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Dans les coulisses d'une action des FEMEN

On connaît bien les FEMEN, ces militantes féministes qui se servent de leur poitrine comme d’une arme pour dénoncer le sexisme sous toutes ses formes. On connaît moins leurs rituels avant chaque action. On les a suivies lors de leur mobilisation pour la libération de Jacqueline Sauvage.
© Pierre Gautheron / Hans Lucas
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Le soleil tape timidement contre les vitres de l’appartement où les FEMEN se sont rassemblés cet après-midi du 25 novembre, à Paris. C’est dans le 3 pièces cosy de l’une des militantes que le groupe féministe se prépare pour une action en urgence, suite à la décision de la justice de ne pas libérer Jacqueline Sauvage après la demande grâce partielle émise par François Hollande. Un mois plus tard, elle sera finalement graciée par le président de la République.

Condamnée à 10 ans de réclusion pour le meurtre de son mari violent qui abusait d’elle et de ses enfants, Jacqueline Sauvage est devenue le symbole d’une certaine incompréhension de la société française vis-à-vis des violences conjugales. Pour Elvire, cette décision de ne pas la libérer est symptomatique de la place des femmes dans notre société: “Jacqueline Sauvage a brisé le silence sur les violences conjugales. Les femmes battues restent souvent dans le silence. Son meurtre était un appel à l’aide. Mais ça, la justice patriarcale ne veut pas le comprendre.

Les jeunes femmes arrivent au compte-goutte. “Je suis vraiment fatiguée, on a passé la nuit à accrocher des affiches dans tout Paris pour sensibiliser aux violences conjugales”, raconte Sophia, les cheveux roux incandescent. Chacune s’installe dans le salon et toutes commencent à réfléchir aux slogans à inscrire sur leurs corps.  “Et pourquoi pas ‘Justice sauvage, libérez Jacqueline’?”, interroge Constance, alors que le petit groupe réfléchit aux formules les plus efficaces.

C’est déjà arrivé qu’un voisin balance sur les réseaux sociaux que les FEMEN se préparent. Et l’action rate car les autorités sont au courant.

Anne-Lise, retire ton tee-shirt!”, lance Elvire. Dans la salle de bain, les FEMEN s’écrivent à tour de rôle des mots sur le torse pendant que d’autres se maquillent dans le salon. À chaque action, la préparation prend du temps car les FEMEN possèdent un mode opératoire très spécifique. “Attendez, on va fermer les rideaux! C’est déjà arrivé qu’un voisin balance sur les réseaux sociaux que les FEMEN se préparent. Et l’action rate car les autorités sont au courant”, s’empresse d’expliquer Elvire.

Loin de l’image qu’elles possèdent dans les médias et l’imaginaire collectif, les FEMEN sont des femmes militantes comme toutes les autres, bien qu’extrêmement déterminées. Concernant leur vie de tous les jours, et notamment leur profession, elles préfèrent toutefois garder le silence. “Bon, donc on arrive et on s‘accroche directement au tribunal avec les menottes”, précise Sarah, les cheveux courts et le regard vif.  Les cinq filles répètent l’opération plusieurs fois pour en maîtriser parfaitement le déroulé. Puis elles enfilent un manteau qu’elles feront tomber une fois sur le lieu de l’action. Dans le métro qui les mène au tribunal, les Parisiens ne se doutent pas une seconde qu’ils sont en présence de “sextrémistes”, comme les jeunes femmes sont souvent surnommées.

Sur place, plusieurs camions de CRS bloquent les grilles du palais de justice de Paris; les autorités semblent avoir été informées. Pourtant, les FEMEN ne se démontent pas et conservent leur calme apparent. Arrivées à quelques mètres des grilles, elles laissent tomber leurs manteaux, enfilent leurs couronnes de fleurs et courent s’accrocher aux grilles. Quelques minutes plus tard, elles sont appréhendées par les forces de police. Elles passeront plusieurs heures en garde à vue. Retour sur cette journée en images.

 

Les préparatifs

Portfolio Pierre Gautheron Femen  grâce Jacqueline Sauvage

© Pierre Gautheron / Hans Lucas

Les FEMEN utilisent leur corps comme pancarte et étendard de leur lutte féministe. Pour elles, c’est une façon de se réapproprier le corps féminin et de le revendiquer en l’utilisant pour occuper le terrain politique.

 

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Les FEMEN sont un groupe féministe né en Ukraine en 2008. Une des leadeuses historiques s’appelle Inna Shevchenko. Elle a demandé l’asile en France après une action anticléricale en Ukraine. Depuis, le groupe poursuit ses actions en France.

 

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Les FEMEN utilisent un mélange de codes très féminins et d’attitude guerrière pour faire passer leurs revendications féministes. Leurs actions concernent les violences conjugales, la lutte contre la corruption, la pauvreté.

 

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Chacune de leurs actions sont pensées et mises en scène comme une représentation théâtrale. Le maquillage doit appuyer leurs traits.

 

En action

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Les FEMEN se font rapidement interpeller lorsqu’elles arrivent devant le palais de justice de Paris.

 

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Les militantes passeront 24 heures en garde à vue avant d’être libérées mais sont désormais poursuivies pour exhibition sexuelle. Plusieurs FEMEN ont déjà été condamnées pour ce motif.

Pierre Gautheron

Cet article a été réalisé par un élève de la Street School, formation gratuite au journalisme par StreetPress.


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