société

Miss France 2017

“Le concours de Miss France donne une vision de la beauté stéréotypée”

Le célèbre concours de beauté aura lieu ce week-end, et il provoque de nombreuses réactions au sein du mouvement féministe. Michèle Idels, membre du MLF, revient pour Cheek sur cette antique compétition “qui ne rend pas service aux femmes”.
© Benjamin Decoin, Sipa
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96 ans, c’est l’âge du bon vieux concours Miss France dont l’idée initiale, élire “la plus belle femme du pays” n’a pas changé. D’ailleurs chez les Miss, à part les maillots de bain, pas grand chose n’a changé depuis les origines de la compétition. 24 ans au maximum, grandes, minces et majoritairement blanches, les  30 candidates qui représentent leur région défileront samedi 17 décembre à Montpellier et en direct sur TF1 sous l’égide de Jean-Pierre Foucault, présentateur de l’émission depuis plus de deux décennies.

L’émission, qui a réuni près de 8 millions de téléspectateurs l’année dernière, semble agacer bon nombre de femmes. D’Osez le féminisme pour qui “la vie est suffisamment courte pour ne pas regarder l’élection de Miss France” à Maïa Mazaurette qui affirme que “si c’est un concours de beauté, ce serait bien de l’appeler Miss Beauté. La France vaut mieux que ça. La condition féminine aussi”, une douce polémique bat son plein ces derniers jours. Michèle Idels, avocate, co-directrice des Éditions des Femmes – Antoinette Fouque et militante du Mouvement de Libération des Femmes (MLF), nous donne son avis sur la question.

Que pensez-vous du concours Miss France?

Célébrer la beauté des femmes ne nous choque pas. Au MLF, aux Éditions des femmes-Antoinette Fouque, nous l’avons fait et le faisons de toutes les manières qui soient, en affirmant leur créativité, leur intelligence, leur fécondité. Mais dans ce concours Miss France, la beauté en question est très stéréotypée, formatée, fondée sur une conception de la féminité misogyne et sur une relation entre les hommes et les femmes largement dépassée. TF1, qui a tenté d’améliorer les choses en donnant la parole aux candidates, le sait.

Êtes-vous d’accord avec OLF qui invite TF1 à “programmer un concours basé sur des femmes remarquables qui agissent contre la pauvreté et l’exclusion”?

Bien sûr, on aimerait que les médias rendent justice à l’action des femmes si largement invisibilisées. Mais pourquoi le faire dans le cadre d’une mise en concurrence? Pourquoi se soumettre à cette tendance ultra-libérale de la société qui ne connaît que le rapport de forces et la compétition excluante. Si l’on est contre élire la femme la plus belle, alors pourquoi être pour élire la femme dont l’action serait la plus belle?

Allez-vous regarder le concours demain soir?

Non, nous serons en réunion avec mes amies de l’Alliance des femmes pour la démocratie pour discuter de nos actions en cours: les militantes FEMEN sont scandaleusement poursuivies pour “exhibition sexuelle” alors qu’elles demandaient, le torse recouvert de slogans, la libération de Jacqueline Sauvage injustement maintenue en prison; Asli Erdogan, écrivaine, est emprisonnée en Turquie où elle incarne la démocratie mise à mal, et risque une grave condamnation. Nous devons toutes et tous nous mobiliser pour ces causes-là.

Propos recueillis par Virginie Cresci


2. Aya Nakamura est-elle victime de misogynoir?

Depuis les NRJ Music Awards, qui ont eu lieu samedi 10 novembre, Aya Nakamura est au cœur d’une nouvelle polémique, et doit faire face à des propos violents de la part de présentateurs, comme Matthieu Delormeau. Des déclarations qualifiées de “misogynoir” par certains internautes.  
© Benjamin Decoin, Sipa - Cheek Magazine
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3. “Mansplaining”, le nouveau podcast de Slate, décortique les masculinités

Slate a lancé son nouveau podcast sur les masculinités, Mansplaining, animé par Thomas Messias, professeur de lycée et journaliste pour le magazine. Dans ce premier épisode, le trentenaire met en exergue les stéréotypes du genre véhiculés par les œuvres cinématographiques. 
© Benjamin Decoin, Sipa - Cheek Magazine
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5. Avec son podcast “2400”, Diahala Doucouré offre une parole intime sur les règles aux femmes

Diahala Doucouré a lancé 2400, un podcast qui interroge les femmes sur leurs rapports aux règles. Elle en profite pour questionner la religion, la sexualité ou encore la transmission familiale, loin d’être hors-sujet lorsqu’on parle de menstruations.
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