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Stéréotypes de genre et sexisme en politique: l'interview surréaliste de Ségolène Royal sur France Inter

Invitée de France Inter ce mercredi 31 octobre, Ségolène Royal s’est attaquée au sexisme du monde politique face à des journalistes peu convaincus, et s’est appuyée sur quelques clichés qui ont blessé nos tympans.
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Le plus dur, c’est d’être mise en cause dans son intelligence. D’être traitée de folle. C’est très fréquent.” Invitée de la matinale de France Inter ce mercredi 31 octobre à l’occasion de la sortie de son livre Ce que je peux enfin vous dire, Ségolène Royal a évoqué les propos et attitudes sexistes auxquelles elle a été confrontée au cours de sa carrière politique. Elle décrit “ce qu’une femme subit en politique, même dans son propre camp, et qu’un homme ne subit pas”, rappelle que la semaine précédant son interview, “un ancien ministre du gouvernement socialiste a dit à un hebdomadaire [qu’elle] avait un grain de folie” et remarque qu’“on ne dit pas ça d’un homme”. 

 

 

Reconnaissant que l’invitée a dû faire face à des insultes et autres comportements déplacés -elle a notamment été traitée de “vache folle”-  les deux journalistes en face d’elle semblent pourtant avoir du mal à discerner le caractère sexiste de ces attaques. Alexandra Bensaïd lance ainsi: “Mais les hommes aussi sont victimes! […] Victimes de violences, victimes de mots sexués, d’agressions terribles et eux aussi sont contraints au silence.” Ce à quoi Ségolène Royal répond, visiblement étonnée de la remarque: “Je ne crois pas que les hommes soient victimes non. […] Ça n’est pas la même chose. Pour les femmes, il va y avoir une dégradation physique, une sexualisation, je redonne l’exemple des insultes sexuelles que les femmes reçoivent, et surtout, une remise en cause de leur intelligence.

Pour aller encore plus loin dans le mépris de la parole des victimes de violences sexistes, un auditeur intervient pour inviter Ségolène Royal à réfléchir aux “comportements qui ont été les [siens] et qui ont pu susciter de la part de [ses] adversaires, mais aussi des éléphants du PS, les attitudes violentes [qu’elle décrit]”. Une question qui n’a pas eu l’air de déranger les personnes présentes dans le studio.

 

 

La haute fonctionnaire n’a pas non plus été en reste en ce qui concerne les stéréotypes sexistes et a, elle aussi, contribué à rendre cette interview gênante en multipliant les clichés masculins et féminins. “Les hommes blancs […] prennent des décisions souvent incohérentes alors que les femmes sont beaucoup plus prudentes, prennent beaucoup moins de risques”, a-t-elle déclaré. Elle a ajouté: “La femme doit exister dans sa féminité comme l’homme existe dans sa masculinité. L’humanité est faite du masculin et du féminin et c’est cet équilibre là qu’il faut retrouver.” Bref, on aurait mieux fait de ne pas allumer notre radio ce matin.

Margot Cherrid


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