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Elle a lancé Les Glorieuses, une newsletter féministe

On a rencontré Rebecca Amsellem, fondatrice de la newsletter Les Glorieuses, qui, chaque semaine, aborde un thème féministe et apporte de nouvelles pistes de réflexion venues du monde entier. 
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À 27 ans, Rebecca Amsellem ne dort plus. Et pour cause, en plus d’enseigner et de rédiger sa thèse sur l’économie des musées, elle a fondé en octobre dernier la newsletter féministe Les Glorieuses. Avec elle, Alix Heuer écrit et développe la partie numérique, et la dessinatrice Clémentine du Pontavice illustre les éditos. 

En novembre 2015, Rebecca Amsellem utilise cette plateforme pour publier un manifeste encourageant les femmes à s’engager contre le Front national, suite aux propos de Marion Maréchal-Le Pen sur la suppression des subventions au Planning familial et aux associations LGBT. En quelques jours, Les Glorieuses passent d’une centaine de lectrices et lecteurs à plus d’une dizaine de milliers. Rebecca Amsellem a touché juste, et ne compte pas s’arrêter là. 

La congélation d’ovocytes toujours interdite en France, le poids du célibat à trente ans, tout ce qu’on ne dit pas sur l’orgasme: les sujets sont variés, controversés, générationnels. L’objectif? Libérer la parole, décomplexer les femmes, offrir de nouvelles pistes de réflexion et de nouveaux modèles de femmes fortes, engagées et de toutes origines. On a posé trois questions à Rebecca Amsellem sur son engagement féministe. 

 

Pourquoi as-tu créé Les Glorieuses?

Il y a deux choses. D’abord, j’ai envie de montrer aux femmes et aux jeunes filles qu’il y a des tas de modèles féminins à suivre, même si elles étudient dans des écoles qui portent à 99% le nom d’hommes blancs, sans parler des noms des rues qu’elles arpentent. Mais j’ai aussi envie de les décomplexer, de leur faire oublier la culpabilité que leur infligent les magazines et la publicité. Non, nous ne sommes pas obligées de perdre trois kilos tous les étés, ni de jouir à chaque fois qu’on avale une cuillerée de yaourt. La publicité dans les années 2000 a popularisé l’image de la femme fragile, naïve et romantique, ce qui n’encourage pas les femmes à développer des caractères forts.

À qui s’adresse la newsletter?

Notre lectorat est composé de deux générations: 25-35 ans, et 45-60 ans, deux courants du féminisme qui se retrouvent aujourd’hui. Mais on s’adresse aussi aux adolescentes, même celles qui ne se revendiquent pas féministes. D’ailleurs, on n’utilise quasiment pas ce mot, pour toucher un public le plus large possible. Les filles de 16 ans aujourd’hui ne vont pas forcément se farcir Le Deuxième sexe, ni même lire les médias féministes. Par contre, elles écoutent Beyoncé et le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes leur paraît une évidence. On cherche à s’adresser à toutes ces femmes.

Qu’est-ce qu’on lit sur Les Glorieuses?

D’abord un édito, et j’insiste sur le fait que ce n’est pas un article. On privilégie un ton léger et on met en avant nos opinions personnelles. J’ai conscience que lorsque j’écris sur un sujet, mon point de vue est celui d’une occidentale, blanche. Alors la deuxième partie de la newsletter est une revue de presse internationale, qui offre des points de vue différents, qui viennent de la presse américaine, canadienne, ou encore africaine. Cela nous permet d’élargir la réflexion. Par exemple, en Afrique, le mot féminisme est très peu utilisé, mais la notion d’empowerment est ultra-présente. Il est normal de voir des femmes à la tête des grandes entreprises du continent. Avec Les Glorieuses, on cherche à reproduire cette diversité d’opinions, d’origines et de points de vues. 

Propos recueillis par Clémentine Spiler


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