cheek_societe_habillage_desktop

société

Pourquoi, quand vous répondez “je sais” aux compliments des hommes, ça ne leur plaît pas

Sur twitter, la blogueuse Feminista Jones a lancé un thread rapidement devenu viral sur une étrange incapacité masculine: celle de comprendre que vous puissiez simplement répondre “je sais” ou “merci” à l’un de leurs compliments. Une forme insidieuse de sexisme bienveillant.
DR
DR

DR


Énervez un mec: répondez “je sais” quand il vous dit que vous êtes belle. C’est l’idée avec laquelle l’Américaine Feminista Jones a rendu un tweet viral la semaine dernière. Féministe engagée, cette blogueuse y décrit la réaction agacée, voire outrée que peuvent avoir certains hommes lorsque vous ne répondez pas comme ils s’y attendent à un compliment -autrement dit, l’air de tomber des nues, et absolument flattée qu’ils aient pu se pencher sur votre personne.

 

 (Ndlr: “Énervez un homme aujourd’hui: dites-lui que vous êtes d’accord avec le compliment qu’il vient de vous faire.”)

 

Il arrive même que, face à un “je sais”, ou même un simple “merci”, certains retirent leur compliment, ne comprenant pas que leur interlocutrice puisse avoir conscience de ses atouts.

 

 (Ndlr 1: “Je le constate tous les jours parce que c’est ma réponse habituelle. “Merci” et je continue de marcher. On me crie dessus. On m’injurie. “C’est tout ce que tu vas répondre?”)

(Ndlr 2: “Cela renvoie à ce que la plupart des femmes racontent sur ce sujet. L’idée selon laquelle les femmes ne devraient montrer aucune appréciation d’elles-mêmes.”)

 

Comme Buzzfeed le souligne, Feminista Jones a aussi admis que tous les hommes ne réagissent pas de cette façon. En réponse à cette série de tweets, plusieurs femmes se sont toutefois jointes à la conversation pour témoigner d’expériences similaires:

 

(Ndlr: “Vieux mais toujours d’actualité” 

Capture Tinder : J’adore tes cheveux

-Merci, moi aussi! 

-Attention Ziggy/ne fais pas en sorte que je les aime moins! 

-Pourquoi le fait que j’aime mes cheveux te ferait les aimer moins? Evidemment que je les aime, ils sont sur ma tête.”)

 

 (Ndlr: “Ca marche à tous les coups. 

Capture: Joli corps ;)

-Oui, tu as vu?

-Je ne savais pas que tu étais au courant, désolé

-Comment est-ce que je pourrais ne pas être au courant? Je le regarde tous les jours.

-En fait, tu n’es pas si bien foutue, tu devrais aller plus souvent à la salle de gym, je voulais juste commencer une conversation.”)

 

Toujours est-il que ce thread qui touche juste est aussi l’occasion de rappeler ce qu’est le sexisme bienveillant. Là où la galanterie est bien ancrée se trouve aussi cette forme rampante de discrimination. Ce que les féministes souhaitent, c’est plutôt une égalité réelle: que les femmes tiennent aussi fréquemment les portes aux hommes que l’inverse, que l’on partage l’addition ou se rende la pareille d’une fois sur l’autre… C’est normal, c’est du savoir-vivre.

Mais devant la discussion lancée par Feminista Jones, certaines internautes tombent des nues:

 

(Ndlr: “Comment se fait-il qu’il m’ait fallu lire tout ce thread pour réaliser que les hommes ont toujours essayé de me ‘mainsplainer’ ma propre beauté et mon apparence?”)

 

C’est que cette forme de validation de la femme, de son aspect physique ou de ses capacités intellectuelles par l’homme est clairement plus insidieuse que le sexisme que l’on peut constater, par exemple, dans la différence de salaires qui s’affiche sur les fiches de paie. Comme son nom l’indique, cette forme d’expression des préjugés n’est pas méchante: de jolis compliments, de petites attentions, une attitude compréhensive comme celle qu’a voulu afficher François Fillon devant Léa Salamé rentrant de congé maternité. Mais, en fait, c’est encore un moyen de renvoyer la femme au fait qu’elle n’est bonne qu’à plaire et non pas à séduire, qu’à materner et non à travailler ou, plus généralement, à attendre l’assentiment plus ou moins paternaliste de l’homme. Or le sexisme bienveillant a des effets réels: des chercheurs de l’université de psychologie sociale de l’université de Liège ont constaté qu’il pouvait participer à saper la confiance en soi des femmes.

Bref, l’idée n’est pas de ne pas profiter des compliments, ils sont toujours agréables à recevoir. Mais, adresse à nos lectrices: si vous êtes parfaitement au courant que vous êtes belle/intelligente/forte -et on vous le souhaite-, ne vous gênez pas pour le dire! Quant à nos lecteurs: ne vous en offusquez pas!

Mathilde Saliou


1. Un robot sexuel doté d'un mode “résistance” encouragerait la culture du viol

L’entreprise de robotique américaine True Companion a commercialisé des robots sexuels dotés d’une intelligence artificielle avec un mode “résistance” qui encouragerait la culture du viol. Une innovation qui fait polémique. 
DR - Cheek Magazine
DR

4. Préjugés, hypersexualisation et coming out: des bisexuelles prennent la parole

Le cul entre deux chaises, coincée entre hétérosexualité et homosexualité, dotée d’un appétit sexuel inassouvissable… Il faut encore encaisser bon nombre de clichés quand on est une femme bisexuelle aujourd’hui. À l’occasion de la Journée internationale de la bisexualité le 23 septembre, Cheek Magazine a recueilli les témoignages de femmes qui assument pleinement cette partie de leur identité.
DR - Cheek Magazine
DR

5. Comment le viol est devenu un crime en France

Hier soir, France 3 a consacré sa soirée à l’affaire qui permit en 1980 de faire qualifier le viol de crime. À voir absolument. 
DR - Cheek Magazine
DR