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Melody Szymczak / Interview “Workaholic”

Melody Szymczak, l’entrepreneure qui va vous faire adorer la méditation

Melody Szymczak a monté sa société de production, Cofee sans sucre, sans jamais renoncer à sa passion pour la méditation. Rencontre avec une entrepreneure qui a tout compris à son époque.
Melody Szymczak, DR
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Son “nom de famille imprononçable”, Melody Szymczak le porte avec fierté car elle l’a hérité d’une arrière-grand-mère polonaise avant-gardiste, mère célibataire juive au destin bouleversé par le nazisme, qui l’a conduite en France avant la guerre. Une histoire qui a directement influencé la sienne, puisque son grand-père, le fils de cette battante, a transmis sa passion pour la spiritualité et les religions à la jeune femme de 33 ans, qui est devenue une adepte de la méditation dès l’enfance. Bien avant l’engouement collectif actuel, Melody Szymczak avait pris conscience du lien puissant qui unit le corps et l’esprit et n’a jamais arrêté de méditer, même quand son activité professionnelle a atteint des rythmes fous.

Dans notre génération, nous essayons d’être les plus performantes et créatives possible tout en gardant une harmonie avec notre vie personnelle.” 

Car avant d’être à la tête de sa boîte de prod’ Cofee sans sucre, Melody Szymczak a fait ses armes dans le journalisme télé, d’abord lifestyle chez D8 puis financier sur une petite Web TV, qu’elle a lancée tout en construisant l’offre digitale de la chaîne. Un domaine dans lequel elle est désormais spécialisée: son entreprise propose des contenus digitaux à toutes sortes de marques, et veut encourager particulièrement les parcours féminins. “Mon arrière-grand-mère était une pionnière, ma mère a elle aussi travaillé dur dans la finance, je crois que je porte tout ça dans mes gènes, sourit-elle. Mais à la différence de nos aînées, dans notre génération, nous essayons d’être les plus performantes et créatives possible tout en gardant une harmonie avec notre vie personnelle.”

Enceinte de sept mois quand on la rencontre, et toujours aussi impliquée dans son boulot -même si elle concède avoir un peu ralenti-, elle incarne plutôt bien cet équilibre entre vie professionnelle et vie privée. D’autant qu’elle a fait de son goût pour la méditation une activité professionnelle parallèle: plusieurs fois par an, elle organise dans des endroits cools de la capitale des “Party and meditate sessions”. Une façon de sensibiliser ceux qui le souhaitent à une conception de la vie davantage connectée à nos besoins intérieurs.

Aux États-Unis, le nombre de free-lances a dépassé le nombre de collaborateurs en interne, je crois beaucoup à ce modèle.”

La jeune cheffe d’entreprise essaye par ailleurs de réinventer chaque jour sa manière de travailler, en s’inspirant notamment de ses expériences à l’étranger. “Au départ, j’ai voulu embaucher chez Cofee, mais maintenant je bosse essentiellement avec des free-lances, qui travaillent à distance ou bien la nuit, en toute liberté et en toute créativité. Aux États-Unis, le nombre de free-lances a dépassé le nombre de collaborateurs en interne, je crois beaucoup à ce modèle.” Une chose est sûre, Melody Szymczak fait partie des personnes passionnées par leur boulot, et c’est assez naturellement qu’elle a répondu à notre interview “Workaholic”.

À quand remontent les premiers symptômes de ton workaholisme?

Je dirais que ça a commencé quand je travaillais chez Direct 8, où j’étais assistante de production tout en réalisant des reportages le mercredi et le week-end, et où on m’a laissé faire des chroniques en plus de tout ça. Personne ne m’a forcée, j’en avais envie, je n’avais même pas l’impression de travailler.

La fois où tu as frôlé le burnout?

Il y a quatre ans, je menais de front un job en agence, une web TV consacrée aux femmes et des séances de média training par la méditation, je travaillais jour et nuit. Je m’alimentais mal, j’ai commencé à sentir que mon corps se déséquilibrait, je n’avais plus aucune créativité. Je me suis accordé une pause de trois semaines en Thaïlande, j’ai pris mon sac à dos et je suis partie faire du snorkeling sur une île coupée du monde, sans aucune connexion Internet. Là-bas, j’ai compris qu’il était temps de faire autre chose, et à mon retour, j’ai quitté mon job et lancé ma boîte.

En quoi travailler est-il grisant?

J’aime l’adrénaline permanente et l’énergie créative qui est toujours présente et mouvante. Parfois, j’aimerais mener une vie plus douce, m’asseoir à une table et regarder les gens passer. Dès que je le fais, le besoin d’adrénaline revient, je crois que je ne pourrais plus vivre sans, et j’irai toujours chercher cette sensation.

Ton truc pour avoir de l’endurance?

Le sommeil! Maintenant, je dors au moins sept ou huit heures par nuit. Peu de gens résistent au manque de sommeil à long terme. Je fais aussi du sport, mais surtout de la méditation, ça m’aide à me calmer et à développer ma créativité. Tous les jours, je fais une session d’un quart d’heure le matin, et j’en refais une de 30-45 minutes le soir vers 18 heures, quitte à rebosser après.

 

Quels sont les effets secondaires désagréables?

Être avec ses proches et ne pas être suffisamment à l’écoute. Quand tu es entrepreneur, tu as constamment des hauts et des bas, parfois, tu es au fond du gouffre et tu crois que ce que tu vis est la chose la plus importante au monde. Là, ton entourage peut te ramener à la réalité. En ce qui me concerne, avec le temps, j’ai appris à maîtriser mes coups de stress.

La dernière fois que tu as fait une nuit blanche?

J’essaye d’éviter, mais j’en ai encore fait une au mois de novembre, pour un client basé au Japon. J’avais des interlocuteurs ici et là-bas, et avec le décalage horaire, j’avais des retours 24h/24h, et j’ai bossé toute la nuit. J’étais déjà enceinte et j’ai senti que mon corps atteignait ses limites.

Ton anti-stress le plus efficace?

Quand je suis embourbée dans un truc, ma seule solution, c’est de tout arrêter. Même la méditation ne m’aide pas, car c’est plus une habitude à prendre qu’un remède au stress quotidien. Dans les moments de grand stress, je vais donc me balader en écoutant de la musique ou bien je m’assois à une terrasse de café et je regarde les gens passer pendant des heures. C’est très efficace!

Ta façon d’appréhender la detox?

Pour les detox de bouffe, il est recommandé de faire un jour de detox par semaine plutôt qu’une detox de trois semaines une fois par an. J’essaye de faire pareil pour le boulot. Je n’ai pas besoin de beaucoup de vacances, mais quand je ne travaille pas, je ne travaille pas: je veux être présente pour mon entourage ou bien je m’accorde du temps pour voir passer le temps.

À long terme, envisages-tu de décrocher?

Je n’ai jamais fait de projet à long terme donc je ne sais pas. (Rires.) Je ne me ferme aucune porte et je fais les choses les plus adaptées au timing.

Qu’est-ce qui te ferait arrêter?

Rien ne me fera arrêter. J’ai déjà vécu des moments difficiles et je sais que je suis endurante, je suis même encore plus performante dans ces moments-là. Quoi qu’il arrive, j’aurai toujours cette excitation de la création en moi.

Propos recueillis par Myriam Levain

Melody Szymczak fait partie des speakers de Sisterhood #3 ce soir.


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