaient toujours des choses comme des blouses habillées et des blazers, car elles savaient que leur autorité serait forcément remise en question en raison de leur genre, leur carrure et leurs choix vestimentaires. En tant que femme quarantenaire de grande stature et assez imposante, je donne généralement mes cours en jean et chemises manches longues, parfois en t-shirt. Je porte des vêtements qui me permettent de me sentir confortable et pleine de confiance. C’est dans ces conditions que je m’habille comme une femme.” 

 

 

Universitaires, politiciennes, bûcheronnes

Cette préface donne le ton de l’ouvrage de photos Dress Like A Woman, qui compile environ 300 clichés de femmes au travail: des universitaires comme Roxane Gay, mais aussi des mathématiciennes, des scientifiques, des ouvrières, des bûcheronnes, des employées de bureau… On y croise l’aviatrice Amelia Earhart, l’activiste Angela Davis, l’artiste Georgia O’Keeffe ou encore l’ex-première dame Michelle Obama. Un large panel de métiers et de milieux sociaux qui retrace à la fois l’évolution du vestiaire féminin, mais aussi celle du rôle de la femme dans la vie active.

À une époque où le dress code des femmes au travail fait débat -on se souvient quand Donald Trump a précisé qu’il préférait que ses collaboratrices “s’habillent comme des femmes”, une injonction qui a fait un tollé sur les réseaux sociaux et a donné le titre de ce livre-, Dress Like A Woman révèle la diversité des tenues portées par les femmes dans tous les corps de métiers, insistant sur le fait que s’“habiller comme une femme” peut avoir mille et une interprétations.

“Dress like a woman”, le livre qui retrace l'évolution du vestiaire des femmes au travail

Une ingénieure aérienne vérifie du matériel électrique à la Vega Aircraft Corporation à Burbank, Californie, en 1942 (David Bransby/Library of Congress, Prints & Photographs Division, FSA-OWI Collection)

 

De Malala à Hillary Clinton

Des vestes à épaulettes des années 80, portées par les femmes dans les open-space afin d’imiter les carrures masculines, aux dress codes réactionnaires de certaines institutions (en France, on pense notamment au jean “irrespectueux” de Cécile Duflot), Dress Like A Woman revient sur quelques épisodes où la tenue d’une femme a été mise en question par un corps de métier ou une partie de la société: l’avant-propos cite le dress code de 44 pages établi par la banque suisse UBS, conseillant à ses employées d’éviter de porter des chaussures trop inconfortables afin de ne pas “avoir un sourire trop forcé”…

De la Zambie à l’Irlande, de Malala à Hillary ClintonDress Like A Woman embrasse la totalité des possibilités vestimentaires de femmes au travail. Car finalement, comme le rappelle Roxane Gay à la fin de son avant-propos, s’habiller “comme une femme” revient tout simplement à “porter tout ce qu’une femme estime être approprié et nécessaire à l’exécution de son travail”. Que ce soit une combi d’ouvrière, une blouse de médecin ou une paire de faux cils.

Fleur Burlet 

Ce papier a été initialement publié sur le site des Inrocks.

Dress Like A Woman : Working Women and What They Wore, par Vanessa Friedman et Roxane Gay (Abrams Books, en anglais).

logo inrocks


1. Gay Games de Paris 2018: les mondiaux de la diversité en 15 photos Instagram

Du 4 au 12 août, Paris se met aux couleurs du drapeau LGBTQ pour célébrer les différences et combattre l’homophobie lors d’une compétition sportive qui tient de la célébration. 
Une femme construisant un bombardier à Nashville, Tennessee, en 1943 (Alfred T. Palmer/Library of Congress, Prints & Photographs Division, FSA-OWI Collection) - Cheek Magazine
Une femme construisant un bombardier à Nashville, Tennessee, en 1943 (Alfred T. Palmer/Library of Congress, Prints & Photographs Division, FSA-OWI Collection)

