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Endométriose: la maladie cachée de Marilyn Monroe

Qui a tué Marilyn Monroe? Depuis un demi-siècle, cette question fascine les biographes qui ont tout imaginé: un suicide, un assassinat commandité par les frères Kennedy, ou par le FBI… Et si la star était morte des suites d’une maladie dont on parle encore trop peu, l’endométriose? 
Instagram/@marilynmonroe
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Sur Marilyn Monroe, on a tout écrit. De son enfance dans des familles d’accueil à sa liaison avec Yves Montand puis avec John Kennedy. De la folie de sa mère -qu’elle croyait être héréditaire-  à ses légendaires retards sur les plateaux de cinéma. De ses cheveux peroxydés à son addictions pour les opiacés. Tout. Ou presque. Mieux gardé encore que le secret de sa disparition (suicide? overdose? assassinat?), est celui de son endométriose. Il faut avoir épluché des dizaines de biographies de la star -et savoir lire entre les lignes- pour comprendre que l’actrice souffrait, depuis l’adolescence, de violentes et terribles douleurs liées à cette maladie qui touche aujourd’hui une femme sur 10.

Pour les biographes, l’histoire commence en  avril 1952, quand Marilyn Monroe, hospitalisée au Cedars of Lebabon Hospital de Los Angeles, officiellement pour une “appendicite”, entre au bloc opératoire avec un mot manuscrit sur le ventre à l’adresse de son chirurgien.

Dear Dr. Rabwin,

cut as little as possible I know it seems vain but that doesn’t really enter in to it. The fact I’m a woman is important and means much to me.

Save please (I can’t ask enough) what you can -I’m in your hands. You have children and you must know what it means -please Dr Rabwin- I know somehow you will!

thank you ) thank you – thank you – For God’s sakes Dear Doctor no ovaries removed – please again do whatever you can to prevent large scars.

Thanking you with all my heart.

Marilyn Monroe

(Ndlr: “Cher Dr Rabwin, coupez aussi peu que possible, je sais que cela semble futile, mais cela importe peu. Le fait que je sois une femme est important et signifie beaucoup pour moi. Sauvez s’il vous plait (je ne peux pas demander assez) ce que vous pouvez -je suis entre vos mains. Vous avez des enfants et vous devez savoir ce que cela signifie -s’il vous plaît Dr Rabwin- Je sais que vous le ferez! Merci – merci – merci – Pour l’amour de Dieu Cher Docteur, pas d’ablation d’ovaire- et s’il vous plaît faites ce qui est en votre pouvoir pour éviter de grandes cicatrices. Je vous remercie de tout mon cœur.”)

Le chirurgien en charge de l’opération, le Dr Marcus Rabwin, découvrant la note de l’actrice, décide de demander à un confrère gynécologue, le Dr Leon Krohn, de l’assister durant la procédure. Lorsqu’ils ouvrent l’abdomen de Marilyn Monroe, ils constatent que ce n’est pas une inflammation de l’appendice dont elle souffre, mais bien d’un état avancé d’endométriose. “À l’époque, dans les années 50 aux États-Unis, les médecins étaient déjà capables de poser ce diagnostic”, explique le Dr. Martin Winckler, gynécologue. Seule une opération pouvait permettre de diagnostiquer une endométriose, puisqu’il n’existait alors pas d’examen permettant de la déceler. Après cette intervention chirurgicale, le Dr Krohn va donc devenir son gynécologue attitré, et va l’opérer à de nombreuses reprises.

Entre 1952 et 1962, Marilyn Monroe subit sept interventions destinées à la soulager.

Dans son livre intitulé Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les règles sans jamais avoir osé le demander et publié chez Fleurus en 2008, le Dr Winckler consacre un passage à Marilyn Monroe et sa maladie: “À l’époque, il n’existait pas de traitement médicamenteux, et seule la chirurgie était employée pour traiter les zones d’endométriose. Entre 1952 et 1962, Marilyn Monroe subit sept interventions destinées à la soulager.

Cette première opération et le récit de la note posée sur le ventre de la star va échapper à l’attention de ses biographes, jusqu’à la publication de deux ouvrages -on en dénombre plus de 300!- : celui de Anthony Summers en 1985, puis de Donald Spoto en 1993. Summers, surtout, fait clairement référence aux douleurs gynécologiques de Marilyn Monroe: “Depuis son adolescence, c’est-à-dire bien avant ces multiples interventions, le ventre de la pauvre Marilyn était pour elle déjà un véritable instrument de torture. Jim Dougherty (son premier mari, NDLR) raconte ‘Norma Jeane souffrait terriblement pendant ses règles; elle était terrassée par la douleur’.
À ce propos, Zolotow, un de ses premiers biographes, évoque une scène qui se serait reproduite plusieurs fois à l’époque de ses débuts à Hollywood: Marilyn conduit, soudain, coup de frein violent, elle bondit au dehors et s’accroupit sur le bord de la route, cassée en deux par la douleur. Maurice Zolotow remarqua un jour sur la coiffeuse de sa loge quatorze boîtes de médicaments. Presque tous étaient des antalgiques prescrits pour les douleurs menstruelles.” (Ndlr: extrait issu des Vies secrètes de Marilyn Monroe, Anthony Summers, Presse de la Renaissance 1986)

Il apparaît clairement, à la lecture de ces différents travaux, que l’endométriose est bien à l’origine de l’addiction de Marilyn Monroe aux médicaments.

Prescription du Dr Krohn pour “Mrs A. Miller” (Marilyn est alors l’épouse d’Arthur Miller) en 1958.

Ceux qui s’intéressent à la vie de Marilyn Monroe savent aussi qu’elle a souffert toute sa vie de ne pas être mère. Là encore, la reconnaissance de son endométriose jette un jour nouveau sur les raisons de son infertilité et de ses fausses couches à répétition. De nombreuses rumeurs ont circulé sur ses prétendus avortements, rumeurs démenties par le Dr Krohn lui-même: “Elle n’a jamais subi d’avortement. Elle a fait deux fausses couches, ainsi qu’une grossesse extra-utérine qui a nécessité une intervention chirurgicale d’urgence, mais pas d’avortement.  

Pour le docteur Martin Winckler, il n’y a pas de doute, c’est bien sa maladie qui est responsable de sa mort prématurée.

Depuis plus d’un demi-siècle, la star est fréquemment décrite comme atteinte de troubles psychiatriques graves. Sans doute souffrait-elle de dépression chronique. Mais on le serait à moins! Son endométriose pourrait expliquer ses fréquentes absences des plateaux de tournage, ses fausses couches, la “frigidité” évoquée par certains de ses partenaires -elle n’aimait pas avoir des rapports sexuels car elle avait mal-, son infertilité, ses “sautes d’humeur” et aussi, bien sûr, sa dépendance aux antidouleurs… qui a précipité sa fin.

Pour le docteur Martin Winckler, il n’y a pas de doute, c’est bien sa maladie qui est responsable de sa mort prématurée. “Elle a succombé en 1962 à une overdose d’antalgiques et de tranquillisants prescrits pour lui permettre de lutter contre la douleur.” L’histoire de sa mort serait donc bien moins romanesque que ne l’ont imaginée ses centaines de biographes: ni le FBI, ni les frères Kennedy n’auraient eu la peau de Marilyn Monroe, mais bien cette maladie dont, plus de 50 ans après la mort de l’actrice, les médecins peinent encore si souvent à dire le nom.  

Caroline Langlois


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