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Le Cheek Point

L’asso Lallab s’oppose à la pénalisation du harcèlement de rue en 8 arguments

On a lu pour vous cet article -vivement critiqué- de l’association féministe Lallab qui expose 8 raisons de s’opposer à la pénalisation du harcèlement de rue et on vous le conseille fortement.
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Depuis plusieurs semaines, la pénalisation du harcèlement de rue, défendue par Marlène Schiappa, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, fait débat. […] Même si nous saluons l’intérêt porté à ce problème de masse dont sont victimes beaucoup trop de femmes, nous rejoignons les critiques faites à ce projet, et nous nous y opposons fermement.

1. Il existe déjà des lois pénalisant les agressions et les insultes

En France, les insultes et le harcèlement font déjà l’objet de plusieurs lois, et sont déjà considérés comme des infractions. Les injures non publiques (soit dans la rue) sont passibles d’une amende de première classe (au minimum 38€). Le harcèlement est passible de deux à trois ans d’emprisonnement et de 30 000 à 45 000€ d’amende. […]

2. Comment prouver le harcèlement ou l’agression? 

Aux yeux de la loi, ce sera toujours à la victime d’apporter les preuves de son agression. […] Le propre du harcèlement de rue est que ce sont des inconnus qui vous interpellent, vous insultent, à pied ou en voiture, vous glissent un mot cinglant en vous croisant, se frottent à vous dans le métro, etc. Dans la plupart des cas, le contact avec l’agresseur est très court dans le temps. […] Il semble donc difficile de prouver l’agression et d’arriver à ce que ce sombre inconnu parti au loin écope d’une amende. […]

3. La Belgique l’a déjà fait, et ça n’a pas marché

En 2012 […] le gouvernement belge a adopté une loi pénalisant le harcèlement dans l’espace public, puis, en 2014, une loi tendant à lutter contre le sexisme. Elle punit l’auteur ‘d’un geste qui pourrait exprimer un mépris envers une personne en raison de son sexe’ d’une peine d’emprisonnement allant d’un mois à un an et/ou d’une amende allant de 50 à 1 000 euros. Cependant, un an plus tard, trois plaintes seulement avaient abouti.

Sur son site Internet, l’association féministe Lallab, qui lutte contre les discriminations dont sont victimes les femmes musulmanes, présente 8 raisons de s’opposer à la pénalisation du harcèlement de rue, cheval de bataille de Marlène Schiappa. Si les trois arguments ci-dessus critiquent la faisabilité du projet, les points suivants tentent de recentrer le débat sur l’urgence à former les forces de police à l’accueil des femmes harcelées et/ou agressées sexuellement, et souligne que l’espace public ne représente qu’un seul des terrains de jeu des harceleurs et que le problème doit être considéré de façon globale en incluant les agressions dans  le monde professionnel. L’association Lallab exprime ensuite ses inquiétudes concernant la stigmatisation probable des classes populaires et le renforcement du délit de faciès avant d’argumenter que les femmes musulmanes victimes d’islamophobie ne semblent pas être protégées par la pénalisation du harcèlement.

Laurence Rossignol, l’ancienne ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes a réagi sur Twitter mercredi: “Toujours des naïfs et des naïves pour prétendre que Lallab est une asso féministe?” Un avis partagé par Raphaël Enthoven qui a déclaré hier sur Europe 1 qu’“un féminisme qui n’est pas universel est une misogynie”, accusant Lallab d’être un “féminisme qui, au nom de la justice sociale et de l’anti-racisme, protège le patriarcat contre la sanction de sa propre violence”. Malheureusement, ni l’animateur, ni la sénatrice de l’Oise ne semblent avoir lu en entier l’article de l’association, qui se conclut par ces mots: “Le harcèlement de rue est une question d’éducation et sa lutte se mène dans les mentalités de chacun·e. Nous soutenons les projets qui visent à améliorer la vie de toutes les femmes, et pas seulement celle d’une seule partie d’entre elles.”

À lire le plus vite possible sur Lallab.org .