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Avec son livre, la fondatrice des Glorieuses propose une initiation pop au féminisme

Dans Chroniques d’une féministe, Rebecca Amsellem, fondatrice de la newsletter Les Glorieuses, revient sur la construction de sa conscience féministe à travers des souvenirs, des lectures, des anecdotes personnelles. Entretien express. 
© Francesca Mantovani / Éditions Gallimard
© Francesca Mantovani / Éditions Gallimard

© Francesca Mantovani / Éditions Gallimard


Si vous connaissez déjà sa newsletter, vous aurez sans doute envie de lire Les Glorieuses, chroniques d’une féministe de Rebecca Ansellem, fondatrice du média du même nom. Dans cet ouvrage illustré par Clémentine du Pontavice, sa complice des Glorieuses, elle revient sur le développement de sa conscience féministe, sur sa compréhension de concepts parfois pointus et sur l’affirmation d’idéaux égalitaires. “Avec ce livre, j’ai voulu rendre hommage aux femmes, qu’elles soient célèbres ou anonymes, je voulais remettre dans la lumière toutes celles qu’on a invisibilisées depuis des siècles et que l’on continue à rabaisser, ignorer, sous-estimer”, explique Rebecca Amsellem.

Docteure en économie de la culture, cette Franco-canadienne de 28 ans a opté pour un ton intimiste et des références pop. L’ouvrage est ainsi une parfaite porte d’entrée vers le féminisme pour toutes celles que les écrits universitaires intimident. Mais ne vous y trompez pas, s’il détaille les concepts féministes à la manière de confidences entre copines, ce livre n’est pas à prendre à la légère: “Chroniques d’une féministe est un acte politique, une revendication pour les droits des femmes, affirme l’auteure. De toutes façons aujourd’hui, faire un livre qui parle des femmes et aux femmes est forcément un acte politique.” Interview.

À qui s’adresse ce livre? 

Ce livre est pour toutes les femmes, toutes les Glorieuses: les féministes pures et dures, mais aussi toutes celles qui s’interrogent sur leur féminité, la construction de leur identité sexuelle, leur conscience féministe… Il est une manière de leur dire, vous aussi vous pouvez prendre part au débat, votre voix compte tout autant que celle de spécialistes du genre ou de militant·e·s. Il n’est pas nécessaire d’être activiste pour être féministe. 

Pourquoi ce format de chroniques du quotidien?

J’ai choisi la chronique pour m’adresser au plus grand nombre. Ce livre n’est pas une thèse, un essai ou une étude sur le féminisme. Je n’ai pas de bagage académique qui fasse de moi une spécialiste du genre donc j’ai choisi de m’attaquer à ces sujets à travers mon expérience. Je pars d’anecdotes personnelles et je développe un concept. Par exemple, pour rendre hommage à Olympe de Gouges et aux femmes invisibilisées, je suis partie de ma peur de prendre la parole en public et j’ai imaginé que je devais prononcer son discours d’entrée au Panthéon

Où en est le féminisme aujourd’hui selon toi? 

Je pense que nous sommes au prélude d’un vrai changement, et qu’il ne faut pas se laisser intimider par les voix discordantes, ce fameux backlash. Des suffragettes au mouvement #MeToo, dès que les femmes revendiquent leurs droits, il y a l’émergence systématique d’un contre-mouvement, de voix anti-égalitaires. Aujourd’hui, je pense que nous sommes prêt·e·s à vaincre ces voix, à faire émerger une nouvelle sororité qui prendra en compte les besoins de toutes les femmes pour ne pas faire un féminisme unique et excluant mais un mouvement inclusif du point de vue de la race, de la sexualité, des idéologies… Il y a autant de féminismes qu’il y a de femmes. 

Propos recueillis par Audrey Renault 


1. J'ai exploré mon col de l'utérus lors d'un atelier d'auto-gynécologie

Depuis plusieurs années, des collectifs féministes ou anonymes organisent des ateliers d’auto-gynécologie, et participent au retour du mouvement self-help. Prise de conscience face aux violences gynécologiques ou besoin de se réapproprier leurs corps, de plus en plus de femmes y participent, comme moi.
© Francesca Mantovani / Éditions Gallimard - Cheek Magazine
© Francesca Mantovani / Éditions Gallimard

2. Pilosité féminine: pourquoi tant de haine?

On a lu pour vous cet article de Slate qui explique comment la haine de la pilosité féminine s’est construite, et on vous le conseille.
© Francesca Mantovani / Éditions Gallimard - Cheek Magazine
© Francesca Mantovani / Éditions Gallimard

3. Alyssa Milano en larmes explique #MeToo à sa fille

Si vous ne deviez voir qu’une vidéo aujourd’hui, ce serait celle d’Alyssa Milano dans laquelle elle s’adresse à sa fille de 4 ans.
© Francesca Mantovani / Éditions Gallimard - Cheek Magazine
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6. Xandra, victime d'un loverboy aux Pays-Bas: “Ils me violaient par groupe de huit”

Xandra*, Hollandaise de 26 ans, est tombée amoureuse d’un garçon rencontré sur les réseaux sociaux, à 19 ans. Sous l’influence de ce dernier, elle commence à se droguer et à se prostituer trois mois plus tard. Victime de ce que l’on nomme un “loverboy”, Xandra décrit ce fléau répandu aux Pays-Bas et comment elle a réussi à s’en sortir. La jeune femme, qui vit à Utrecht, fait désormais le tour des écoles pour sensibiliser les jeunes Hollandaises à ce phénomène.    
© Francesca Mantovani / Éditions Gallimard - Cheek Magazine
© Francesca Mantovani / Éditions Gallimard