société

Nappy: l'afro reprend le dessus

Le cheveu naturel est à la mode: dans la rue, à la télé et surtout sur la toile, on voit les coupes afros se multiplier. Mode passagère ou tendance de fond?

Melissa, 27 ans - Cheek Magazine
Voir les 11 photos

DIAPORAMA : Au salon Boucles d’ébène, qui s’est tenu en juin dernier à Montreuil (93), les allées étaient pleines de Nappy girls. Notre repérage en images. ©Laetitia Prieur/Cheek Magazine

Nappy: l'afro reprend le dessus

01 / 11
 - Cheek Magazine
 - Cheek Magazine
 - Cheek Magazine
 - Cheek Magazine
 - Cheek Magazine
 - Cheek Magazine
 - Cheek Magazine
 - Cheek Magazine
 - Cheek Magazine
 - Cheek Magazine
 - Cheek Magazine

Je voulais juste être libérée de l’esclavage que les femmes noires font parfois subir à leurs cheveux”. C’est par cette phrase choc que Solange Knowles, la petite sœur de Beyoncé, a expliqué son big chop en 2009. À l’époque, elle avait surpris toute la planète mode en se rasant entièrement la tête et en arborant une coupe courte et frisée. Depuis, on remarque de plus en plus de filles qui ont arrêté le défrisage pour revenir à leur texture de cheveux originelle et la communauté Nappy (“Natural” + “Happy”) a commencé à émerger sur le Net. Les blogs comme Black Beauty Bag ou des chaînes YouTube apprennent aux néo-Nappy comment réaliser des Bantu Knots out et autres wash and go en insistant sur l’importance d’une bonne routine capillaire.

Difficile d’échapper à la norme

Arrêter le défrisage n’est pas une décision anodine car le cheveu lisse est aujourd’hui une norme à laquelle il est difficile d’échapper. Parfois, entre la prise de décision et le passage à l’acte, il peut même se passer des années: “J’y ai pensé la première fois en 2007 mais je craignais le regard des gens, explique Vitaline, 28 ans, chargée de mission. En 2011, j’ai finalement sauté le pas car j’aime toutes les possibilités qu’offrent les cheveux naturels et surtout, je ne voulais plus être dépendante d’un produit comme le défrisant”. En effet, comme pour une coloration, il faut sans cesse entretenir son défrisage et répéter l’opération tous les deux ou trois mois sous peine d’avoir des repousses crépues. Cette idée de dépendance, l’acteur américain Chris Rock l’a développée dans Good Hair, un documentaire qu’il a co-réalisé en 2009 pour décrypter les rapports compliqués qu’entretiennent les Afro-américaines avec leurs cheveux. Pour Virginie, juriste de 27 ans, la prise de conscience a été progressive : “J’avais de beaux cheveux avant mon premier défrisage vers 11-12 ans et ils sont devenus secs, cassants, je n’arrivais plus à les coiffer et ils ne poussaient plus… J’ai découvert des forums comme Boucles et Coton et c’est en lisant Peau noire, cheveux crépus : l’histoire d’une aliénation  de Juliette Sméralda (Editions Jasor) que j’ai compris pourquoi je me défrisais les cheveux. J’ai enfin réalisé que le lisse n’était pas le seul idéal de beauté.

Un vestige de l’esclavage

L’auteure, sociologue et historienne,  y explique comment la suprématie du cheveu lisse s’est imposée au temps de l’esclavage, lorsque les femmes noires s’occupaient de leurs maîtresses blanches. Peu à peu, elles ont intériorisé l’équation lisse = beau. “La question du défrisage du cheveu crépu a été classée par l’Unesco comme séquelle psychologique de la traite négrière transatlantique. Les gens ignorent cette dimension historique et sont assez choqués quand je la leur apprends” reconnaît Juliette Sméralda. Mais les canons de beauté sont désormais en train de changer, notamment dans la publicité. Là où les marques choisissaient des mannequins aux cheveux raides, on voit de plus en plus de femmes aux cheveux naturels dans des campagnes d’affichage ou à la télévision. Mizani, la marque pour cheveux texturés de L’Oréal a désigné Inna Modja, la chanteuse qui arbore une impeccable boule afro, pour la représenter. Gabrielle Ferrandon, attachée de presse de la marque, confie : “Nous l’avons choisie car elle incarne une beauté décomplexée, fraîche et moderne, et c’est une personne qui aime s’occuper de ses cheveux.

