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Chronique / “Une Frenchie à Los Angeles”

Paris-Los Angeles, chronique d'un choc culturel

Qui a dit que la Californie, c’était presque comme l’Europe? Pas Capucine Chevalier en tout cas, trentenaire frenchie expatriée à Los Angeles pour un an. Chaque mois, elle décrypte pour nous un aspect de cette ville fascinante, avec son œil 100% made in France.
© Sergio LA / Flickr Creative Commons
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Voilà, je m’appelle Capucine, je suis trentenaire, célibataire et j’habite à Los Angeles. Comme 50 000 autres frenchies expats en Californie du sud, j’ai quitté l’Hexagone pour venir voir à quoi ça ressemble de vivre dans cette ville adorée des uns, méprisée des autres et finalement fantasmée de tous. Si j’ai envie de vous raconter un peu ma vie, c’est d’une part parce que j’adore parler de moi  mais surtout parce qu’il faut absolument que je témoigne, je ne peux pas garder ça pour moi: Oh My God, ils sont vraiment pas comme nous ces Ricains californiens!

À l’origine de cette mutation, mon DRH souhaitait que “j’aie une expérience outillante de la diversité d’un écosystème professionnel prescripteur, confrontée à l’altérité d’une identité culturelle unique”. Comprendre: apprends à bosser chez l’oncle Sam et profite-en pour découvrir que y a pas que le camembert dans la vie. Je n’avais jamais mis les pieds en Californie, mais je n’avais pas peur parce que j’avais fait un deug d’anglais, je connaissais super bien New York et j’avais révisé mes classiques de pop culture de l’ouest américain comme une malade; Beverly Hills tanana-tanana-clap-clap (je connais même le code postal: 90210), le vieux 33 tours paternel des Beach Boys en boucle, Bradbury et Ellroy sur la table de nuit…

La découverte de tout ce qui différencie les Européens des Californiens est d’autant plus brutale qu’on ne s’attend pas à ce qu’il y ait autant de décalage.

Je sais qu’Alerte à Malibu se passe en fait à Santa Monica, j’ai revu les sept saisons de Californication en un week-end, Drive et Mulholland Drive (semblerait qu’on aime bien conduire dans les films à LA) et surtout, j’ai mené une étude poussée de toute la littérature Prisma presse pour bien repérer les parkings de supermarchés les mieux fréquentés par les stars sans maquillage (Whole Foods sans conteste). Bref, mon combo bikini/mini short était ready, j’achèterais les rollers sur place, et à moi le boardwalk de Venice et ses surfeurs/sauveteurs. J’étais prête et confiante.

Et là, THE choc! Ou plutôt, une succession de petits chocs culturels, un peu comme ces micro-séismes quotidiens dans le sous-sol californien: ils semblent imperceptibles et pourtant ils font bouger les plaques tectoniques jusqu’à ce qu’une secousse vous réveille la nuit. La découverte de tout ce qui différencie les Européens des Californiens est d’autant plus brutale qu’on ne s’attend pas à ce qu’il y ait autant de décalage. Point de jugement, ce n’est ni mieux ni moins bien (enfin un peu parfois quand même), c’est juste un tout autre monde et un mode de vie diamétralement opposé.

Ici, tu peux conduire deux heures non stop et ne pas détecter un seul petit resto charmant, boutique originale ou galerie qui te donne envie de t’arrêter.

Tout commence avec la superficie de la ville, gigantesque (LA fait 10 fois la taille de Paris et son comté plus de 12 000 km2): forcément, l’urbanisme et les journées derrière un volant n’ont rien à voir avec les villes traditionnelles du vieux continent. Pas de centre, pas de transports en commun, un quadrillage nord/sud, est/ouest de pavillons disparates genre Wisteria Lane, alternant répliques de cottages britanniques et constructions cubiques immaculées contrefaçon de Jean Nouvel. Mais elle est où, la boulangerie?

Souvent les touristes européens qui ne restent que quelques jours ont la même conclusion: “C’est nul LA, y a rien à voir.” Constat un peu sévère pour la deuxième ville des US et capitale de la création. Mais c’est vrai qu’à la différence de New York, Londres ou Paris, ce n’est pas une ville-musée où tout est accessible d’un coup d’œil depuis la banquette arrière du taxi. Ici, tu peux conduire deux heures non stop et ne pas détecter un seul petit resto charmant, boutique originale ou galerie qui te donne envie de t’arrêter… Ces trésors existent pourtant mais il faut savoir où ils se trouvent, tu ne tombes pas dessus par hasard. Comme aiment à le dire ses habitants, “LA n’est pas une ville qui se donne, c’est à toi d’aller la chercher”.

Plus positifs que Lorie, les Californiens sont aussi pleins de paradoxes.

Ouais, bah faites-moi confiance, il n’y a pas que la ville qui est challenging, les Californiens aussi peuvent l’être. Attachants, plus positifs que Lorie, ils sont aussi pleins de paradoxes. Le sourire scotché aux lèvres, ils abusent des superlatifs, hurlent en permanence des compliments à des inconnus, ne se plaignent jamais, pratiquent le dating, labellisent tout, tout le temps, surtout les relations amoureuses, passent du fast food au régime macrobiotique sans vergogne (mais les croquettes des chiens sont obligatoirement bio, elles) sont obsédés par leur corps, passent leur journées en yoga pants mais s’endimanchent pour aller boire un jus de céleri après 17 heures.

Engloutie dans un fossé culturel de la taille de la faille de San Andreas, je vais vous faire partager les surprises de ma nouvelle vie à Los Angeles…


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© Sergio LA / Flickr Creative Commons - Cheek Magazine
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