société

Événement

Lallab fête la sororité en même temps que son premier anniversaire

La jeune association féministe Lallab, qui lutte contre les discriminations dont sont victimes les femmes musulmanes, souffle sa première bougie le 6 mai à la Bellevilloise à Paris. 
Sarah Zouak (à g.) et Justine Devillaine (à d.), les fondatrices de Lallab
Sarah Zouak (à g.) et Justine Devillaine (à d.), les fondatrices de Lallab

Sarah Zouak (à g.) et Justine Devillaine (à d.), les fondatrices de Lallab


L’association Lallab est née d’un rêve partagé par ses deux cofondatrices Sarah Zouak, 27 ans, et Justine Devillaine, 25 ans : vivre dans une société qui n’a pas peur de l’altérité et qui permet à chaque femme de s’épanouir non pas malgré ses identités multiples mais grâce à elles. Depuis un an, Lallab déconstruit donc au quotidien les préjugés dont sont victimes les femmes musulmanes, et s’inscrit dans une vision générationnelle du féminisme tournée vers l’intersectionnalité. En clair, rappeler que les femmes racisées souffrent d’une double discrimination, à savoir le racisme et le sexisme. Alors, même si leur tâche est loin d’être aisée -obtenir des subventions quand on défend des femmes musulmanes est une vraie gageure- les membres de Lallab ont voulu fêter dans la joie leur premier anniversaire et organisent le 6 mai le Lallab Birtday, une journée de rencontres festives à La Bellevilloise. Sarah Zouak nous en dit plus sur cet événement.

Comment est née l’idée de ce festival féministe?

On voulait faire un gros événement pour fêter notre premier anniversaire. Et en y réfléchissant, on s’est souvenu que la valeur qui nous guide depuis le début du projet Lallab, c’est la sororité. C’est ce désir d’aller à la rencontre de modèles de femmes qu’on ne voit jamais qui avait guidé mon documentaire Women Sense Tour à la rencontre des femmes musulmanes féministes. Et c’est pour faire entendre les voix plurielles des femmes musulmanes qu’on a décidé de créer Lallab à mon retour pour toujours donner la parole aux principales concernées. On se bat plus largement pour toutes les femmes aux identités multiples qui subissent le sexisme et le racisme et c’est pourquoi on a voulu inviter pour ce festival d’autres femmes incroyables qui se réapproprient également leurs récits à travers l’art et la culture.

La sororité doit-elle être replacée au cœur du combat féministe?

Oui, la sororité est essentielle, à condition qu’elle soit inclusive. Chez Lallab, on ne se bat pas seulement pour l’égalité femmes-hommes, on défend aussi l’égalité femmes-femmes. On a aujourd’hui le sentiment que ce sont toujours les mêmes femmes que l’on défend, c’est pour ça qu’on a tenu à inviter à notre événement des personnalités inspirantes qu’on ne voit jamais, comme Rachel Kahn, Mariame Tighanimine, Grace Ly ou Maeril. On espère que plein de gens de tous horizons viendront à leur rencontre.

Lallab birthday sisterhood bellevilloise

L’équipe des bénévoles de Lallab

Donne-nous trois bonnes raisons de venir le 6 mai…

D’abord, c’est un événement féministe qui prend en compte la voix de toutes les femmes, et où personne ne va parler à leur place. Ensuite, l’endroit est chouette puisqu’il s’agit de La Bellevilloise. Enfin, pour celles et ceux qui associent, à tort, féminisme et ennui, ça va être fun : il y aura de la bonne musique et de la bonne bouffe. Et rien que pour ça, ça vaut le coup de venir (Rires.) En bref, si vous voulez entendre des meufs badass qui explosent les clichés, venez: sisterhood is powerful!

Propos recueillis par Myriam Levain

À La Bellevilloise le 6 mai de 14h à 23 h, inscriptions ici.


1. Marie Laguerre, symbole malgré elle de la lutte contre les violences faites aux femmes

En portant plainte pour cyberharcèlement et menaces, Marie Laguerre montre une nouvelle fois qu’elle ne compte pas se laisser faire. Encore affectée par le déferlement de haine qu’elle a subi après avoir dénoncé le harcèlement de rue dont elle a été victime fin juillet, la jeune femme de 22 ans est pourtant bien décidée à continuer d’œuvrer pour les droits des femmes.
Sarah Zouak (à g.) et Justine Devillaine (à d.), les fondatrices de Lallab - Cheek Magazine
Sarah Zouak (à g.) et Justine Devillaine (à d.), les fondatrices de Lallab

2. Quand Solange te parle teste les services d'un escort pour partir à la redécouverte de son plaisir

Si vous ne deviez voir qu’une seule vidéo aujourd’hui, ce serait celle de Solange te parle, la chaîne YouTube d’Ina Mihalache, dans laquelle la jeune femme teste les services d’un escort pour repartir à la découverte de son plaisir. 
Sarah Zouak (à g.) et Justine Devillaine (à d.), les fondatrices de Lallab - Cheek Magazine
Sarah Zouak (à g.) et Justine Devillaine (à d.), les fondatrices de Lallab

3. “Pas là pour danser”: la tribune poignante de la footballeuse Ada Hegerberg après son Ballon d'or

On a lu pour vous cette tribune d’Ada Hegerberg dans laquelle la joueuse de football revient sur sa carrière, et la cérémonie du Ballon d’or 2018 lors de laquelle elle a été récompensée. On vous la conseille.
Sarah Zouak (à g.) et Justine Devillaine (à d.), les fondatrices de Lallab - Cheek Magazine
Sarah Zouak (à g.) et Justine Devillaine (à d.), les fondatrices de Lallab

4. Elles ont lancé “La Bougeotte”, le podcast qui parle voyages aux femmes

Un voyage à soi: telle pourrait être la devise des intrépides créatrices de la Bougeotte. Mais les bienfaits du départ doivent se doubler d’un discours critique.
Sarah Zouak (à g.) et Justine Devillaine (à d.), les fondatrices de Lallab - Cheek Magazine
Sarah Zouak (à g.) et Justine Devillaine (à d.), les fondatrices de Lallab

6. Après les violences sexuelles, la bataille pour reconquérir son corps et son intimité

“Gommé”, “mis de côté”, “occulté”, “sensation de vol”, “intrusion”… Comment faire la paix avec son corps et son intimité quand autrui y a porté atteinte?  
Sarah Zouak (à g.) et Justine Devillaine (à d.), les fondatrices de Lallab - Cheek Magazine
Sarah Zouak (à g.) et Justine Devillaine (à d.), les fondatrices de Lallab