2. The Breakaway Challenge: elles parcourent 400 km à vélo pour soutenir les femmes victimes de violences

Du 20 au 24 août, Amandine Bessard et Lucie Borde vont parcourir 400 km à vélo pour soutenir l’association Women Safe, un centre de prise en charge des femmes victimes de violences.
Une femme construisant un bombardier à Nashville, Tennessee, en 1943 (Alfred T. Palmer/Library of Congress, Prints & Photographs Division, FSA-OWI Collection) - Cheek Magazine
Une femme construisant un bombardier à Nashville, Tennessee, en 1943 (Alfred T. Palmer/Library of Congress, Prints & Photographs Division, FSA-OWI Collection)

3. Dès l’enfance, les filles font plus de corvées ménagères

On a lu pour vous cet article du New York Times sur la répartition des tâches ménagères dès l’enfance et on vous le conseille fortement.
Une femme construisant un bombardier à Nashville, Tennessee, en 1943 (Alfred T. Palmer/Library of Congress, Prints & Photographs Division, FSA-OWI Collection) - Cheek Magazine
Une femme construisant un bombardier à Nashville, Tennessee, en 1943 (Alfred T. Palmer/Library of Congress, Prints & Photographs Division, FSA-OWI Collection)

4. Les femmes noires trustent les numéros de septembre des magazines de mode

De Beyoncé à Lupita Nyong’o, de nombreux magazines de mode mettent des femmes noires à l’honneur de leur incontournable “september issue”. Un phénomène historique. 
Une femme construisant un bombardier à Nashville, Tennessee, en 1943 (Alfred T. Palmer/Library of Congress, Prints & Photographs Division, FSA-OWI Collection) - Cheek Magazine
Une femme construisant un bombardier à Nashville, Tennessee, en 1943 (Alfred T. Palmer/Library of Congress, Prints & Photographs Division, FSA-OWI Collection)

5. #MeToo sonnera-t-il la fin des pubs sexistes?

L’ampleur du mouvement #MeToo sonnera-t-elle le glas des publicités sexistes? De nombreuses marques changent en effet leur fusil d’épaule: il n’est plus de bon ton de montrer des jeunes femmes comme des objets sexuels ou des ménagères serviles. Mais est-ce vraiment significatif ?
Une femme construisant un bombardier à Nashville, Tennessee, en 1943 (Alfred T. Palmer/Library of Congress, Prints & Photographs Division, FSA-OWI Collection) - Cheek Magazine
Une femme construisant un bombardier à Nashville, Tennessee, en 1943 (Alfred T. Palmer/Library of Congress, Prints & Photographs Division, FSA-OWI Collection)

6. #MyCameraIsMyWeapon: le mouvement qui dénonce les abus de la police des moeurs en Iran

En Iran, les femmes luttent contre le port obligatoire du voile grâce aux réseaux sociaux, avec notamment le hashtag #MyCameraIsMyWeapon.
Une femme construisant un bombardier à Nashville, Tennessee, en 1943 (Alfred T. Palmer/Library of Congress, Prints & Photographs Division, FSA-OWI Collection) - Cheek Magazine
Une femme construisant un bombardier à Nashville, Tennessee, en 1943 (Alfred T. Palmer/Library of Congress, Prints & Photographs Division, FSA-OWI Collection)

7. Et si les corps des hommes étaient autant érotisés que ceux des femmes?

On a lu pour vous cet article de M le magazine du Monde à propos de l’invisibilisation du corps masculin et la négation de son potentiel érotique. On vous le conseille fortement.   
Une femme construisant un bombardier à Nashville, Tennessee, en 1943 (Alfred T. Palmer/Library of Congress, Prints & Photographs Division, FSA-OWI Collection) - Cheek Magazine
Une femme construisant un bombardier à Nashville, Tennessee, en 1943 (Alfred T. Palmer/Library of Congress, Prints & Photographs Division, FSA-OWI Collection)