société

A start-up is born / Noor Weddings

Imen Khelifi, la wedding planner qui met une touche d’oriental dans les mariages français

Imen Khelifi a monté l’agence Noor Weddings, spécialisée dans les cérémonies de mariage françaises d’inspiration orientale, un subtil mélange dont elle a le secret.
© Romain Potocki
© Romain Potocki

© Romain Potocki


Quand on demande à Imen Khelifi à quand remonte son projet entrepreneurial de Noor Weddings, elle arrive à le dater assez précisément: c’est quand elle a vu Un Mariage trop parfait en 2001, avec Jennifer Lopez dans le rôle-titre. Alors adolescente, elle se dit que ce métier l’amuserait. Mais à l’époque, la profession de wedding planner n’existe pas vraiment en France, et il n’y a de toute façon aucune formation dans ce domaine. Après son bac, Imen Khelifi se lance donc dans des études de communication et d’événementiel et, une fois diplômée, devient attachée de presse à Paris. “Ça ne m’a pas plu et j’ai vite postulé dans une agence londonienne spécialisée dans les cérémonies pour les Anglais souhaitant se marier en France. Je devais y rester trois mois, j’y suis restée deux ans et demi.”

“C’est aux jeunes couples français, qui recherchent le raffinement cher à notre pays tout en restant attachés aux traditions de leurs parents, que je veux proposer mes services.

Outre-Manche, elle découvre que ce métier dont elle a rêvé est exactement comme elle l’imaginait. Elle découvre aussi un cosmopolitisme plus assumé que celui qu’elle connaît, car contrairement à ce qu’elle avait anticipé, les couples qu’elle accompagne ne sont pas des Français expatriés ni des Écossais en kilt, mais souvent des couples internationaux: États-Unis, Inde, Barhein, Canada, Grèce, Pakistan, à chaque fois des petites traditions des quatre coins du monde sont intégrées à une cérémonie très occidentale. Une habitude qui séduit Imen Khelifi, elle-même d’origine algérienne, et qui décide, à son retour en France de monter sa propre boîte et de s’adresser à une clientèle métissée. “Chez les orientaux, le mariage est une cérémonie très importante, pour laquelle les familles sont prêtes à mettre un vrai budget et embaucher un·e wedding planner, explique l’entrepreneure. C’est à ces jeunes couples français, qui recherchent le raffinement cher à notre pays tout en restant attachés aux traditions de leurs parents, que je veux proposer mes services.” Imen Khelifi a en effet constaté que les fournisseurs estampillés orientaux sont un brin cheap et souvent en décalage avec les attentes de la jeune génération. Forte de son expérience britannique, elle décide de se lancer, il y a deux ans, sur ce créneau qui lui permet de se démarquer de toutes les agences existantes. Aujourd’hui, le bouche-à-oreille commence à fonctionner et les projets s’enchaînent pour 2018. Avant d’attaquer les préparatifs de la prochaine saison, Imen Khelifi a répondu à quelques questions.

Noor Weddings, c’est quoi?

C’est une agence qui permet d’organiser un mariage haut de gamme à l’occidentale, avec de l’inspiration orientale. Il y a plein de façons de mélanger toutes les influences. Par exemple, pour la cérémonie du henné, on peut imaginer un siège à partir de jolies chaises en fer forgé sur lesquelles on ajoute des coussins. Ça permet d’éviter le trône hyper bling auquel on a parfois du mal à échapper. (Rires.) Mon boulot, c’est de proposer aux mariés de retrouver de l’oriental par petites touches, que ce soit dans la déco, dans la playlist ou dans l’assiette. Et contrairement à ce qu’on pense, oriental ne veut pas dire musulman. D’une part, j’ai des clients de toutes les religions, d’autre part, je vois de plus en plus de couples faire des petites cérémonies religieuses en amont, puis faire appel à moi pour une fête complètement laïque, mais dans laquelle on retrouve certaines traditions.

mariage français oriental noor weddings

DR

Le jour où tu t’es lancée?

