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Le Cheek Point

Libération a enquêté sur 220 femmes tuées entre 2014 et 2016 par leurs conjoints

On a lu pour vous cette longue enquête de Libération sur ces 220 femmes mortes sous les coups de leur conjoint entre 2014 et 2016 et on vous la recommande vivement.
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Elles s’appelaient Géraldine, Christelle, Ninon, Marine, Carole, Myriam. Toutes sont mortes ces derniers mois sous les coups de leur mari, compagnon ou ex-conjoint. Leur décès a eu lieu dans l’indifférence générale, politique et médiatique. Les circonstances de la mort de ces femmes ont parfois été résumées en quelques lignes dans une dépêche AFP, comme autant d’événements anecdotiques. Les titres de presse régionale les ont systématiquement traitées dans la rubrique faits divers, qualifiant l’événement de ‘crime passionnel’, de ‘différend conjugal’ ou dedrame de la rupture’. Autant d’euphémismes pour qualifier des homicides qui se produisent le plus souvent dans l’intimité du domicile conjugal, sans témoin. Les victimes n’ont parfois pas de prénom, pas de profession. Il arrive que seul leur âge et le mode opératoire de leur agresseur apparaissent: ‘étranglée’, ‘battue à mort’, ‘tuée par balle’, au ‘couteau de cuisine’ ou ‘à coups de fer à repasser’.

Des meurtres passibles de la réclusion criminelle à perpétuité (au lieu de 30 ans), le fait que l’auteur soit le compagnon ou l’ex-conjoint de la victime étant une circonstance aggravante. Après avoir vu passer, une nouvelle fois, l’un de ces titres sans que cela n’émeuve grand-monde, nous nous sommes demandé qui étaient ces femmes. Nous avons recensé les articles des journaux locaux, régionaux et nationaux, pour tenter d’en savoir plus sur ces victimes anonymes. Ce corpus n’est pas exhaustif: tous les cas n’ont pas été relayés par la presse, et quand ils le sont, c’est souvent de manière parcellaire. Ce travail permet de prendre conscience de ce que les chiffres ne disent pas: les noms, prénoms, âges, situations familiales, professions, mais aussi les circonstances de la mort de ces femmes, les éventuels antécédents ou le traitement judiciaire. Au total, Libération a enquêté sur 220 décès de femmes. Toutes ont été tuées par leur conjoint, leur mari ou ex entre 2014 et 2016.

C’est un sujet complexe et généralement peu et mal traité dans les médias: les journalistes Juliette Deborde, Gurvan Kristanadjaja et Johanna Luyssen signent une longue enquête sur les femmes mortes sous les coups de leur conjoint ces trois dernières années. Illustrée de data visualisations claires, l’enquête démontre que les féminicides sont une réalité française. Et combien leur méconnaissance laisse de zones d’ombre: comment aider les femmes à signaler mieux, plus souvent, plus tôt les cas de violences conjugales, alors qu’elles sont souvent sous emprise psychologique? Quelle protection, quel suivi accorder aux enfants, dont bon nombre sont témoins de tout ou partie des violences au sein du couple? Comment, enfin, cesser de faire des meurtriers les “héros” des récits journalistiques, cesser de faire croire que l’amour est un mobile de meurtre acceptable, et rendre leur juste place de victimes de féminicides à toutes ces femmes?

Une enquête à lire de toute urgence sur le site de Libération.


3. Dans cette vidéo, des femmes sourdes racontent comment elles vivent avec l’endométriose

Si vous ne deviez regarder qu’une vidéo aujourd’hui, ce serait cette émission de L’Œil et la main, diffusée sur France 5, sur les difficultés rencontrées par les femmes sourdes victimes de cette maladie, et leur manque d’accès à l’information.
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5. Féminicide: pourquoi la France a-t-elle tant de mal à reconnaître ce terme?

Chaque année, plus d’une centaine de femmes sont assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint en France. Ces crimes sont des féminicides, à savoir des meurtres de femmes parce qu’elles sont des femmes. Inscrit dans le droit de nombreux pays latino-américains, la France commence seulement à intégrer le féminicide à son vocabulaire. Un lent processus de reconnaissance qui permet une meilleure visibilité de ces crimes sexistes.  
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6. Au Chili, son film sur l'avortement a créé le scandale

À la veille de l’élection présidentielle au Chili, un pays très conservateur en matière de droits des femmes, on a rencontré Constanza Figari, la réalisatrice d’un film coup de poing sur l’avortement.
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