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Hannah Gadsby se paye les hommes qui font des “monologues sur la misogynie”

Si vous ne deviez voir qu’une vidéo aujourd’hui, ce serait celle de ce discours d’Hannah Gadsby dans lequel elle s’attaque à ceux qui différencient les hommes bons des mauvais selon des critères très subjectifs.
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La dernière chose dont j’ai besoin en ce moment, c’est d’avoir à écouter des monologues d’hommes sur la misogynie, et sur la façon dont les autres hommes devraient arrêter d’être bizarres. Ils pensent que c’est le cœur du problème: Si seulement ces mauvais garçons apprenaient à ne plus être glauques.’ […] Nier l’humanité d’une femme n’est pas glauque, c’est misogyne.” Dans un discours prononcé mercredi 5 décembre lors d’un gala organisé par le Hollywood Reporter, et passé inaperçu en France,  Hannah Gadsby s’attaque aux “Jimmys” -comme Jimmy Fallon ou Jimmy Kimmel-, ces hommes qui animent des talk-shows américains, et profitent de leur prise d’antenne pour déterminer la bonté des hommes selon des critères très subjectifs. 

Mon problème, c’est que d’après les Jimmys, il n’y a que deux types de mauvais garçons. Il y a ceux du type Weinstein ou Bill Cosby, qui sont si horribles qu’ils ne doivent même pas appartenir à la même espèce que les Jimmys. Et après il y a les F-O-Js (ndlr: Friends Of Jimmys). Ce sont les amis de Jimmy. Ce sont apparemment des hommes bons qui ont juste mal lu les règles, ironise ainsi l’humoriste, actrice et écrivaine australienne. Nous devons en parler, parce que devinez ce qui arrive quand seuls les hommes bons ont le droit de tracer cette ligne (ndlr: entre les hommes bons et les mauvais)? Ce monde. Un monde plein d’hommes bons qui font de très mauvaises choses, et continuent à croire au fond de leurs cœurs qu’ils sont de bonnes personnes, parce qu’ils n’ont pas franchi la ligne. En fait, ils ont déplacé la ligne pour qu’elle s’adapte à eux.”

Elle insiste: ce sont les femmes qui devraient placer la ligne qui sépare les comportements misogynes et sexistes de ceux qui sont corrects. De la même façon, elle demande à l’audience d’essayer de remplacer le mot “homme” de son speech par “personne blanche”, “hétéro”, “cisgenre”, ou encore “valide” pour encourager son public à écouter les personnes directement concernées par les discriminations, et à les croire lorsqu’elles se disent blessées par certains propos ou attitudes. Et de conclure: “Tout le monde pense être une bonne personne. […] Mais si vous avez besoin de justifier votre comportement en le comparant à d’autres individus, vous êtes entrain de tracer une ligne très dangereuse […] Nous devons tous faire très attention à ça.

 

M. C.


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