Quand je suis rentrée d’Angleterre, j’avais l’idée de créer ma structure, quand ma boss de là-bas m’a contactée pour que je prenne en charge un mariage à eux: je me suis dit que si elle me faisait confiance, c’est que j’étais prête. Mon père, qui tient un atelier de retouches, m’a soutenue dans ce projet depuis le début. C’est vrai qu’avoir eu des parents à leur compte -ma mère travaille avec mon père- m’a montré qu’il n’y avait pas que le salariat dans la vie et que je pouvais monter ma boîte. J’avais 27 ans, pas de famille à charge, je me suis dit que c’était le moment de prendre des risques, et que si ça ne marchait pas, je n’emmènerais personne dans ma galère.

Ce qui m’intéresse, c’est de continuer à mélanger les cultures.

Le conseil que tu donnerais à quelqu’un qui veut monter sa boîte?

Bien s’entourer et ne pas hésiter à parler de son projet. En France, on a toujours un peu peur de se faire piquer son idée, mais quand on en discute, les autres suggèrent tout le temps un truc auquel on n’a pas pensé. En ce qui me concerne, ça m’a aidée de parler de Noor Weddings, c’est comme ça que j’ai affiné mon positionnement.

Tu te vois où dans trois ans?

J’espère vivre de mon activité et être débordée de mariages à organiser, et pourquoi pas à l’étranger. J’aimerais bien travailler avec la clientèle du Moyen-Orient qui souhaite se marier en France et organiser des cérémonies pour des Émiratis ou des Libanais qui affectionnent les mariages grandioses. Ce qui m’intéresse, c’est de continuer à mélanger les cultures, sans m’enfermer dans quelque chose de communautaire.

Propos recueillis par Myriam Levain


2. Elle continue de recevoir des publicités de grossesse après la mort de son bébé, et pousse un coup de gueule

On a lu pour vous cette lettre ouverte, publiée sur Twitter mardi 11 décembre, dans laquelle la journaliste Gillian Brockell pousse un coup de gueule contre les réseaux sociaux qui continuent à lui envoyer des publicités en lien avec sa grossesse après la perte de son bébé. 
© Romain Potocki - Cheek Magazine
© Romain Potocki

3. Une nouvelle ère pour les Irlandaises: l'avortement enfin légalisé

Le jeudi 13 décembre 2018 marque un tournant historique pour les droits des femmes en Irlande. Après la victoire du “oui” au référendum en mai dernier, le Sénat vient d’annoncer la légalisation de l’avortement. 
© Romain Potocki - Cheek Magazine
© Romain Potocki

4. Réduire le temps de travail pour l'égalité femmes-hommes? C'est le pari d'une asso belge

En Belgique, l’association féministe Femma va passer à la semaine de quatre jours afin d’offrir à ses employé·e·s plus de temps libre. Objectif? Donner l’occasion aux hommes de se charger davantage des tâches ménagères, un domaine encore et toujours largement pris en charge par les femmes.
© Romain Potocki - Cheek Magazine
© Romain Potocki

6. Avec Super Marché, Monia Sbouai fait de l'upcycling sa marque de fabrique

Fondatrice de la marque de vêtements Super Marché, Monia Sbouai pratique l’upcycling. Après avoir parcouru les friperies parisiennes, elle transforme ses trouvailles en trench chic ou en combinaison décontractée. Rencontre. 
© Romain Potocki - Cheek Magazine
© Romain Potocki

7. Hannah Gadsby se paye les hommes qui font des “monologues sur la misogynie”

Si vous ne deviez voir qu’une vidéo aujourd’hui, ce serait celle de ce discours d’Hannah Gadsby dans lequel elle s’attaque à ceux qui différencient les hommes bons des mauvais selon des critères très subjectifs.
© Romain Potocki - Cheek Magazine
© Romain Potocki