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Règles: 5 choses à savoir sur le flux instinctif libre

Rarement pratiqué et peu connu, le flux instinctif libre (FIL) consiste à bloquer le sang des règles avec le périnée, avant de l’expulser aux toilettes -exit les protections hygiéniques. Les adeptes découvrent alors des émotions inouïes et une nouvelle forme de plaisir sexuel.
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Vous en avez eu vent, vos copines l’ont adoptée ou vous la pratiquez vous aussi. À l’inverse, cette méthode vous évoque peut-être le néant… Le flux instinctif libre (FIL) est de plus en plus utilisé par les femmes mais demeure obscur pour beaucoup d’entre elles. Cette alternative aux protections hygiéniques consiste à bloquer le sang des règles dans le vagin grâce au périnée -le plancher du petit bassin constitué de fibres musculaires, également sollicité pour retenir l’urine. Si certaines adeptes contractent leur périnée dès qu’elles sentent les règles affluer par des “signaux”, d’autres savent endiguer la coulée de manière inconsciente.

C’est le cas de Coline, 29 ans, qui, grâce au yoga, est dotée d’un périnée très musclé. Avec l’expérience, les femmes peuvent même retenir leur sang sur une plus longue durée, jusqu’à abandonner les protections la nuit. “Au début, il y a un apprentissage, puis ça devient un automatisme”, explique Nathalène Detoeuf, gynécologue-obstétricienne. Le FIL exige malgré tout de se rendre aux toilettes régulièrement pour laisser écouler le sang, et ainsi éviter les taches au fond de la culotte. Parce qu’elles refusent de se soumettre aux produits que propose le marché, plusieurs femmes se sont entraînées à cette technique avant de l’embrasser définitivement. Le scandale autour du tampon, notamment suscité par la diffusion du documentaire Tampon, notre ennemi intime sur France 5 en avril 2017, a incité de nombreuses consommatrices à changer leur fusil d’épaule. Mais pour d’autres, le FIL est ancré dans les moeurs familiales. Manon, 27 ans, le pratique depuis ses premiers cycles car sa mère le lui a enseigné. Plus économique et plus écologique, le FIL réserve des bienfaits inattendus.

 

Une méthode plus saine

Si, d’après certains médecins, conserver son sang dans le vagin peut entraîner une prolifération bactérienne, Martin Winckler, médecin et auteur du Chœur des femmes, réplique: “La seule chose dangereuse, c’est d’insérer dans le vagin quelque chose qui risque d’y introduire des microbes, et de ne pas le retirer. Le sang des règles n’est pas ‘infecté’. Le retenir quelques heures n’a rien de dangereux.” Porter un tampon plus de huit heures d’affilée favorise le développement du staphylocoque doré, qui risque de provoquer un syndrome du choc toxique. Or, le FIL nécessite des va-et-vient fréquents aux cabinets pour libérer le sang. Aussi, les tampons sont composés de substances toxiques. Les femmes qui s’en débarrassent sont, de fait, moins à même de contracter un cancer.

 

Des règles moins contraignantes

Je ne suis pas sûre qu’une femme avec des règles très abondantes puisse maintenir son sang dans son vagin”, doute Nathalène Detoeuf. Certaines s’étonnent pourtant de voir leur flux diminuer depuis qu’elles pratiquent le FIL. Pour Martin Winckler, “ça peut être dû au fait qu’elles contrôlent mieux leur flux et qu’elles le tolèrent mieux. Mais le résultat est le même: elles se sentent plus satisfaites. C’est l’essentiel”. D’autres se réjouissent d’une période de règles moins longue. “Je trouvais qu’avec les tampons, mes règles duraient plus longtemps, raconte Manon. J’avais l’impression que ça absorbait mais que ça limitait aussi la libération.” Et pour cause, aux toilettes, cette jeune femme “pousse pour expulser le sang” et l’évacue ainsi, plus en profondeur.

 

Une atténuation des douleurs

Pour Manon, cette manière de déverser le flux atténue aussi ses douleurs: “Comme je l’éjecte plus vite, j’ai moins de stagnation du sang et donc moins cette réaction inflammatoire que j’avais avec les tampons. J’ai moins de douleurs au ventre et je me sens beaucoup mieux”, explique-t-elle. Nathalène Detoeuf tire néanmoins la sonnette d’alarme: “Pousser sur le périnée peut causer des descentes d’organes.” L’apaisement des maux de ventre, la praticienne le justifie autrement: “Il y a toujours une part d’anxiété. Se connaître et être en confiance avec soi diminue les douleurs. Certaines jeunes filles ont mal au ventre au début de leur puberté et une fois qu’elles se connaissent mieux en tant que femmes, ces douleurs disparaissent.

 

Sentiment de libération et girl power

Apprendre à écouter son corps fait naître chez les femmes un sentiment de libération, de mieux-être. Cela les aide à se reconnecter à leur féminité intérieure: “C’est libérateur et je suis fière de moi, confie Coline. Je me sens mieux car j’écoute mes envies, mes besoins.” De son côté, Manon évoque un “contrôle de son corps hyper satisfaisant”. “J’ai vraiment l’impression de gérer le truc donc ça devient moins contraignant. Je subis moins mes règles parce que je les contrôle”, révèle-t-elle. Et d’ajouter: “Plus j’ai pratiqué ça, plus je me suis sentie satisfaite dans ma façon de gérer mes cycles hormonaux.

 

Une vie sexuelle plus épanouie

Zone inexplorée chez beaucoup de femmes, le périnée est aussi le muscle du plaisir sexuel. Mieux le connaître permet d’ouvrir des récepteurs sensitifs et ainsi d’améliorer la sexualité des femmes. “J’ai beaucoup plus d’options dans les sensations. J’ai davantage de facilité à atteindre l’orgasme, sans devoir attendre que le garçon fasse tout”, jubile Coline. Un périnée musclé favorise aussi la jouissance de l’homme: “Je n’ai pas de phénomène de distension du périnée puisqu’il est tout le temps serré. Mon partenaire est aux anges!”, se réjouit Manon. Toujours est-il qu’un périnée fermé en permanence n’est pas l’idéal selon Nathalène Detoeuf: “Il faut aussi que ce soit un muscle de passage, insiste-t-elle. On peut avoir des douleurs pendant les rapports si on ne sait plus l’ouvrir. C’est en étant attentive à toutes les nuances qu’offre le périnée qu’on peut avoir une sexualité plus agréable.

Alexandra Tizio


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