société

Contre le réchauffement climatique, elles mettent la pédale dure

Depuis le 5 juin, elles partent à l’assaut des routes de France au sein du tour Alternatiba, et comptent sensibiliser la population aux alternatives contre le réchauffement climatique.   
De g. à d.: Sabrina Ravetta, Julie Prêtre, Camille O. et Mathilde Bahla participent au tour Alternatiba ou ont contribué à son organisation DR
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Ils sont une dizaine, hommes et femmes, trentenaires en moyenne, à avoir pris d’assaut les routes de France ce vendredi 5 juin (journée mondiale de l’environnement). Sur des vélos trois ou quatre places, ces militants écologistes veulent inviter les Français à lutter, à leurs côtés, contre le réchauffement climatique. Et montrer que les solutions pour sortir de cette crise planétaire sans précédent existent.

“On avait le sentiment qu’il fallait faire quelque chose, et vite.”

Partir à la rencontre de la population, le principe est au cœur du mouvement Alternatiba depuis ses débuts. En octobre 2013, à l’initiative de l’association basque Bizi, un “village des alternatives” s’installe en plein cœur de Bayonne. L’idée? “Trouver un format de mobilisation ouvert au grand public, qui puisse répondre à l’urgence climatique”, explique Sabrina Ravetta, 31 ans, militante au sein de Bizi, devenue l’une des animatrices du processus global Alternatiba et coordinatrice du tour. “On avait le sentiment qu’il fallait faire quelque chose, et vite. On a trouvé ce format de village des alternatives et on a voulu le mettre en centre-ville, là où les gens vivent”, poursuit la jeune femme. Calcul réussi: dans la ville basque, 12000 personnes viennent prendre connaissance des solutions pour réduire les gaz à effet de serre, échanger, s’inspirer. Une fréquentation inespérée, qui marque les débuts en fanfare d’Alternatiba. Depuis un an et demi, l’initiative ne cesse d’ailleurs de faire des émules. Neuf villages ont vu le jour en France, et jusqu’à Tahiti, en 2014, et 60 d’entre eux seront mis sur pied pendant l’été 2015 à travers l’Hexagone. Aujourd’hui, on compte des initiatives similaires un peu partout en Europe. 

“On n’est pas spécialement en odeur de sainteté dans les médias de masse.”

Pourtant, si les chiffres sont encourageants, beaucoup de chemin reste encore à parcourir -et l’on ne parle pas uniquement des 5600 kilomètres que le Tour Alternatiba prévoit de couvrir à vélo. Sabrina Ravetta l’admet, les solutions alternatives pâtissent toujours d’un déficit d’image et leurs militants, d’une sous-représentation médiatique. “On n’est pas spécialement en odeur de sainteté dans les médias de masse. Quelle que soit l’action qu’on mette en place, on reste diffusés très localement”, déplore-t-elle. Début 2015 pourtant, l’association Bizi a fait parler d’elle bien au-delà des Pyrénées-Atlantiques. Alors que le scandale de fraude fiscale Swiss Leaks vient d’éclater, les militants de l’association débarquent dans l’agence HSBC de Bayonne et y “kidnappent” des chaises, qu’ils promettent de rendre lorsque la banque aura remboursé sa dette. Si l’initiative ne concerne pas directement le climat, mais s’inscrit davantage dans une revendication altermondialiste globale, elle bénéficie du soutien de plusieurs personnalités, dont le philosophe et sociologue Edgar Morin, qui détient toujours une partie du mobilier emprunté. Le retentissement dans la presse écrite et télé, s’avère, quant à lui, plutôt honnête -voir ci-dessous le reportage diffusé dans La Nouvelle édition sur Canal +.

 

 

Une visibilité dont Sabrina Ravetta se félicite:“Grâce à cette action, les gens ont bien vu, pendant ces quelques minutes à la télé, que les militants ressemblaient à n’importe qui”, explique-t-elle. Et se réjouit à l’idée qu’en 2015, année du Cop 21, les “focus” sur les militants devraient se multiplier. 

Ces cyclistes amateurs s’attendent, à raison, à pas mal de souffrance musculaire”.

Jusqu’au 26 septembre (journée nationale de la transition et premier jour du grand Alternatiba Paris), Sabrina Ravetta et les militants d’Alternatiba devront pédaler dur pour se faire entendre. 187 étapes, distantes de 30 à 40 kilomètres chacune, relieront Bayonne à Paris, et les volontaires comptent réaliser deux d’entre elles par jour -on vous rassure, ils se relaieront tout au long de l’été. Partis sur deux triplettes et une quadruplette -cette dernière, mascotte officielle du mouvement, symbolise l’effort collectif- et accompagnés d’un fourgon logistique, ces cyclistes amateurs s’attendent, à raison, à pas mal de “souffrance musculaire”. Sur place, ils inviteront les citoyens à se joindre à eux dans de grandes “vélorutions”, qui débuteront cinq kilomètres avant l’arrivée dans les villes étapes. Conférences et rencontres seront organisées chaque jour, pour favoriser le lien et l’échange. Avant de repartir vers leur prochain point de chute, ils distribueront Alternativez-vous!, un petit guide des alternatives les plus simples à mettre en place, préfacé par Christiane Hessel, veuve de Stéphane Hessel. Sabrina Ravetta nous en donne trois exemples:

“Avant, j’étais en mode Versailles, je laissais les pièces allumées derrière moi.” 

Changer de fournisseur d’énergie

“Une des choses les plus faciles, que je viens de faire d’ailleurs, c’est de passer chez Enercoop, l’alternative à EDF. C’est hyper satisfaisant et gratifiant de savoir qu’à chaque fois que tu allumes ta lumière, tu consommes une énergie renouvelable et tu favorises un système très porteur pour demain. Comme de savoir que le nucléaire, qui est une aberration écologique et humaine, tu n’y contribues plus financièrement. Et ça éclaire tout aussi bien! C’est légèrement plus cher, car il n’y a pas d’heures creuses, mais le côté sobriété est censé se développer en même temps que ta prise de conscience. En ce qui me concerne, désormais je fais plus attention, alors qu’avant j’étais en mode Versailles, je laissais les pièces allumées derrière moi.”

 

 

Faire ses courses autrement

“Je conseille aussi beaucoup les circuits de consommation courts, car ce sont vraiment des moments de plaisir. Au début, quand on va au marché, on ne se sent pas forcément à l’aise. Mais il ne faut pas hésiter à poser des questions et en général, ceux qui ne sont pas très ouverts au dialogue sont ceux qui ne cultivent pas avec les bonnes façons de faire, et qui le savent.”

“Passer dans une banque éthique, c’est quelque chose de très fort qui coupera le robinet à plein de mauvais projets.”

Opter pour une banque éthique

“Au niveau systémique, ce qui fait évoluer les choses dans le bon sens, c’est vraiment la banque. On en a peu conscience -je l’ai moi-même appris pendant ma vie militante-, mais notre argent, celui qu’on gagne ou qu’on épargne, est utilisé par les banques sur des projets souvent très climaticides. Greenpeace a fait une étude et identifié 14 “bombes” climatiques, des projets possibles et financés par les banques dans lesquelles nous sommes clients. Passer dans une banque éthique, comme le Crédit Coopératif, ou la Nef, c’est quelque chose de très fort qui coupera le robinet à plein de mauvais projets. Et à l’inverse, ça donne la possibilité à des projets éthiques de voir le jour.”

Propos recueillis par Faustine Kopiejwski 


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