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Dossier Nouveaux féminismes / En partenariat avec le CFPJ

Parler crûment de l'intimité fait-il partie du combat féministe?

Jusqu’ici tabou, l’intime féminin ne se cache plus, s’expose sans filtre et les mots choisis pour en parler sont cash. Pour se faire entendre et avancer dans le combat féministe, faut-il parler cru?
Hard © La Parisienne d'images
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Dimanche 18 septembre sur le tapis rouge des Emmy Awards, à la question “Que portez-vous ce soir?”, l’actrice Amy Schumer répond qu’elle porte une robe Vivienne Westwood, des chaussures Tom Ford et… un tampon O.B.. En octobre, le groupe La Femme sort une chanson sobrement intitulée Mycose. En mars 2015, l’étudiante canadienne Rupi Kaur publie sur son blog et son compte Instagram une photo d’elle allongée, le pyjama taché du sang de ses règles. Le but? Lever les tabous et désacraliser le corps féminin.

Et si le parler cru était le nouvel étendard de la cause féministe? Camille Pouzol, scénariste de la troisième saison de Hard, une série sur l’univers de l’industrie pornographique, nous explique le besoin de rupture avec cet idéal féminin manucuré.

Règles, mycoses vaginales, poils pubiens, depuis quand parlons-nous ouvertement de l’intime féminin?

C’est la série américaine Sex and The City, il y a plus de douze ans, qui, à mon sens, a entamé une révolution pour les femmes. Durant les quatre premières saisons, les personnages principaux sont célibataires mais ne cherchent pas le prince charmant. On y parle aussi de cul, de dépression post-partum, de règles, de faire l’amour pendant ses règles… Il y a quand même un épisode entier qui tourne autour du refus de Samantha de sucer son mec parce que son sperme a un goût infect! À l’époque, la trashitude incarnée arrivait sur les écrans. Jamais des personnages féminins n’avaient parlé et agi comme ça.

Rupi Kaur Instagram règles sang Vice Cheek Point

Instagram/rupikaur

Le sexe féminin est empreint de tabous. Pourquoi?

Il y a quelque chose de gênant, de l’ordre du mystère et du fantastique autour de la femme et de son intimité. Le vagin a cette image de grotte dangereuse qui absorbe les garçons et d’où sort la vie! Tout ce qui se passe dans notre corps, comme le cycle menstruel, fascine par sa complexité.

L’enjeu de la cause féministe est-il désormais de rompre avec cet idéal féminin, manucuré, glamour et sensuel?

Oui, on assiste maintenant à un retour au naturel qui passe par une revendication dans la culotte. On veut tuer un monstre qu’on a en partie créé. Après avoir voulu la contraception, le droit d’avorter, de baiser avec qui l’on veut, de faire des enfants toute seule, d’être indépendante financièrement etc., on est épuisées. L’image est devenue trop parfaite et on veut la changer.

Cela doit-il passer par une démystification du corps et du sexe féminin?

Exactement, on se réapproprie le corps dans toutes ses imperfections. On a besoin de faire comprendre que la femme et son corps n’ont rien de mystérieux et ça passe par l’exposition de nos faiblesses: les règles, les douleurs, les mycoses vaginales, l’injonction des épilations

Est-ce que l’on parle trash pour se faire davantage entendre?

On a besoin de faire passer un message, et parfois il faut être agressif pour choquer. Un peu comme s’il fallait faire peur pour ne pas être mangé, dans cette société machiste. Si l’on a besoin de crier pour se faire entendre, c’est aussi parce que certains de nos droits fondamentaux semblent parfois remis en cause. Si l’on a beaucoup progressé, certains clichés subsistent. Quand on voit que quatre français sur dix pensent que la responsabilité du violeur est moindre si la victime est aguichante, ça fait peur.

Propos recueillis par Ophélie Ostermann


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