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La vie sexuelle des Françaises décortiquée dans un documentaire

Dans un documentaire intitulé Les Françaises au lit et diffusé ce soir sur Téva, la journaliste Éloïse Malet questionne 20 femmes âgées de 19 à 78 ans sur leur sexualité. Pratiques sexuelles, masturbation, orgasme ou sex-toys, leurs témoignages sont à la fois cash, touchants et drôles. 
Capture d'écran du documentaire “Les Françaises au lit”
Capture d'écran du documentaire “Les Françaises au lit”

Capture d'écran du documentaire “Les Françaises au lit”


Elles ont entre 19 et 78 ans, sont célibataires, en couple libre ou mariées, vivent à Paris, Lyon, Aix-enProvence, Arcachon, Rennes ou Arras et ont décidé de dire tout de leur sexualité face caméra dans un documentaire intitulé Les Françaises au lit, diffusé ce soir sur Téva et réalisé par Éloïse Malet. Cette journaliste de 35 ans, spécialisée santé et vulgarisation scientifique, a sillonné la France durant trois semaines à bord d’un van en compagnie de Charlotte Notteghem, derrière la caméra, pour recueillir les témoignages sans filtres, amusants et émouvants de 20 femmes. Ils sont entrecoupés par des analyses de la sexologue Axelle Romby, de la sociologue Janine Mossuz-Lavau et de la sexothérapeute Murielle Maître. 

Masturbation, orgasme, positions, fréquence des rapports sexuels, sex-toys, plaisir, aucune question n’est éludée. Et les réponses sont souvent géniales. Mention spéciale à Dinora, 58 ans, qui, après avoir observé des sex-toys tendus par la réalisatrice, réplique: “J’ai encore beaucoup de choses à apprendre, je vais aller faire un petit tour un de ces jours dans les grands magasins, aller voir tout ça…” On retient également celle qui, dans un souffle, confie se masturber avec “des godes en bois ou parfois des légumes… bios!” avant d’éclater de rire. Et lorsque la journaliste demande à l’une d’entre elles si les femmes doivent “aimer pour prendre du plaisir”, on ne peut s’empêcher de sourire à cette répartie: “C’est plus facile de prendre du plaisir que de tomber amoureux, sinon ça ferait mal…” 

J’ai été très surprise qu’elles se livrent aussi facilement, précise Éloïse Malet, elles étaient à l’aise, contentes de participer et, à la fin, j’ai eu l’impression qu’elles n’avaient plus de secrets pour nous!” Seul regret pour la réalisatrice: le manque de diversité. “Il y a des hétérosexuelles, 3 bisexuelles mais pas de lesbiennes, on en avait dans le casting de départ mais elles m’ont planté avant le tournage, peut-être que c’est une coïncidence ou peut-être est-ce plus compliqué pour elles de témoigner.” On lui a posé quelques questions pour en savoir davantage sur ce road-movie un peu particulier. 

La vie sexuelle des Françaises décortiquée dans un documentaire

Le van dans lequel Éloïse Malet et Charlotte Notteghem ont sillonné la France, DR

Qu’est-ce qui t’a poussée à réaliser ce documentaire? 

On m’a sollicitée et j’étais très enthousiaste à l’idée de creuser ces thématiques, d’aller voir sur le terrain si la parole des femmes en matière de sexe était vraiment libérée. J’ai été très surprise car toutes celles qui témoignent dans le docu ont vraiment intellectualisé leur sexualité, elles ont un niveau de connaissance et d’expertise impressionnant. Elles ont pris du temps et de l’énergie pour se documenter, réfléchir, certaines sont même passées par tout un cheminement pour refuser la sexualité conventionnelle qu’elles avaient avec leur mari, d’autres se sont inscrites sur un site pour apprendre à se masturber. Moi qui avais l’impression d’être très ouverte sur la question, je me suis rendu compte que je n’avais pas autant investi ma sexualité qu’elles. 

La cheffe-opératrice Charlotte Notteghem et la journaliste Éloïse Malet, DR

Qu’est-ce qui t’a le plus marquée? 

Qu’elles témoignent à visage découvert. Je ne sais même pas si j’aurais été capable de le faire avant ce documentaire! Je m’attendais à ce que soit difficile pour elles de parler, et pour moi, de recueillir des anecdotes personnelles, des ressentis. J’avais donc mis en place des jeux, des questionnaires pour ce que soit plus simple, plus ludique. Au téléphone, avant de les rencontrer, j’avais le sentiment d’avoir parlé à des femmes assez réservées, mais une fois en face d’elles, j’ai été surprise par leur capacité à dire les choses, par la liberté de leurs paroles. Elles ont beaucoup ri, ça les a amusées de participer et elles se sont beaucoup livrées. 

 

La bande-annonce du documentaire Les Françaises au lit

As-tu pu observer une fracture générationnelle? 

J’ai remarqué que les plus jeunes femmes connaissaient mieux leur anatomie. Quand j’ai présenté le clitoris en 3D, les plus âgées étaient énervées de ne pas savoir ce que c’était! Les plus jeunes m’ont semblé aussi plus bienveillantes envers leurs partenaires. Elles ne veulent pas les mettre en difficulté, elles désirent une réelle égalité. Les seniors avaient parfois une rancœur envers certains de leurs compagnons, ceux notamment qui leur avaient imposé une sexualité qui ne leur convenait pas. Toutes -ou presque- les femmes se masturbaient, peut-être juste que les sexagénaires utilisaient moins de sex-toys. 

Leur sexualité est devenue une revendication féministe à part entière.

La vie sexuelle des Françaises décortiquée dans un documentaire

Capture d’écran du documentaire Les Françaises au lit

Selon toi, subsiste-t-il encore des tabous? 

J’ai eu l’impression qu’il n’y avait plus grand-chose de tabou. Les femmes se masturbent, regardent du porno, et elles ne considèrent pas qu’il y ait des pratiques avilissantes, leur sexualité est devenue une revendication féministe à part entière. Elles ont envie de choisir leurs pratiques, elles n’en ont plus honte. Avant, on se considérait très libérée quand on faisait des fellations ou des 69, aujourd’hui, on a dépassé ça. Les femmes sont actrices de leur sexualité. Selon moi, il n’y a plus de tabou, mais plutôt des limites fixées par chacune selon ses envies, ses désirs. Ça peut être le gang-bang, le fist-fucking ou l’échangisme par exemple. Elles en parlent librement d’ailleurs, elles disent juste qu’elles n’en ont pas envie. En revanche, le plus compliqué, pour les femmes en couple notamment, c’est de parler de leur vie sexuelle actuelle, c’est toujours plus facile de raconter des expériences avec d’anciens partenaires! 

Propos recueillis par Julia Tissier 

Les Françaises au lit, Téva, jeudi 22 novembre à 20h50.


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Capture d'écran du documentaire “Les Françaises au lit” - Cheek Magazine
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Capture d'écran du documentaire “Les Françaises au lit” - Cheek Magazine
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