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Droits des femmes

“No Gynophobie”: la réalisatrice Lisa Azuelos s'engage pour les femmes

Lisa Azuelos, qui a notamment réalisé LOL, met sa notoriété au service des femmes en lançant une plateforme consacrée à la gynophobie, un mot qu’elle veut populariser.
Lisa Azuelos DR
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Son engagement en faveur des femmes ne date pas d’hier, mais cette fois, elle a décidé de pousser son militantisme plus loin. Après avoir réalisé il y a deux ans un court-métrage dénonçant les mariages forcés de très (trop) jeunes filles dans le monde, Lisa Azuelos a profité de la Journée internationale des droits des femmes pour lancer sa plateforme Ensemble contre la gynophobie destinée à lutter, entre autres via des projets artistiques, contre les violences faites aux femmes dans le monde. Et pour joindre l’acte à la parole, la réalisatrice lance un appel à courts-métrages, dont le meilleur sera récompensé lors du prochain festival de Cannes. On lui a demandé comment était né ce projet ambitieux.

Depuis quand l’idée de ce mouvement te trotte-t-elle dans la tête?

Depuis toujours, mais concrètement, j’ai eu la révélation il y a environ un an que je devais monter mon association car je me suis rendu compte qu’il n’existait pas de mot pour qualifier les violences faites aux femmes. Un mot comme homophobie, racisme. Un mot pour protéger et changer les mentalités. J’ai réalisé il y a deux ans 14 millions de cris pour dénoncer cette horreur des mariages forcés. Je connaissais l’impact des images, j’ai découvert la puissance des réseaux sociaux. En dix jours il y avait eu un million de vues… Alors, l’idée de mon association, c’est d’abord de faire émerger ce mot de gynophobie puis de lancer un mouvement mondial autour de moi via une plateforme artistique et un concours de courts-métrages intitulé C’est quoi la gynophobie pour toi?.

“La situation des femmes partout dans le monde n’est tout simplement plus supportable.”

Pourquoi ce nom de No Gynophobie?

Parce qu’il n’est pas très beau, parce qu’il est clair, parce que, étymologiquement, gyno c’est la femme et phobie c’est la peur, l’aversion, parce qu’il est neutre de tous combats ou revendications. No Gynophobie car la situation des femmes partout dans le monde n’est tout simplement plus supportable. Alors No!

Ton pire souvenir sexiste?

C’est finalement extrêmement banal mais, comme beaucoup de filles qui font du vélo, un jour un mec m’a dit cette phrase magnifique: “Enlève ta selle, salope.

Ton objectif pour 2016?

Que le mouvement #nogynophobie prenne, que le concours de courts-métrages soit un succès pour que très vite l’on puisse voir, sentir des changements pour les femmes partout dans le monde. Qu’il soit rapidement insupportable de savoir une femme violée, une petite fille mariée de force ou tout simplement savoir que les femmes se font traiter de putes dans la rue… Comme il est aujourd’hui impensable de mettre des chaînes à un noir ou de le faire travailler dans un champ de coton.

 

Propos recueillis par Myriam Levain


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