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Avec le guide Little Africa, Jacqueline Ngo Mpii place l'Afrique au centre de Paris

Portrait d’une entrepreneure afro, qui veut changer la narration sur le tourisme à Paris et les Afrodescendant.e.s avec son site et son guide Little Africa.
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Little Africa est l’aboutissement d’un échec”, aime à dire Jacqueline Ngo Mpii. La créatrice de la plateforme, qui veut créer des “expériences” pour les curieux.se.s de l’Afrique à Paris, a des projets plein la tête. En novembre, lancera en effet le premier guide afro de Paris, un projet d’édition un rien paradoxal pour cette fille de bibliothécaire qui admet n’avoir pas lu dans son enfance. “J’ai trouvé  le nom du site sur mon canapé”, avoue aussi celle qui a beaucoup voyagé, notamment aux Etats-Unis, où les noms des quartiers où vivent des Haïtien.ne.s, des Sénagalais.e.s, des Italien.ne.s et d’autres ont également été des influences.

Après une enfance passée au Cameroun et des expériences touristico-professionnelles, l’entrepreneure de 28 ans a une révélation en passant du temps au Mexique. “Je me suis rendu compte qu’au contraire des Latinos -qu’ils ou elles soient Colombien.ne.s, Brésilien.ne.s, Mexicain.e.s-, qui traversent leur continent pour admirer des vestiges culturels communs, je ne connaissais pas aussi bien ma culture”.

 

Réflexions sur les pratiques culturelles des afrodescendant.e.s

De retour en France, elle se décide à créer une “agence centrée sur la découverte de l’Afrique et de ses racines autrement”. Plutôt que de découvrir le patrimoine français, c’est découvrir le patrimoine africain en France qui l’intéresse. “On devrait tout.e.s avoir cet héritage en partage, pouvoir en tant que Rwandais aller faire du tourisme sur les sites touristiques, mais cela semble encore compliqué”, s’étonne-t-elle, se rappelant les regards interloqués de ses ami.e.s quand elle préparait ses excursions en Afrique.

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C’est le fruit de ces interrogations -et une rupture conventionnelle dans son travail en 2013-, qui la poussent à fureter dans tous les coins de la capitale pour y trouver un peu d’Afrique, que ce soit dans les salons de coiffure, les boutiques de mode créateurs, les restaurants. 

A chaque retour de ces escapades, Jacqueline Ngo Mpii raconte tout en photos et en textes et, cinq ans plus tard, Little Africa est devenu un site d’adresses testées et triées sur le volet, guettées par 4000 visiteur.ice.s mensuel.le.s.  L’ancienne ingénieure commerciale est désormais à la tête de sa petite entreprise, composée d’une équipe de cinq personnes. Lucide, elle sait qu’une entreprise est viable au bout de trois ans. Mais elle y croit. “Je prends des risques, j’ai besoin de peu pour vivre; elle le sera”.

 

Des projets d’expansion en Europe

Jacqueline Ngo Mpii est l’une des fers de lance de cette nouvelle génération d’entrepreneur.e.s en France qui pointe le bout de son nez. “100 % africains et 100% français”, comme le dit Gaël Faye, auteur du remarqué Petit Pays, ils montent des affaires en France, un oeil sur le continent qui les a vus grandir eux et/ou leurs parents. Avec un but: instaurer une autre narration concernant les Afrodescendant.e.s, les quartiers qu’ils ou elles fréquentent ou dans lesquels ils ou elles travaillent, comme la Goutte d’Or.

“Les touristes ne doivent plus y aller parce qu’ils sont perdus mais parce qu’ils peuvent en découvrir la richesse, les commerçant.e.s, les belles choses qu’il y a là-bas”, souligne Jacqueline pour qui le tourisme “permet d’apprendre des choses dans un contexte de loisirs”. Et elle affirme que les actions de Little Africa, qui sont multiples, telles que les visites guidées, permettent d’éviter également de gommer l’histoire. “Nous nous devons de nous confronter à l’histoire, même si elle fait mal”, affirme-t-elle en prenant comme exemple l’esclavage, un sujet encore sensible à évoquer, même chez les jeunes. Pour le moment, les personnes qui fréquentent le site sont à la recherche de bonnes adresses, qui deviendront encore plus simples à trouver avec ce guide, qui à l’heure où nous écrivions, n’a toujours pas de date de publication précise, ni de prix (Mise à jour du 16 novembre 2016: le guide est désormais disponible ici). S’il promet d’être une mine d’informations, il n’est pas le dernier gros projet de Jacqueline Ngo Mpii qui, en bonne businesswoman, regarde déjà vers l’avenir et n’exclut pas de multiplier les plateformes Little Africa dans d’autres coins d’Europe. Car l’Afrique est partout, il suffit de bien regarder.

Dolores Bakèla


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