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“Terrorisme patriarcal”: polémique à La Courneuve après les propos d’une collaboratrice à la mairie

Accusée de relativiser le terrorisme, Sonia Nour a été suspendue de ses fonctions hier. Retour sur la polémique suscitée par une comparaison maladroite, un mot mal choisi mais une réflexion légitime sur le féminicide en France.
“Terrorisme patriarcal”: polémique à La Courneuve après les propos d’une collaboratrice à la mairie

Je vous demande de l’aide […] je viens de me faire suspendre de mon taf et je vais en conseil de discipline pour un statut Facebook”, a publié hier sur Facebook Sonia Nour, collaboratrice de Gilles Poux, le maire PCF de La Courneuve, après avoir été suspendue de ses fonctions le même jour.

La polémique débute lundi dernier. Suite à l’attaque de la gare Saint-Charles à Marseille, Sonia Nour s’indigne sur Facebook des différences de traitement médiatique lorsqu’il s’agit de meurtres de femmes: “Quand un martyr égorge une femme et poignarde une autre là ça fait du bruit. Terrorisme, du sang, civilisation Bla Bla Bla… Par contre que le terrorisme patriarcal nous tue tous les 2 jours on l’entend moins votre grande gueule.”

La condamnation de ses propos est rapide sur les réseaux sociaux. Le 2 octobre toujours, Manon Bouquin, responsable FN du VIème arrondissement de Paris, partage sur Twitter une capture d’écran de la publication de Sonia Nour. S’ensuit une déferlante de réactions contre la collaboratrice de La Courneuve. Si certains se disent choqués par l’emploi du terme “martyr”, d’autres la menacent ou l’insultent.

 

Le lendemain, Jordan Bardella, porte-parole et conseiller régional du Front National, annonce avoir saisi le procureur de la République de Bobigny pour “apologie du terrorisme”. Le même jour, Gilles Poux, maire de La Courneuve, explique dans un communiqué que les propos de Sonia Nour “minimisent et banalisent des actes de terrorisme d’une sauvagerie inouïe”, et déclare “lancer une mesure disciplinaire accompagnée d’une suspension à effet immédiat à l’encontre de Madame Sonia Nour, en attendant que l’instruction administrative aboutisse”.

Sur son compte Facebook, Sonia Nour a tenté de s’expliquer hier matin et de recentrer le débat sur les violences faites aux femmes. Elle donne son interprétation du terme “martyr”, et déclare avoir voulu mettre en lumière “l’hypocrisie qui veut que ces crimes ne soient jamais étudiés sur le plan de la construction humaine et  surtout de la construction masculine”.

Depuis, elle a publié un appel à l’aide sur le réseau social: “Je vous demande de l’aide. Je n’ai jamais fait d’apologie du terrorisme. Suite aux déferlements de haine des fachos, je viens de me faire suspendre de mon taf et je vais en conseil de discipline pour un statut Facebook.”

Si la forme est maladroite, la comparaison douteuse et les mots mal choisis, la réflexion sur le silence qui entoure les violences faites aux femmes en France est bien légitime. Il est difficile d’étudier les chiffres d’homicides commis sur les femmes à travers le prisme du féminicide, qui impliquent le mobile de la condition féminine, mais les statistiques sont édifiantes lorsqu’il s’agit de violences conjugales. 123 femmes sont mortes sous les coups de leurs compagnon ou ex compagnon en 2016. Soit une femme tous les trois jours. Il est urgent d’en parler et de trouver une solution à cette tuerie à grande échelle.

Margot Cherrid


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