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En partenariat avec la Région Île-de-France

Ghada Hatem, une gynécologue-obstétricienne au secours des femmes victimes de violences

Elles sont médecins, ingénieures, réalisatrices ou militantes. Pour la première fois cette année, la Région Île-de-France a voulu célébrer ces Franciliennes qui s’engagent et font bouger les lignes. Les trophées ellesdeFrance les ont récompensées pour leur courage, ou pour leurs actions menées dans le domaine de l’innovation, de la création, de la solidarité. Nous avons rencontré ces femmes extraordinaires: cette semaine, on vous présente Ghada Hatem, prix Simone Veil, gynécologue-obstétricienne et fondatrice de la Maison des femmes de Saint-Denis. 
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Gynécologue-obstétricienne depuis 40 ans, Ghada Hatem a reçu et écouté des milliers de patientes au cours de sa carrière. Les récits de certaines d’entre elles, violées, excisées, mariées de force ou battues, l’ont poussée à créer, en juillet 2016, la Maison des femmes de Saint-Denis, sise dans l’hôpital de la ville. Ouvert directement sur la rue, ce lieu accueille désormais chaque jour près de 50 femmes vulnérables ou victimes de violences, leur propose un parcours de soins et leur offre aussi un accompagnement juridique et social. Spécialisée aujourd’hui dans “la médecine de la violence”, la franco-libanaise Ghada Hatem pratique son métier avec un engagement sans faille quand il s’agit de réparer ces femmes blessées psychologiquement ou physiquement. Récompensée par les trophées ellesdeFrance et lauréate du prix Simone Veil, Ghada Hatem a répondu à nos questions. 

Peux-tu te présenter?

Je m’appelle Ghada Hatem et je suis gynécologue-obstétricienne en Seine-Saint-Denis. J’ai créé une structure qui s’appelle la Maison des femmes et qui se trouve dans l’enceinte de l’hôpital de Saint-Denis. Cette Maison est dédiée à toutes les femmes victimes de violences ou vulnérables.

À quoi ressemble ton quotidien? 

En tant que gynécologue accoucheur, je fréquente, j’écoute, j’entends surtout, des femmes depuis près de 40 ans et je me suis intéressée à ce qu’on pourrait appeler maintenant la médecine de la violence, c’est-à-dire les conséquences que les violences qu’elles subissent peuvent avoir sur leur santé.

Qu’est-ce qui a motivé ton engagement dans ce domaine? 

Les femmes ont, et c’est prouvé, plutôt tendance à parler de ce qui leur arrive à leur médecin, à leur sage-femme, à leur gynécologue, et à ce titre-là, nous sommes souvent les premiers dépositaires de paroles qu’elles n’ont jamais prononcées auparavant.

 

 

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce que tu fais?

Ce que j’aime dans mon métier, c’est sa grande diversité, et c’est aussi son impact social, quand je reçois des adolescentes, ce que je peux leur dire autour de leur santé et autour de leur vie peut leur servir un jour de repère à un moment où elles pourraient avoir besoin de cette parole.

Ta dernière grande victoire? 

La victoire que je savoure le plus actuellement, c’est évidemment le fait de voir ma petite Maison posée sur un terrain vague qui, il y a quelques temps, était encore un parking, et de voir que les femmes qui sont dedans rayonnent et nous disent “ce lieu est pour moi un havre”.

Que dirais-tu aux femmes qui veulent se lancer? 

Lorsque je reçois des jeunes filles qui me disent “je voudrais m’engager, je voudrais faire quelque chose mais je ne sais pas quoi”, je les encourage parce que nous avons besoin de toutes ces énergies et de toutes ces femmes qui, petit à petit, s’affranchissent d’un système patriarcal.

Propos recueillis par Faustine Kopiejwski et Julia Tissier


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