société

Interview “Génération écolo” / Mélanie Laurent et Cyril Dion

“Les gens ne sont pas au courant que l'espèce humaine est menacée”

On a rencontré Mélanie Laurent et Cyril Dion pour parler de Demain, leur projet de road-movie documentaire sur l’écologie.
Cyril Dion et Mélanie Laurent © Fanny Dion
Cyril Dion et Mélanie Laurent © Fanny Dion

Cyril Dion et Mélanie Laurent © Fanny Dion


On savait déjà Mélanie Laurent engagée dans la cause environnementale: en septembre 2012, l’actrice et réalisatrice avait notamment prêté sa voix au documentaire The End of The Line, qui dénonçait les méfaits de la surpêche. Aujourd’hui, elle s’investit pleinement en faveur de l’écologie avec Demain, un documentaire qu’elle coréalise en compagnie de Cyril Dion. Ce dernier, ancien comédien, a été directeur de Colibris, ONG cofondée en 2006 avec le pionnier de l’agroécologie Pierre Rabhi, et avec laquelle il avait coproduit en 2010 le film de Coline Serreau Solutions locales pour un désordre global.

Tous deux trentenaires et jeunes parents, Mélanie Laurent et Cyril Dion sont partis d’une question simple -“dans quel monde vivront nos enfants dans 40 ans?”-, et d’une réponse terrifiante -plusieurs études internationales annoncent un effondrement probable de notre civilisation d’ici là-, pour lancer ce projet qui devrait voir le jour en décembre 2015. L’idée de Demain est de “partir en quête des meilleures solutions expérimentées aux quatre coins de la planète” pour éviter le désastre annoncé et par là-même, “donner envie au plus grand nombre de construire un monde meilleur [en lui donnant] un visage”. Mardi 27 mai, les deux réalisateurs célébraient le coup d’envoi de leur campagne Kiss Kiss Bank Bank au magasin Centre Commercial, dans le 10ème arrondissement de Paris. L’occasion de les soumettre à nos questions “génération écolo”. 

La fibre écolo se développe-t-elle particulièrement à la trentaine?

Cyril Dion: En tout cas, c’est clairement un truc de génération. Ça va devenir obligatoire d’être écolo. Les trentenaires de 2044, c’est à dire ceux qui naissent aujourd’hui, n’auront absolument pas le choix. Ce sera une nécessité de survie. 

Mélanie Laurent: Les gens reviendront aux préceptes de la génération de nos grands-parents. Ces derniers avaient les bons réflexes écolos, le bon sens. 

Quels gestes écolos vos parents vous ont-ils transmis?

ML: Je me souviens surtout de l’eau. Il fallait éviter de la laisser couler. Et puis l’électricité: surtout, ne jamais laisser une lumière allumée pour rien! 

CD: Se soigner avec les plantes et manger sainement. Ma mère me traînait dans les magasins bio -qu’on appelait encore des magasins diététiques à l’époque-, et mon père était navré quand il la voyait revenir avec des espèces de galettes de céréales alors que tout ce qu’il voulait, c’était manger un bon vieux steak. 

Quels sont les grands défis écologiques que doit relever notre génération?

CD: Le changement climatique en est un, tout comme la chute de la biodiversité -c’est à dire les espèces qui meurent super vite. Il y a aussi le problème des ressources qui s’épuisent. Mais le plus gros défi de tous, c’est celui de se mettre tous ensemble pour résoudre ces défis-là. 

“On attend d’être face au mur, comme dans les films de science-fiction où tout part en vrille.”

Pour parvenir à résoudre ces problèmes, de quels moyens notre génération dispose-t-elle, par rapport aux précédentes?

CD: Il faut que notre génération s’engage en politique d’une façon très différente de celle des leaders actuels et qu’elle créée de nouveaux partis, propose des idées. Comme on dit, si tu ne t’occupes pas de la politique, la politique s’occupera de toi. Si les jeunes ne s’engagent pas, on va continuer à être dirigés par des gens qui protègent leurs intérêts. 

ML: Tout existe déjà, tout est là, c’est juste une histoire de conscience, d’éveil, de solidarité et de se bouger le cul. Si on attend que les politiques changent, on est foutus. C’est à nous de changer les choses, sinon on va disparaître. 

Pourquoi notre génération n’a t-elle pas encore eu massivement le déclic?

ML: Les gens ne se rendent pas compte de ce qu’il va se passer, c’est pour ça qu’il n’y a pas de déclic. Les médias et les politiques ne font pas passer l’information. Les gens ne sont même pas au courant que l’espèce humaine est menacée, c’est une aberration. On parle de tout, sauf de ça. On attend d’être face au mur, comme dans les films de science-fiction où tout part en vrille. A ce moment-là, ce sera trop tard. 

Pour financer votre film, vous faites appel au crowdfunding, un outil très générationnel. Pourquoi?

ML: On avait envie d’être financés par les gens, plutôt que par des producteurs uniquement. Pour nous, c’était hautement symbolique. 

CD: L’objectif, c’est que tout ça devienne un mouvement. On voudrait partir de Demain pour faire plein de choses. Si les gens se sentent responsables de l’impact de ce film, il aura dix fois plus de force. 

Propos recueillis par Faustine Kopiejwski


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