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Dossier Femmes et pouvoir / En partenariat avec le CFPJ

Sommes-nous sous-douées pour réseauter?

Tout le monde le dit, une carrière réussie repose en partie sur le réseau qu’on s’est construit. Pourtant, les femmes, même issues de la jeune génération, ont du mal à s’y mettre.
The Office © NBC Universal
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Des réseaux? Euh… Voilà la réaction de Jeanne, Parisienne de 27 ans et ayant fait du droit à Nanterre, quand on lui demande son avis sur la question. Considérés par Emmanuelle Duez, cofondatrice et présidente de WoMen’Up, comme “absolument pas sexy pour la génération Y”, les réseaux féminins -où l’on se retrouve autour d’une table ou dans un cocktail pour discuter- tentent de se moderniser et aimeraient bien accueillir les plus jeunes, à l’heure où ils prennent de plus en plus d’ampleur. Les chiffres le prouvent, ils étaient 200 en 2007 et sont désormais 450 en 2015.

Hyper connectées, les femmes de la génération Y réseauteraient-elles sans s’en rendre compte? Facebook, Twitter, Instagram, LinkedIn: toutes les jeunes femmes appartiennent à ces communautés et passent en fait leur temps à tisser des liens sur Internet. “Être inscrit sur les réseaux sociaux, c’est déjà être dans un club, selon Alain Marty, fondateur du Wine & Business Club, les technologies favorisent l’esprit réseau.” Il existe aussi des clubs d’école, d’influence, ou encore d’intérêt où la rencontre et l’échange sont au cœur des préoccupations.

 

Des écrans, c’est bien mais se rencontrer c’est mieux

Un seul constat: les femmes de la génération Y réseautent plus que leurs aînées mais pas de la même manière. Emmanuelle Gagliardi, directrice associée de Connecting Women, a sa théorie: “Les femmes de la génération Y disposent d’un temps de réseautage que celles de la génération X n’ont pas et elles maîtrisent mieux les outils technologiques qui sont à leur disposition. La conjonction des deux fait qu’elles réseautent bien plus sur le Web.” Beaucoup de technologies donc, pour les digital natives, mais peu de rencontres physiques, bien qu’elles soient essentielles. “C’est bien de se connaître via écrans interposés, d’avoir l’impression d’appartenir à une communauté, mais pas suffisant pour bien se créer des relations sociales et professionnelles”, estime Emmanuelle Gagliardi.

Il y a une méconnaissance totale de l’existence de réseaux.”

Les femmes, et plus encore les jeunes, sont moins armées pour créer du lien professionnel alors qu’elles y arrivent très bien pour leur vie personnelle”, poursuit Emmanuelle Duez, qui pense que les femmes ont une vision naïve et scolaire du travail. Les femmes croient se faire remarquer par leur travail bien fait, ce qui n’est pas suffisant.” Un constat que dresse aussi Emmanuelle Gagliardi: “Il y a une méconnaissance totale de l’existence de réseaux. Les jeunes femmes n’en profitent pas et leurs aînées non plus.

les femmes de la génération y et leur rapport avec le réseau

© Melissa Stanger/Levo League

Par ailleurs, club féminin ne rime pas forcément avec féminisme, contrairement aux États-Unis. “Les deux n’ont rien à voir, s’agace Emmanuelle Duez, de toute façon la notion de féminisme est complètement dépassée et fait peur aux Français. Un propos nuancé par Emmanuelle Gagliardi qui rappelle qu’il n’y a pas besoin d’être féministe pour entrer dans un réseau féminin mais que les deux démarches sont proches.

 

Un réflexe professionnel aussi important que le diplôme

Par ailleurs, si on n’adhère pas à des réseaux pour trouver du travail, ils se présentent comme de réels accélérateurs de carrière. Alors pourquoi ne pas se servir de ce canal au moment où l’on veut changer de job? Car pour entrer dans un club, “il faut être sincère et ne pas avoir des attentes démesurées”, éclaire Marlène Schiappa, fondatrice de l’association Maman travaille et adjointe au maire du Mans. Sans compter que pour adhérer à un réseau, il faut donner de son temps et (parfois) payer une cotisation, “ce qui n’est pas évident pour une étudiante, un chômeur ou quelqu’un au SMIC, rappelle-t-elle. Les contacts, ça s’entretient aussi au quotidien, comme l’illustre Alain Marty qui explique avoir envoyé, le matin même de notre interview, un message de félicitations à son ami Gilles Pélisson pour son accession à la tête de TF1. “Même s’il en a reçu 3000, c’est pas grave, c’est ça le réseau.

C’est bien souvent là où il y a des hommes que se trouve le pouvoir.”

Le réseau devient aussi important que les diplômes”, explique Emmanuelle Duez. Mais comment le choisir? Mixte ou féminin? D’école ou d’intérêt? “Il faut avoir le réflexe des choix préférentiels et aller vers celui où l’on se sent bien, pour Emmanuelle Gagliardi. Elle pense qu’il est préférable pour une jeune femme de commencer par son école, puis son entreprise, pour finir dans un club en rapport avec son secteur d’activité ou son poste.

Mais “attention à ne pas occulter les hommes”, insiste Alain Marty. “C’est bien souvent là où il y a des hommes que se trouve le pouvoir”, met en garde Emmanuelle Duez, qui compare les réseaux féminins au petit bain d’une piscine municipale. “Ils sont sécurisants et bienveillants mais un beau jour, il faut se jeter dans le grand bain avec les requins. Tout est dit.

Marie-Bertille Cardera


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