Démarche globale

A une époque où le bien-être est au cœur de toutes les préoccupations, le défrisant est de plus en plus dénoncé comme un  produit dangereux, pouvant provoquer des brûlures, des cassures et autres alopécies (l’accélération de la chute des cheveux). Certaines études associent même la pratique du défrisage à l’apparition de fibromes utérins et de puberté précoce. Dès lors, le retour du cheveu naturel s’impose comme une solution plus douce qui accompagne le corps plutôt qu’il ne le dénature et s’inscrit dans une démarche globale de recherche de modes de vie plus sains et respectueux de l’environnement. Aline Tacite, co-fondatrice du salon Boucles d’ébène qui organisait sa quatrième édition en juin dernier y voit le signe que “les femmes noires et métissées veulent de plus en plus se montrer telles qu’elles sont, en faisant fi du poids social ou professionnel qui pèse encore parfois sur elles”.

Stéphanie Semedo

Curlidole est l’une des chaînes Youtube consacrées aux Nappy


1. Elles ont lancé Révèle, la marque pour femmes dédiée aux sports de contact

Joueuses de rugby et diplômées de HEC, Laetitia Pingel et Clémence Fabre ont lancé Révèle, la première marque d'équipements et de protections pour les femmes qui pratiquent des sports de contact -rugby, handball, boxe, roller derby, arts martiaux…. Les deux amies et associées de 25 ans,…
Vania, 27 ans, Drancy. © Laetitia Prieur/Cheek Magazine - Cheek Magazine
Vania, 27 ans, Drancy. © Laetitia Prieur/Cheek Magazine

2. Avec l’Empowerment Lab, Charlotte Scapin veut démocratiser le développement personnel

À seulement 25 ans, Charlotte Scapin est déjà atteinte de workaholisme aigu et pour cause: elle a monté un projet de boîte en parallèle de ses études et de son job en alternance. L’Empowerment Lab, qui a ouvert ses portes au mois de janvier dernier…
Vania, 27 ans, Drancy. © Laetitia Prieur/Cheek Magazine - Cheek Magazine
Vania, 27 ans, Drancy. © Laetitia Prieur/Cheek Magazine

3. En Argentine, le féminisme est plus vivant que jamais

Fière et droite, Mikaela, 18 ans, brandit son message écrit noir sur rouge: “Je ne veux pas de fleurs. Je veux du respect et des droits.” Comme des centaines de milliers d’Argentines, ce 8 mars 2017, la jeune fille et sa copine Ariana, 17 ans,…
Vania, 27 ans, Drancy. © Laetitia Prieur/Cheek Magazine - Cheek Magazine
Vania, 27 ans, Drancy. © Laetitia Prieur/Cheek Magazine

4. Les asiatiques de France en ont ras-le-bol des clichés et le disent dans un clip

Du chef Pierre Sang aux comédiens Frédéric Chau et Lin Dan Pham, en passant par de nombreux anonymes qui ont accueilli l'idée avec enthousiasme, c'est un joli petit groupe que la journaliste Hélène Lam Trong, 35 ans, a réussi à réunir en quelques jours, quand…
Vania, 27 ans, Drancy. © Laetitia Prieur/Cheek Magazine - Cheek Magazine
Vania, 27 ans, Drancy. © Laetitia Prieur/Cheek Magazine

5. Najat Vallaud-Belkacem: “Dommage que le féminisme soit absent de cette campagne”

Cinq ans après l’élection de François Hollande à la présidence de la république, Najat Vallaud-Belkacem fait partie de la poignée de ministres qui auront été de tous ses gouvernements. Nommée en mai 2012 ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement, elle verra son…
Vania, 27 ans, Drancy. © Laetitia Prieur/Cheek Magazine - Cheek Magazine
Vania, 27 ans, Drancy. © Laetitia Prieur/Cheek Magazine

6. Charline Vanhoenacker et Nicole Ferroni jouent les filles de Bruno Le Roux et c'est drôle

“- Nous, on est venues témoigner que nous, on a vraiment bossé. - Tu te rappelles la fois où j'avais eu des places pour le concert de Rihanna et que j'avais pas pu y aller? - Oui, je me rappelle et papa il t'avait demandé…
Vania, 27 ans, Drancy. © Laetitia Prieur/Cheek Magazine - Cheek Magazine
Vania, 27 ans, Drancy. © Laetitia Prieur/Cheek Magazine

7. Une juriste propose d'autoriser la conservation d'ovocytes pour les grossesses tardives

“La réserve ovocytaire des femmes commence à se détériorer vers 35 ans et la chute de fertilité s'accélère après 38 ans. Si le nombre et la qualité de ses ovocytes baissent tôt, en revanche, une femme en bonne santé peut porter un enfant sans risque…
Vania, 27 ans, Drancy. © Laetitia Prieur/Cheek Magazine - Cheek Magazine
Vania, 27 ans, Drancy. © Laetitia Prieur/Cheek Magazine