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My Little IVG: un blog pour en finir avec le tabou de l'avortement

Le blog My Little IVG dédramatise l’avortement en bande dessinée. Salutaire. 
© My Little IVG
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Lorsqu’elle ne dessine pas les aventures de Chloé, l’héroïne du blog My Little IVG, Sarah Gully s’occupe de la communication d’un théâtre parisien et illustre les pages du magazine de sport féminin Les Sportives. À 28 ans, la dessinatrice, même âge que son personnage et même expérience de l’IVG, avait envie de créer sur le sujet un “blog de chevet pour toutes les nanas qui passent par là et ont besoin d’une bonne rigolade.” 

Lancé fin juillet, My Little IVG -on aime beaucoup le clin d’œil absurde à My Little Paris– n’est pas le coup d’essai de cette illustratrice qui cite Wolinski, Claude Ponti, Claire Bretécher ou Joann Sfar parmi ses modèles. Sarah Gully, qui dit “avoir toujours dessiné”, met en ligne ses BD depuis quatre ans sur le blog Clémence et le pire, où son coup de crayon agile et son humour décapant font mouche. On lui a posé quelques questions. 

 

Pourquoi avoir lancé My Little IVG?

J’ai eu l’idée au moment où j’étais moi-même sur la route de l’IVG et que je ne trouvais rien pour me détendre et prendre un peu de recul sur le sujet. Faire une IVG n’est pas quelque chose de facile: ce n’est ni un détartrage, ni une mauvaise grippe. Ça interpelle, ça fait gamberger, flipper, mais ce n’est pas non plus -en ce qui me concerne- un événement qui m’a traumatisée. Je n’ai jamais rien lu de très nuancé sur ce sujet, la plupart des témoignages étant très dramatiques et négatifs. J’ai donc eu envie de faire entendre une autre voix, la mienne, celle de mes copines, des femmes de ma famille, des femmes autour de moi.

“La veille de mon avortement, c’était mon anniversaire. J’ai transformé ça en ‘IVG shower’ avec mes copines autour d’un gâteau.”

27,5 ans, c’est l’âge moyen de l’avortement en France. C’est aussi quasiment l’âge du premier enfant (28 ans). Pour toi, garder l’enfant a-t-il été une option?

Absolument pas. Je n’ai pas hésité une seconde. Je pense que si j’avais été avec un homme avec lequel j’avais eu envie de construire, je me la serais posée cinq minutes de plus, mais honnêtement, j’ai envie de faire tellement de choses avant d’avoir des enfants -et j’en veux! La veille de mon avortement, c’était mon anniversaire. J’ai transformé ça en “IVG shower” avec mes copines autour d’un gâteau, devant le match France-Suisse de l’Euro. On a beaucoup ri -et bu. Même si j’étais morte de trouille au fond, je suis contente de l’avoir vécu positivement, entourée de potes, d’amour et de pizzas.

Est-ce que tu as reçu des réactions de lectrices? 

Beaucoup! Des réactions très positives avec des remerciements. Comme quoi, une parole avait besoin de circuler…

Et des réactions d’anti-IVG?

Oui, surtout sur Twitter. Les “Micheline Pro-vie” me traitent de folle meurtrière insensible. Mais ça me fait plus marrer qu’autre chose car j’ai du mal à trouver leurs arguments crédibles.

 

My Little IVG

© My Little IVG

Qu’aimerais-tu accomplir avec My Little IVG?

J’aimerais que cela libère la parole sur ce sujet, que d’autres femmes osent parler positivement de leur avortement, sans se sentir coupables de ne pas en avoir souffert. Ou d’en parler librement même si elles en ont souffert, en tout cas que cela ne soit plus tabou, comme beaucoup de sujets que les femmes doivent constamment garder sous le tapis. C’est chiant, on partage l’espace de moitié avec nos amis les hommes et on dirait que nos problèmes doivent être mis à l’écart pour ne pas déranger ou choquer. Je ne veux pas faire non plus la promotion de l’IVG ou la banaliser, mais juste rendre audible un discours libre et moderne. J’ai été contactée par des centres médicaux pour afficher des planches de la BD en salle d’attente, si ça peut faire rigoler les filles qui attendent toutes tremblantes, alors c’est aussi un bel accomplissement.

“Certains hommes sont venus me remercier et me dire qu’ils pensent qu’il est important de vivre ça à deux.”

Ton blog s’adresse-t-il aussi aux hommes?

J’aimerais en effet que les hommes se sentent plus investis lorsque cela arrive à leur copine. Qu’ils comprennent ce qui se passe dans le corps et dans la tête de leur nana, qu’ils soient à l’écoute, amoureux ou pas. Certains sont d’ailleurs venus me remercier et me dire qu’ils pensent qu’il est important de vivre ça à deux.

Sais-tu combien d’épisodes tu vas réaliser? Une fin est-elle déjà prévue?

Il y a beaucoup de sujets que je veux traiter donc à mon avis, il y aura au moins une vingtaine d’épisodes… J’ai une petite idée pour la fin, oui. Mais pas de spoiler!

Propos recueillis par Faustine Kopiejwski


1. 40 degrés le jour, ville fantôme le soir: Sophie raconte sa quarantaine à Ouagadougou, au Burkina Faso

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© My Little IVG - Cheek Magazine
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6. Entre solitude et difficultés financières, Cyrine raconte son confinement à Tunis

Depuis plusieurs semaines, de nombreux pays ont décrété le confinement de leurs populations, avec plus ou moins de restrictions dans les sorties et les activités. Alors que la Chine se relève tout doucement, c’est désormais l’Europe, les Etats-Unis ou encore l’Iran qui sont frappés de plein fouet par l’épidémie. Depuis quelques jours, la Tunisie est à l’arrêt. Un coup dur pour Cyrine, entrepreneure hyperactive, qui a dû planifier de quoi s’occuper pendant le confinement.  
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