cheek_cequisepasseailleurs_habillage_desktop

Ce qui se passe ailleurs

Mexique

Sous le hashtag #SiMeMatan, les femmes mexicaines dénoncent le traitement des féminicides

Au Mexique, le slogan #SiMeMatan (#SiOnMeTue) proteste contre le traitement léger et les excuses sexistes avancées pour expliquer le meurtre d’une jeune femme sur le campus d’une université de Mexico.
Capture d'écran de la vidéo #SiMeMatan de La Julia sur YouTube
Capture d'écran de la vidéo #SiMeMatan de La Julia sur YouTube

Capture d'écran de la vidéo #SiMeMatan de La Julia sur YouTube


Le 3 mai au matin, le corps de Lesvy Berlín est retrouvé sans vie, abandonné dans une cabine téléphonique de la UNAM, la meilleure université du Mexique. Deux jours plus tard, les autorités n’ont toujours pas trouvé le coupable mais le bureau du procureur de l’Etat de Mexico poste des messages critiques envers le style de vie de la victime. “Le couple (Ndlr: formé par Lesvy Berlín et son petit-ami) avait retrouvé quelques amis, avec qui ils ont bu et se sont drogués”, pouvait-on notamment lire sur le compte Twitter officiel de l’institution, avant que les tweets ne soient effacés:

 

 

(Traduction: “Nos autorités sont l’une des principales raisons pour laquelle les violences persistent. CA SUFFIT de culpabiliser les victimes. #SiOnMeTue.”)

 

Rapidement, le hashtag #SiMeMatan surgit sur les réseaux. Avec cette phrase, qui signifie “si on me tue”, les internautes protestent contre le traitement réservé à ce nouveau cas de féminicide. Dans un pays particulièrement machiste, il est effectivement fréquent de voir les victimes accusées d’avoir provoqué les violences qui se déchainent contre elles. Ce à quoi des femmes répondent, imaginant ironiquement les excuses qui pourraient être apportées par la police si jamais on les retrouvait mortes :

 

 

(Traduction: “#SiOnMeTue ils diront que je l’ai cherché, que franchement, regarde ses tatouages, ses cicatrices, elle avait une mauvaise vie, elle n’est personne, juste une femme.”)

 

 

(Traduction: “#SiOnMeTue c’est parce que je mangeais des bonbons, je dormais avec des chaussettes, j’écoutais des chansons d’Eugénie Léon, je me baladais en vélo et que j’adorais danser la salsa.”)

 

…ou dénonçant deux poids deux mesures…

 

 

(Traduction: “La différence c’est que lorsqu’on tue un homme, le procureur ne vient pas nous expliquer que c’est parce qu’il était bourré, qu’il avait fait la fête ou qu’il était mauvais étudiant.”)

 

…ou encore, espérant une évolution des moeurs…

 

 

(Traduction: “#SiOnMeTue j’espère que la police et les médias se concentreront sur mon assassinat et non sur mes habits, mon travail ou mes fréquentations.”)

Dans un témoignage poignant, la mère de Lesvy Berlín a elle aussi déploré l’image donnée de sa fille, accusée d’avoir abandonné les cours, de s’être promenée seule, ou, donc, de s’être droguée. “Bien loin des clichés qu’ils ont propagé, elle a étudié, même si elle a décidé de suspendre ses cours quelques temps. Elle prenait des cours de langues: elle parlait même plutôt bien anglais, français, italien, roman, catalan. Elle voulait sortir d’ici, et me disait souvent ‘je serai citoyenne du monde maman, je serai voyageuse’”, a-t-elle déclaré à Vice Mexico.  “Mais quand je vois ce qui circule sur les réseaux, je saisis mieux la façon que nous avons de vivre, dans ce pays où ma fille ne pouvait faire porter sa voix. Parce qu’ici, si l’on est femme, pauvre ou indigène, notre voix ne compte pas”.

Le 5 mai, une manifestation a fait le tour de la cité universitaire pour exiger que soit retrouvé le meurtrier de Lesvy Berlín, et que son assassinat soit effectivement requalifié en féminicide. La situation des femmes est particulièrement difficile au Mexique: selon les chiffres de l’ONU, 63% des femmes de plus de 15 ans ont vécu une situation de violence dans leur vie, dont 27% au sein de leur couple. Par ailleurs, depuis 25 ans, au moins 35 000 femmes ont disparu à travers le pays, avec présomption d’assassinat.

Mathilde Saliou


3. Malala Yousafzai devient citoyenne d’honneur du Canada et fait rire Justin Trudeau

Hier, Malala Yousafzai, la plus jeune lauréate du prix Nobel de la paix, a reçu la citoyenneté d’honneur dans la bibliothèque du Parlement canadien. Elle en a profité pour faire un peu d’humour lors de son discours de remerciement.
Capture d'écran de la vidéo #SiMeMatan de La Julia sur YouTube - Cheek Magazine
Capture d'écran de la vidéo #SiMeMatan de La Julia sur YouTube

4. Avec le hashtag #RésisterEnMarchant, les Saoudiennes dénoncent la domination masculine

Depuis plus d’une semaine les Saoudiennes protestent contre l’interdiction faite aux femmes de conduire. Armées de leur smartphone, elles se filment, parfois à visage découvert, en train de marcher seules dans les villes d’Arabie saoudite.
Capture d'écran de la vidéo #SiMeMatan de La Julia sur YouTube - Cheek Magazine
Capture d'écran de la vidéo #SiMeMatan de La Julia sur YouTube

5. L'ex-Spice Girl Mel B révèle que son mari la battait depuis dix ans

Mel B, l’ancienne Spice Girl, quitte enfin son mari après dix ans de violences conjugales, allongeant la liste des people victime de ce fléau.
Capture d'écran de la vidéo #SiMeMatan de La Julia sur YouTube - Cheek Magazine
Capture d'écran de la vidéo #SiMeMatan de La Julia sur YouTube

6. Nicola Thorp veut bousculer la loi anglaise sur le port de talons au travail

Nicola Thorp a été licenciée pour avoir refusé de porter des talons au boulot. Elle s’est mobilisée, avec succès, pour que le Parlement débatte des codes vestimentaires sexistes dans le monde du travail.
Capture d'écran de la vidéo #SiMeMatan de La Julia sur YouTube - Cheek Magazine
Capture d'écran de la vidéo #SiMeMatan de La Julia sur YouTube

7. À 27 ans, elle a traversé tous les pays du monde en un temps record

Cassie de Pecol vient de battre le record du tour du monde le plus rapide. À 27 ans, l’Américaine revient d’un voyage qui l’a menée dans les 196 pays de la Terre.
Capture d'écran de la vidéo #SiMeMatan de La Julia sur YouTube - Cheek Magazine
Capture d'écran de la vidéo #SiMeMatan de La Julia sur YouTube